Une partie de mon job consiste à arpenter les temples de notre Jupiler League, aller partout, m'installer où je veux, pendant et après les matches. Parfois, je suis même au bord du terrain. Une expérience intense, surtout quand on joue soi-même au football et que l'on aime le jeu, quel que soit le niveau. L'activité des joueurs, le stress ambiant, les officiels, les journalistes, le public, les dirigeants, tout cela est indescriptible. Encore et encore,...

Une partie de mon job consiste à arpenter les temples de notre Jupiler League, aller partout, m'installer où je veux, pendant et après les matches. Parfois, je suis même au bord du terrain. Une expérience intense, surtout quand on joue soi-même au football et que l'on aime le jeu, quel que soit le niveau. L'activité des joueurs, le stress ambiant, les officiels, les journalistes, le public, les dirigeants, tout cela est indescriptible. Encore et encore, semaine après semaine. L'émerveillement ne disparaît jamais. Malgré tout, le football fait peur. Il y a deux semaines, j'assiste au sommet Genk - Club Bruges. A quelques mètres des deux bancs, je hume l'ambiance du Fenixstadion en foulant son généreux gazon. Soudain, Hans Cornelis, ancien Brugeois, est conspué verbalement par la Blue Army, le noyau dur des supporters du Club. Idem pour Koen Daerden, hué par le Kop. Ne faisons pas la fine bouche. C'est le football mais les mots du stade résonnent tout autrement sur le terrain. En 1994, le flamboyant Harry Redknapp, l'actuel entraîneur de Porstmouth, entame sa carrière d'entraîneur en tant qu'assistant à West Ham United. Lors d'un match amical contre Oxford City, Lee Chapman (dit Hammer, le Marteau) essuie de cuisantes et humiliantes injures de ses propres supporters, notamment d'un skinhead qui persiste toute la première mi-temps. Au coup de sifflet, Redknapp se tourne vers lui : " Tu joues aussi bien au football que tu ne parles ?". L'homme se saisit. " OK ", dit Redknapp, " Je vais exaucer ton plus beau fantasme. Tu vas pouvoir jouer pour West Ham. Descends et va t'habiller ". Le jeune homme apparaît 10 minutes plus tard sur le terrain embrumé dans l'équipement de ses rêves. " Qui est-ce ?" s'interroge un journaliste. L'espiègle Harry : " Quoi, tu n'as pas suivi la Coupe du Monde ? C'est le Bulgare Tittyshev ! " Le supporter joue la deuxième mi-temps et... marque. Incroyable mais vrai. Steve Davies, 27 ans, avait arrêté le football amateur six ans plus tôt. La direction de West Ham, impressionnée par l'acte de Redknapp, le nomme entraîneur principal un mois plus tard. On n'a jamais plus entendu parler de Steve Davies mais je suis convaincu qu'il a dû être l'homme le plus heureux au monde. Encore aujourd'hui. J'ai rêvé toute ma vie d'un tel instant. Cela doit être divin de jouer avec ses héros... J'ai 40 ans samedi.par David Steegen