par Kristof De Ryck
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par Kristof De RyckLe ski était la première passion d' Albert Cartier, né à Vagney le 22 novembre 1960, et c'est un peu par hasard qu'il atterrit dans le monde du football, grâce à un camarade d'école. Il avait alors 12 ans, était petit et rapide, débuta comme attaquant et se laissa enivrer par le parfum des buts. Le goût du travail et de la discipline que ses parents lui avaient inculqués lui permit de combler petit à petit son retard sur les gamins qui jouaient depuis l'âge de 6 ans. A 14 ans, au lieu de s'entraîner une fois par semaine, il se soumettait à quatre séances : deux avec les Seniors le mardi et le jeudi et deux avec les jeunes le mercredi après-midi. De plus, il disputait deux rencontres par week-end. C'est à l'Institut National du Football de Vichy qu'il reçut sa véritable formation. A l'âge de 16 ans, un entraîneur lui dit que, s'il voulait jouer au plus haut niveau, il devait devenir défenseur car il manquait trop d'occasions. Le sacrifice était exigeant mais valait la peine car il fit une belle carrière au centre des défenses de Nancy et de Metz. Dans ce dernier club, il côtoya Philippe Hinsberger : " Albert était grand et fort de la tête car il sautait haut. Il était également très costaud et jouait d'abord avec son corps. Sur le plan technique, il n'était pas maladroit mais c'était un joueur sobre. Il récupérait, donnait et voilà. Sa stature ne lui permettait pas d'être très rapide mais il était suffisamment intelligent pour compenser et anticiper. " " C'était un stopper classique ", ajoute Leo Van der Elst, qui fut son équipier à Metz. " Un peu comme Hugo Broos. En France, on jouait déjà à quatre en ligne à l'époque mais Albert s'occupait toujours de l'attaquant de pointe adverse. Il n'était pas un grand footballeur mais se débrouillait balle au pied et ne se contentait pas de mettre l'adversaire sous l'éteignoir. Il pouvait donner un long ballon et participer à la relance. " Hinsberger se rappelle que Cartier n'était pas un tendre : " Il était dur : un défenseur impitoyable qui n'abandonnait jamais, ni à l'entraînement, ni en match. Mais il n'était pas vicieux. " Van der Elst confirme : " Il était très dur et difficile à passer. En un contre un, il fallait souvent s'avouer vaincu. Il me faisait un peu penser à Philippe Albert. Mais il était aussi très fair-play, un véritable gentleman sur le terrain. " La meilleure preuve : Cartier n'a jamais été exclu. " Il était doté de grosses qualités morales et mentales ", dit Hinsberger. " Il ne lâchait jamais prise. Bref, il avait de la présence physique et psychologique. " Van der Elst : " Son point fort, c'était le langage : il n'arrêtait pas de replacer ses partenaires. Question organisation et coaching, il était très fort. C'était un entraîneur sur le terrain. Il lisait bien le jeu et avait toujours un carnet en mains au moment de la théorie afin de prendre des notes et de pouvoir discuter avec l'entraîneur de façon constructive. Il était également très bien perçu par le groupe. Il n'avait pas une grande g... mais prenait les choses en mains avec professionnalisme et avec un état d'esprit positif. "