Ses yeux brillent toujours de cet éclat fanatique, de cette rage de vaincre insatiable. Le 17 novembre, Jean-Michel Saive fêtera ses 36 ans. Il fait partie de l'élite mondiale depuis 23 ans et ne cesse de voyager mais même le décalage horaire n'a pas raison de sa passion. C'est simple : il veut jouer jusqu'en 2008 et disputer à Pékin ses sixièmes Jeux Olympiques consécutifs. Intelligent et multilingue, Jean-Michel ne doit pas redouter le trou noir mais il avoue une certaine anxiété à l'idée d'effectuer ses adieux. Son frère Philippe, numéro 88 mondial, organise déjà les matches de l'équipe nationale, avec succès. " Dommage que nous n'ayons pas de troisième frère, qui se serait occupé de tout cela il y a dix ans. Philippe aurait pu se c...

Ses yeux brillent toujours de cet éclat fanatique, de cette rage de vaincre insatiable. Le 17 novembre, Jean-Michel Saive fêtera ses 36 ans. Il fait partie de l'élite mondiale depuis 23 ans et ne cesse de voyager mais même le décalage horaire n'a pas raison de sa passion. C'est simple : il veut jouer jusqu'en 2008 et disputer à Pékin ses sixièmes Jeux Olympiques consécutifs. Intelligent et multilingue, Jean-Michel ne doit pas redouter le trou noir mais il avoue une certaine anxiété à l'idée d'effectuer ses adieux. Son frère Philippe, numéro 88 mondial, organise déjà les matches de l'équipe nationale, avec succès. " Dommage que nous n'ayons pas de troisième frère, qui se serait occupé de tout cela il y a dix ans. Philippe aurait pu se concentrer sur son jeu. Plus de professionnalisme aurait été profitable au tennis de table, effectivement ". Le ministre des Sports francophone a proposé à Jean-Mi un poste, attractif, de manager. Il a refusé, bien qu'il soit déjà très impliqué dans d'autres aspects du jeu. Président pendant quatre ans du Club of Table Tennis Professionals, il siège à la Commission des Athlètes du comité olympique belge et a déjà assisté à des réunions du Conseil Supérieur du Sport en Communauté Française. Il est également invité permanent sur BeTV pour les matches de football de la Ligue des Champions. Boulimique ? " Je préfère faire l'année de trop qu'arrêter prématurément. Récemment, pour un match amical Belgique - Slovaquie, il y avait 4.000 personnes ! Le public et l'ambiance me manqueront ". Ultime objectif : les Jeux de Pékin. Il n'a encore jamais remporté de médaille olympique. C'est la seule compétition où il n'a pu atteindre son objectif. " Je suis surtout déçu d'Atlanta car à Sydney, en 2000, j'ai été confronté au Suédois Jan-Ove Waldner, le meilleur joueur de l'histoire de mon sport. J'ai livré un de mes meilleurs matches contre lui, en vain ". Saive a été la locomotive de son sport et a souvent fait la Une, avant que les exploits de Johan Museeuw, Tom Boonen, Kim Clijsters et JustineHenin ne lui ravissent les faveurs de la presse. L'intérêt du public pour le ping : Saive est numéro 15 - un exploit à son âge, dans le sport culte d'un milliard de Chinois. En avril dernier, il a été vice-champion d'Europe. Depuis 1990, il n'a quitté le top 20 que l'espace d'un mois. Comment expliquer pareille longévité ? " Par mon hygiène de vie. Le tennis de table est une passion et un métier. La Villette Charleroi a disputé la Ligue des Champions cinq fois de suite et l'a gagnée à quatre reprises. Je m'entraîne toujours à un haut niveau. Il m'est arrivé de lever le pied, de profiter un peu de la vie et de m'adonner davantage au golf, mais c'était pour revenir plus frais encore ". Saive a appris à écouter son corps, à doser ses efforts. Depuis quelques années, un set ne se joue plus en 21 points mais en 11. Les matches sont plus animés, plus courts : " Ce règlement m'est favorable ". Jean-Mi est un homme positif et il ne se plaint de rien. Ni des épuisants voyages en Asie, ni des sacrifices consentis pour son sport, ni du désintérêt de la presse, ni même de ce qu'il gagne : " Si j'avais atteint ce niveau en tennis, je serais milliardaire. Au village olympique, les yeux se braquent sur les joueurs de tennis et les cyclistes. Je pense aux nageurs, aux pratiquants de taekwondo. Hormis peut-être Kim Gevaert, les athlètes ne gagnent pas lourd non plus. La Belgique fait trop peu appel à ses anciens sportifs. Mon frère organise les matches avec l'£il de l'athlète. On sent la différence. Regardez le Bayern Munich : il est dirigé par d'anciennes gloires. Je ne dis pas qu'il faut offrir immédiatement un poste de management à un sportif : il doit faire ses gammes. Cependant, il peut être précieux. Sebastian Coe est responsable du comité d'organisation des Jeux 2012 à Londres, hein " ! KRIS CROONEN" JE SERAIS MILLIARDAIRE AVEC UN NIVEAU PAREIL EN TENNIS "