L'année passée, à l'occasion de sa première campagne au RSCA, Hannu Tihinen avait soufflé le chaud et le froid, à l'image de la plupart de ses partenaires. Cette saison, en revanche, l'arrière finlandais se sera révélé d'une constance à toute épreuve. Tant dans une défense à quatre qu'à trois, il a invariablement tiré son épingle du jeu. Sans éclat et sans fioritures.
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L'année passée, à l'occasion de sa première campagne au RSCA, Hannu Tihinen avait soufflé le chaud et le froid, à l'image de la plupart de ses partenaires. Cette saison, en revanche, l'arrière finlandais se sera révélé d'une constance à toute épreuve. Tant dans une défense à quatre qu'à trois, il a invariablement tiré son épingle du jeu. Sans éclat et sans fioritures. Hannu Tihinen : Ce n'est pas la première fois de ma carrière que je goûte à une victoire finale, dans la mesure où j'avais déjà été champion avec l'HJK Helsinki et que j'avais également eu la satisfaction de remporter la Coupe de Norvège avec le Viking Stavanger. Mais la joie liée à ces deux distinctions était sans commune mesure avec l'effervescence que notre titre a engendrée ici. Près de 10.000 personnes pour communier avec nous à notre retour du Lierse, c'était du jamais vu pour un Finlandais cool comme moi. Une frénésie pareille, j'en redemande. Je n'ose imaginer ce que susciterait un doublé. Cet objectif-là, il faudra essayer de le matérialiser la saison prochaine : l'échec à Beveren me reste toujours en travers de la gorge. Non. On ne peut occulter, non plus, notre rentrée dans le rang à l'occasion des matches retour. Un laisser-aller coupable s'est malheureusement installé chez nous pour la bonne et simple raison, d'après moi, qu'aucun adversaire ne nous a poussés dans nos derniers retranchements. A la trêve, le Standard n'était jamais distancé que de 8 points mais après un bon mois à peine, notre avance sur les Liégeois avait doublé, tandis que tous les autres se trouvaient déjà à distance respectable. Dans ces conditions, il est difficile de rester concentré. De plus, il n'y avait plus non plus la même facilité à la conclusion que lors du premier tour. A cet égard, il est clair qu'Ivica Mornar nous a manqués. Le Croate avait pesé de tout son poids sur les défenses adverses, de septembre à décembre, et subitement nous avons dû composer sans lui, alors qu'il n'y avait pas de solution de rechange puisque Nenad Jestrovic n'était pas encore opérationnel à ce moment-là. Il est heureux qu'à l'image de Moka, sur qui le club ne comptait pas trop en début de saison, un autre élément pour le moins inattendu a pris la relève, en la personne d'Oleg Iachtchouk. Si le Belgo-Ukrainien n'avait pas pointé le bout du nez, nous aurions éprouvé encore plus d'épineux problèmes à la finition. J'ai été plus constant qu'à l'occasion de la compétition 2002-03, ma première sous les couleurs du Sporting. Je n'en suis guère mécontent, en ce sens que par rapport à mes débuts, époque où l'équipe jouait avec une arrière-garde quasi immuable, il y a tout de même eu pas mal de changements cette année, suite à l'éclosion de Vincent Kompany d'abord, puis de l'entrée en matière d'Anthony Vanden Borre. J'ai dû m'adapter, car la collaboration est évidemment tout à fait différente selon que l'on évolue au côté d'un Glen De Boeck, pour qui la priorité est défensive, ou d'un Vincent Kompany, qui n'hésite pas à monter lorsque le besoin s'en fait sentir. D'un exercice à l'autre, j'ai peut-être dû effectuer davantage la sale besogne derrière. Mais je ne m'en plains nullement parce qu'il paraît que c'est dans ce domaine-là que j'excelle (il rit) . A dire vrai, j'étais sceptique, au départ, quand il fut question d'une arrière-garde à trois. Car la couverture, ainsi que la zone de marquage, sont bien sûr complètement différentes selon que l'on évolue à trois ou à quatre derrière. Mais mes doutes ont été balayés dès notre premier grand test au Parc Astrid, avec une défense à trois face au Celtic Glasgow, suite à l'exclusion de De Boeck. Ce jour-là, indépendamment de ma prestation, Kompany et Deschacht ont vraiment joué comme des grands. Par la suite, chaque fois que le RSCA s'est présenté dans cette configuration sur le terrain, le résultat n'a jamais laissé à désirer. En définitive, je me demande si le staff technique n'aurait pas dû y avoir recours plus souvent, aussitôt que le verdict d'un match était scellé, par exemple. En fait, en matière de diversité et de fluidité dans les mouvements, les possibilités sont plus nombreuses avec un homme supplémentaire au sein de la ligne médiane. Le football est peut-être un sport collectif, mais souvent une individualité n'en contribue pas moins à faire la différence. Qu'il s'agisse de Pär Zetterberg, toutes les fois qu'il est monté au jeu, ou encore d'Aruna Dindane, qui a livré un premier tour absolument extraordinaire. C'est très étonnant, je l'avoue. Je crois que le public anderlechtois a été tellement gâté depuis un demi-siècle, avec une moyenne d'un titre tous les deux ans à peu près, qu'il ne s'accommode tout simplement plus d'une prestation approximative. Dans ce cas, il porte son courroux sur le coach ou l'un ou l'autre joueur. Ce qui est incroyable, et peut-être heureux aussi, c'est qu'il ne fait pas une fixation sur quelqu'un en particulier. L'année passée, c'était Besnik Hasi la tête de Turc. Or, cette saison, il a été régulièrement porté aux nues par le public. Idem pour Mark Hendrikx. Par contre, Ki-Hyeon Seol et Michal Zewlakow en ont quelquefois pris pour leur grade. Qu'ils se consolent : mon tour viendra peut-être la saison prochaine. Je ne suis pas parfait non plus (il rit). J'étais responsable au premier degré de ce goal, puisque j'ai permis à Philippe Clement, l'homme que je devais marquer, de prolonger de la tête le centre de Gert Verheyen à destination de son coéquipier norvégien. Je ne vois pas pourquoi je devrais charger quelqu'un d'autre, même s'il n'y avait personne dans les parages du buteur pour l'empêcher de marquer sur cette phase. Le trafic aérien demeure, à mes yeux, un sujet de préoccupation pour nous, même si, comparativement à la saison passée, nous avons déjà effectué des progrès. Il n'empêche que, face à une équipe aussi habile dans les airs que Bruges et, pire encore, contre le Celtic Glasgow à Parkhead, nous avons eu très chaud. Notre entente doit encore s'améliorer sur ces phases-là. Quoi qu'il n'y ait pas de honte à être battu par les Vert et Blanc dans leur antre. Un enfer pareil, je n'avais encore jamais vécu cela de ma vie. Oui et non. Vous ne parlez pas du sept sur neuf que nous avons réalisé à domicile contre le Celtic Glasgow, le Bayern Munich ou l'Olympique Lyonnais, sans compter que nous aurions mérité davantage qu'un point à Sclessin ou la défaite, par le plus petit écart, à Bruges. Là où je suis d'accord avec vous, c'est que ce petit fifrelin qui nous a chaque fois manqué, il conviendra qu'il ne se reproduise plus la saison prochaine. Pour ce faire, nous effectuerions déjà un énorme pas dans la bonne direction en n'offrant pas de penaltys-cadeaux à l'adversaire, comme il en était allé à Gerland ou en Bavière. Mais le plus important, à mes yeux, sera de jouer davantage encore en équipe. Nous l'avons réalisé par moments, contre le Celtic et Lyon au Parc Astrid, par exemple, mais cette habitude doit encore s'ancrer chez nous. Honnêtement, quand je vois l'expression collective d'un FC Porto ou du Deportivo La Corogne, je me dis que même sans les meilleures individualités mondiales, un club peut nourrir de très grandes ambitions si chacun se bat pour l'autre et qu'à chaque minute de la partie, l'équipe forme un bloc compact. Nous devons davantage penser et agir en bloc. Franchement, je me demande parfois qui commande en défense, tant la jeune classe est mûre. Moi-même, j'ai débuté à 17 ans à Kemin Palloseura avant de rallier l'HJK Helsinki. Mais j'étais très loin d'afficher la même maturité que mes jeunes partenaires. Tout n'est évidemment pas encore parfait, chez eux, mais ils sont tous promis à un formidable avenir. En particulier Kompany, dont l'horizon ne se limitera sûrement pas au Sporting. Il y a dix ans de différence entre nous et il me coache déjà souvent. C'est assez significatif, non ? J'ai cru comprendre qu'en formations d'âge, au RSCA, le défenseur central et le milieu récupérateur sont souvent amenés à permuter. Je ne suis donc nullement étonné des dispositions de Vince dans cet autre registre. D'autant plus qu'il ne manque pas d'atouts pour s'imposer dans la ligne médiane, avec sa rapidité et ses longs compas qui lui permettent de récupérer un ballon, aux prix d'un sliding, quand d'aventure il est dépassé. Plus je le vois à l'£uvre, plus je me dis qu'il pourrait aisément marcher sur les traces de Marcel Desailly, son modèle, qui a également débuté dans le centre du jeu avant de terminer sa carrière dans l'axe défensif. Ce choix n'est toutefois pas de mon ressort, c'est à l'entraîneur qu'il appartiendra de trancher. Mais je me dis qu'il doit être heureux avec tous ces jeunes plus polyvalents les uns que les autres. Vanden Borre et Deschacht, pour ne citer que les arrières, peuvent jouer aussi avec un égal bonheur à l'aile ou dans l'axe de la défense. Comme la plupart des Scandinaves, je me fonds facilement dans un nouvel entourage. Et, étant curieux de nature, je m'intéresse à tout le monde, sans exception. On pourrait croire que j'ai le plus d'affinités avec Pär Zetterberg ou Christian Wilhelmsson, par exemple. Mais j'ai autant d'atomes crochus avec Besnik Hasi et Ki-Hyeon Seol. Je me sens peut-être le plus proche du Coréen car il a le même humour que moi. Du moins, je le crois. Car on ne se comprend pas toujours (il rit). Bruno Govers" Je me demande si on n'aurait pas dû avoir PLUS SOUVENT RECOURS à LA DéFENSE à 3 "