Né à Abidjan, l'attaquant Gervais Yao Kouassi alias Gervinho (19 ans) a connu la pauvreté. Son père était libraire, sa mère s'occupait de ses quatre garçons et de ses quatre filles. Le football l'a sauvé. Jean-Marc Guillou avait placé une petite annonce, cherchant des talents pour son académie. Gervinho : " Comme tout Africain, je rêvais d'une carrière en Europe. Jean-Marc en détenait la clef. Y accéder n'était pas facile : 50 gosses ont répondu à l'a...

Né à Abidjan, l'attaquant Gervais Yao Kouassi alias Gervinho (19 ans) a connu la pauvreté. Son père était libraire, sa mère s'occupait de ses quatre garçons et de ses quatre filles. Le football l'a sauvé. Jean-Marc Guillou avait placé une petite annonce, cherchant des talents pour son académie. Gervinho : " Comme tout Africain, je rêvais d'une carrière en Europe. Jean-Marc en détenait la clef. Y accéder n'était pas facile : 50 gosses ont répondu à l'annonce. Nous n'avions que quelques minutes pour convaincre. Jean-Marc tranchait : - Oui, non ". Suite à des problèmes juridiques, Guillou n'a plus pu mettre un pied en Côte d'Ivoire. Cela n'a-t-il pas eu un impact négatif sur la formation ? Gervinho : " Pas pour moi car tout était déjà réglé mais comme sa collaboration avec l'ASEC Abidjan a pris fin, nous avons été privés de porte vers la compétition. Nous nous sommes rabattus sur un club de D2. J'y ai évolué deux ans. Lors de la deuxième saison, je suis devenu le meilleur buteur. Comme Guillou ne pouvait plus suivre notre évolution, il nous a invités à un tournoi à Nantes et m'a demandé de rejoindre Beveren. A 18 ans, j'ai obtenu un contrat durant l'été 2005. Je me suis facilement adapté, je vis avec mon amie française Asta. Physiquement, j'ai souffert, même si la saison dernière n'a pas été mauvaise. Dès la mi-novembre, j'ai été titularisé. J'ai inscrit six buts en championnat, deux en Coupe. Sur papier, c'est bon pour un jeune qui découvre un cham-pionnat mais le club a terminé juste au-dessus de la zone rouge et je n'ai pas marqué assez, compte tenu des occasions reçues ". Un moment, Gervinho a même été placé derrière les deux attaquants : " Je m'infiltre bien grâce à ma vitesse et à ma technique mais préfère quand même jouer en pointe. Thierry Henry est mon modèle. Pas Didier Drogba. Mon compatriote est un formidable joueur mais le Français a un plus beau style. La saison passée, la qualité de notre jeu ne nous a pas empêchés de trembler jusqu'à la fin. Nous avions trop de techniciens à chaque poste. Maintenant, nous avons aussi un regis-tre physique ". Gervinho a le rêve classique du grand club : " Les aventures de mes compatriotes m'ont donné à réfléchir. Il ne faut pas brûler les étapes pour pouvoir réussir loin de son premier environnement européen. Les exemples d' EmmanuelEboué, N'driRomaric, ArthurBoka, Aruna Dindane et DidierZokora sont très positifs. Cet été, le Qatar m'a fait une offre. Financièrement, c'était intéressant mais c'est plutôt une destination réservée aux prépensionnés du football ". PETER T'KINT