Après une saison pénible à Kaiserslautern, Stijn Vreven (31 ans) a retrouvé les Pays-Bas. Non plus le FC Utrecht mais Vitesse. Le club d'Arnhem, fort handicapé la saison passée par sa dette, s'est implanté dans le top trois.

Peut-on considérer votre transfert comme un succès ?

Stijn Vreven : Pour l'instant, oui. Nous ne pouvions faire beaucoup mieux. Nous sommes dans le sillage de l'Ajax, de Feyenoord et du PSV, à la hauteur du FC Utrecht, et nous nous sommes qualifiés pour le troisième tour de l'Amstel Cup. Je rejoue, ce qui constitue déjà un fameux soulagement. Le club et moi- même vivons un revirement.

Vitesse a assuré son maintien de justesse et vous étiez sur une voie de garage en Allemagne.

En effet. Le club a pris des risques en choisissant des noms. Il a privilégié la qualité à la quantité. Douze joueurs devaient partir et cinq seulement sont arrivés. Tous sont titulaires. Dans le passé, tous ont prouvé qu'ils étaient meilleurs que le footballeur batave moyen. L'équipe a donc reçu une fameuse injection de qualité. Il semble que le club ait fait le bon choix.

Comme Igor Gluscevic, vous êtes arrivé en cours de préparation.

Nous n'avons disputé qu'un seul match amical sérieux, en recevant le Borussia Dortmund. Cependant, le puzzle s'est vite assemblé. Tout a été plus vite que prévu. Nous sommes en mesure de devenir la révélation du championnat, comme l'AZ la saison passée.

Vitesse était-il votre seule issue ?

Non. Quatre clubs s'intéressaient à moi. C'est une drôle d'histoire. Jan Streuer, le directeur technique, s'était informé à mon sujet auprès d'Eric Gerets. Cela paraît bizarre mais il a fait un rapport positif sur moi. Il s'est exprimé en termes élogieux et Streuer m'a contacté. J'étais empreint d'un bon sentiment et je me retrouvais parfaitement dans les ambitions du club : renouer avec le subtop et viser une campagne européenne. Vitesse reste un nom. C'est un chouette club, doté d'un superbe stade, et les conditions de travail sont parfaites.

Vous avez aussi discuté avec l'entraîneur Edward Sturing ?

Oui. Ce fut un entretien passionnant, mené à bâtons rompus. Les renforts dont il m'a parlé sont arrivés, à part Anthony Lurling, qui a préféré le NAC. Le club a touché le fond, financièrement, et ne peut que remonter. Avec Peter van den Berg, Abubakari Yakubu et Richard Knopper, je dois entraîner les autres, sportivement et mentalement, à un niveau supérieur. Cela nous réussit.

Vous avez choisi la sécurité en signant pour trois ans ?

Cela en dit long que la confiance que me témoigne Vitesse. Actuellement, plus rien n'est sûr. On ne conclut que des contrats d'une saison. J'ai évidemment dû revoir mes ambitions salariales à la baisse par rapport à Kaiserslautern. Je gagnais trois fois plus en Allemagne mais au moins, maintenant, je joue. C'est le plus important.

Avez-vous le sentiment d'avoir échoué en Allemagne ?

Oui. Je dois être honnête. J'avais énormément de confiance en l'entraîneur qui m'a embauché, Eric Gerets, mais il m'a rapidement laissé tomber. Cette affaire me reste sur l'estomac. Il a échoué mais il ne peut rien me reprocher car je n'ai joué que quelques matches. Pourtant, tous les ingrédients étaient réunis pour réaliser une belle saison.

L'homme Gerets ou l'entraîneur vous a-t-il déçu ?

L'entraîneur. Mon respect pour l'homme et l'ancien international reste intact mais l'entraîneur m'a profondément déçu. Quand vous enrôlez personnellement quelqu'un, vous devez le soutenir à 100 %, lui donner du temps et suffisamment d'occasions de faire ses preuves. Après trois matches j'ai rejoint le banc.

Pour des raisons tactiques. Une excuse facile ?

Tout à fait car j'ai eu de bonnes notes après les deux premiers matches et le 3-5-2 pratiqué me convenait parfaitement. Je n'ai jamais reçu de véritable chance. Je n'ai pas eu l'impression de me retrouver dans un grand club. Des sept acquisitions de Gerets, une seule joue encore.

L'acceptez-vous facilement ?

J'ai appris à relativiser. La saison passée, j'étais dans le 36e dessous et ici, je suis redevenu un king. C'est ça, le football moderne...

par Frédéric Vanheule

Après une saison pénible à Kaiserslautern, Stijn Vreven (31 ans) a retrouvé les Pays-Bas. Non plus le FC Utrecht mais Vitesse. Le club d'Arnhem, fort handicapé la saison passée par sa dette, s'est implanté dans le top trois. Stijn Vreven : Pour l'instant, oui. Nous ne pouvions faire beaucoup mieux. Nous sommes dans le sillage de l'Ajax, de Feyenoord et du PSV, à la hauteur du FC Utrecht, et nous nous sommes qualifiés pour le troisième tour de l'Amstel Cup. Je rejoue, ce qui constitue déjà un fameux soulagement. Le club et moi- même vivons un revirement. En effet. Le club a pris des risques en choisissant des noms. Il a privilégié la qualité à la quantité. Douze joueurs devaient partir et cinq seulement sont arrivés. Tous sont titulaires. Dans le passé, tous ont prouvé qu'ils étaient meilleurs que le footballeur batave moyen. L'équipe a donc reçu une fameuse injection de qualité. Il semble que le club ait fait le bon choix. Nous n'avons disputé qu'un seul match amical sérieux, en recevant le Borussia Dortmund. Cependant, le puzzle s'est vite assemblé. Tout a été plus vite que prévu. Nous sommes en mesure de devenir la révélation du championnat, comme l'AZ la saison passée. Non. Quatre clubs s'intéressaient à moi. C'est une drôle d'histoire. Jan Streuer, le directeur technique, s'était informé à mon sujet auprès d'Eric Gerets. Cela paraît bizarre mais il a fait un rapport positif sur moi. Il s'est exprimé en termes élogieux et Streuer m'a contacté. J'étais empreint d'un bon sentiment et je me retrouvais parfaitement dans les ambitions du club : renouer avec le subtop et viser une campagne européenne. Vitesse reste un nom. C'est un chouette club, doté d'un superbe stade, et les conditions de travail sont parfaites. Oui. Ce fut un entretien passionnant, mené à bâtons rompus. Les renforts dont il m'a parlé sont arrivés, à part Anthony Lurling, qui a préféré le NAC. Le club a touché le fond, financièrement, et ne peut que remonter. Avec Peter van den Berg, Abubakari Yakubu et Richard Knopper, je dois entraîner les autres, sportivement et mentalement, à un niveau supérieur. Cela nous réussit. Cela en dit long que la confiance que me témoigne Vitesse. Actuellement, plus rien n'est sûr. On ne conclut que des contrats d'une saison. J'ai évidemment dû revoir mes ambitions salariales à la baisse par rapport à Kaiserslautern. Je gagnais trois fois plus en Allemagne mais au moins, maintenant, je joue. C'est le plus important. Oui. Je dois être honnête. J'avais énormément de confiance en l'entraîneur qui m'a embauché, Eric Gerets, mais il m'a rapidement laissé tomber. Cette affaire me reste sur l'estomac. Il a échoué mais il ne peut rien me reprocher car je n'ai joué que quelques matches. Pourtant, tous les ingrédients étaient réunis pour réaliser une belle saison. L'entraîneur. Mon respect pour l'homme et l'ancien international reste intact mais l'entraîneur m'a profondément déçu. Quand vous enrôlez personnellement quelqu'un, vous devez le soutenir à 100 %, lui donner du temps et suffisamment d'occasions de faire ses preuves. Après trois matches j'ai rejoint le banc. Tout à fait car j'ai eu de bonnes notes après les deux premiers matches et le 3-5-2 pratiqué me convenait parfaitement. Je n'ai jamais reçu de véritable chance. Je n'ai pas eu l'impression de me retrouver dans un grand club. Des sept acquisitions de Gerets, une seule joue encore. J'ai appris à relativiser. La saison passée, j'étais dans le 36e dessous et ici, je suis redevenu un king. C'est ça, le football moderne...par Frédéric Vanheule