LE JEU LA FIN DU COLLECTIF

La Suède est une nation sportive. Un habitant sur deux est affilié à au moins un club et à l'école, l'accent est mis sur les activités physiques. Cette nation scandinave vient de se qualifier pour la deuxième fois de suite pour le tour final d'un Mondial. C'est sa onzième participation au total. Elle a atteint la finale du Mondial 1958 sur ses propres terres et signé quelques bonnes prestations au fil des années, même si son championnat reste une compétition de second rang. Hormis deux c...

La Suède est une nation sportive. Un habitant sur deux est affilié à au moins un club et à l'école, l'accent est mis sur les activités physiques. Cette nation scandinave vient de se qualifier pour la deuxième fois de suite pour le tour final d'un Mondial. C'est sa onzième participation au total. Elle a atteint la finale du Mondial 1958 sur ses propres terres et signé quelques bonnes prestations au fil des années, même si son championnat reste une compétition de second rang. Hormis deux courtes défaites face à la Croatie, la Suède a gagné tous ses matches de qualifications, en inscrivant en moyenne trois buts par joute. C'est d'autant plus étonnant que la Suède est réputée pour son jeu défensif et ses longs ballons vers l'avant. La dernière ligne orchestrée par le capitaine Olof Mellberg, n'a certes encaissé que quatre buts mais l'équipe développe un jeu rapide et plus créatif qu'autrefois. Elle combine bien et possède deux attaquants précieux : Henrik Larsson qui va quitter Barcelone, le troisième buteur suédois de tous les temps, idole du public, et Zlatan Ibrahimovic (Juventus). Alors que la Suède avait toujours misé sur le collectif, elle s'appuie maintenant davantage sur ses vedettes. C'est tout profit pour l'attrait du football... Il est en poste depuis huit ans et est le doyen des sélectionneurs de ce Mondial. Pendant six ans, il a travaillé avec Tommy Söderberg, qui était plutôt le psychologue de l'équipe. Lars Lagerbäck a joué et entraîné dans des divisions inférieures. Il s'y est repris à trois reprises pour obtenir son diplôme d'entraîneur. Il est un fervent partisan du collectif, qui doit primer les individus, et d'un système qui ne laisse place à aucune improvisation, mais il se retrouve avec une génération de vedettes. Il s'est donc attelé avec succès à transformer son équipe afin qu'elle exploite au mieux les qualités d'éléments tels que HenrikLarsson et ZlatanIbrahimovic. A Rosengard, une banlieue de Malmö dont 80 % des habitants sont des étrangers, la plupart sans travail, les enfants arborent fièrement le maillot de la Juventus, numéro neuf. C'est celui de ZlatanIbrahimovic, fils d'immigrés bosniaques. L'avant a rejoint l'Ajax en 2001, y est devenu champion des Pays-Bas et a été transféré durant l'été 2004 au grand club turinois. On le dit arrogant et indiscipliné. Il n'empêche : il a conquis les c£urs des supporters de la Juve par ses dribbles et ses buts et conduit son club au titre en marquant seize buts. Il a 24 ans.