C'était il y a bientôt deux mois. Le 26 octobre, la veille du Clasico Anderlecht-Standard, trois jours seulement après la débâcle face au PSG (0-5), MatiasSuarez se déchirait (pour la seconde fois) les ligaments du genou à l'entraînement. L'Argentin prenait une nouvelle gifle d'envergure, lui qui avait tellement sué afin de revenir une première fois dans le parcours après l'échec de son transfert pour la Russie en août 2012. Un refus de dernière minute du CSKA Moscou qui avait fait perdre plus de dix millions d'euros à la trésorerie du Sporting. Suite aux départs cet été de plusieurs cadres (DieumerciMbokani, Mila...

C'était il y a bientôt deux mois. Le 26 octobre, la veille du Clasico Anderlecht-Standard, trois jours seulement après la débâcle face au PSG (0-5), MatiasSuarez se déchirait (pour la seconde fois) les ligaments du genou à l'entraînement. L'Argentin prenait une nouvelle gifle d'envergure, lui qui avait tellement sué afin de revenir une première fois dans le parcours après l'échec de son transfert pour la Russie en août 2012. Un refus de dernière minute du CSKA Moscou qui avait fait perdre plus de dix millions d'euros à la trésorerie du Sporting. Suite aux départs cet été de plusieurs cadres (DieumerciMbokani, MilanJovanovic, LucasBiglia), ce qui allégeait par conséquent fortement la masse salariale, ElArtista s'était vu proposer un contrat davantage en rapport avec son statut. Le quotidien HetNieuwsblad l'a même pointé en tête des joueurs les mieux payés de D1 avec un salaire annuel brut de 1,4 million. Depuis près de trois semaines, Matias Suarez est rentré sous le soleil argentin. Primo pour y poursuivre la revalidation qu'il avait entamée à Bruxelles et secundo, pour se ressourcer mentalement auprès des siens. Car qu'on se le dise, au-delà du combat physique qu'il a entamé pour revenir à son meilleur niveau, autrement dit celui qui lui avait permis d'être Soulier d'Or 2011, c'est peut-être sur le plan psychologique que c'est le plus dur. Il l'avait d'ailleurs confirmé au groupe Sud Presse deux jours avant de prendre la direction de Cordoba : " Mentalement, j'ai le moral à zéro. " L'Argentin a tenu pourtant à se montrer souriant depuis l'intervention subie à Anvers. On l'a vu revenir à Neerpede de plus en plus fréquemment, marchant avec l'aide de béquilles. Reprendre par le biais de quelques exercices de base fut pour lui un soulagement. Dans la métropole anversoise, l'Argentin fut opéré par le réputé chirurgien, GeertDeClercq. Suarez avait aussi insisté pour obtenir le concours de son médecin d'enfance : " Il me connaît par coeur et sait ce que j'ai connu par le passé et la façon dont j'avais guéri. Même si en Argentine, je n'avais toutefois eu que de petits bobos sans importance. " Matias Suarez a entamé un contre la montre pour revenir au plus vite dans le parcours tout en évitant de prendre le moindre risque. En son for intérieur, l'Argentin vise les play-offs. Même s'il préférerait voir ses équipiers s'emparer pour une troisième fois de suite du titre et préparer sereinement la saison 2014-2015. L'ambition avouée de la direction anderlechtoise de se renforcer cet hiver démontre qu'on ne croit pas trop à un retour anticipé. Le club ne veut prendre aucun risque avec la Joya. Brusquer le retour d'un élément aussi fragile pourrait avoir comme conséquence de le perdre pour de bon. Matias Suarez retrouvera ses équipiers à Abu Dhabi lors du stage hivernal qui se déroulera du 6 au 12 décembre. Et reviendra après en Belgique afin de poursuivre sa revalidation. Peu de joueurs sont parvenus à revenir à 100 % après une blessure telle que celle qu'il a connue avant son transfert avorté à Moscou. Deux blessures, cela tient du miracle. PAR THOMAS BRICMONT