8/10 Caractère

François a gravi les échelons grâce à ses qualités et son caractère impétueux. Il n'avait peur de rien et pour lui, jouer devant une assemblée clairsemée ou 30.000 spectateurs, c'était du pareil au même. Il s'extériorisait sur le terrain et, dans tous les domaines, c'était quelqu'un qui vivait tout à fond. Malheureusement, c'est probablement cette facette de son caractère qui lui a ôté la vie en pleine gloire alors qu'il n'en était qu'à l'aube de sa carrière de joueur de haut niveau.
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François a gravi les échelons grâce à ses qualités et son caractère impétueux. Il n'avait peur de rien et pour lui, jouer devant une assemblée clairsemée ou 30.000 spectateurs, c'était du pareil au même. Il s'extériorisait sur le terrain et, dans tous les domaines, c'était quelqu'un qui vivait tout à fond. Malheureusement, c'est probablement cette facette de son caractère qui lui a ôté la vie en pleine gloire alors qu'il n'en était qu'à l'aube de sa carrière de joueur de haut niveau. Le côté provocateur de François pouvait irriter les adversaires, les supporters adverses voire les arbitres mais cela faisait partie intégrante du personnage et même si ce comportement pouvait déplaire sur le terrain, il était très attachant dans la vie. Il avait parfois tendance à en remettre un peu trop quand il était bousculé ou accroché dans le rectangle et avec certains arbitres, cela pouvait se retourner contre lui, car on lui a refusé quelques penalties existants par excès de comédie. En tant qu'attaquant de pointe ne demandant qu'à s'exprimer dans le grand rectangle, il n'était logiquement pas un travailleur hors pair en perte de balle. Ses entraîneurs ne lui demandaient pas une débauche d'énergie en reconversion défensive afin de conserver de la fraîcheur en possession de balle. Il ne rechignait cependant pas à se repositionner dans sa zone et à couper les angles. Il était aussi à l'affût d'une éventuelle erreur défensive adverse et tel un rapace sur sa proie, il surgissait et son pressing était souvent efficace. François possédait le vrai instinct du buteur et depuis qu'il évoluait en équipe Senior, il avait progressé de façon régulière et, à chaque fois, il trouvait le chemin des filets avec une très grande facilité. Il possédait un feeling et un placement hors du commun dans les 16 mètres. Il maîtrisait superbement l'art du contre-appel qui lui permettait de se libérer du marquage de son opposant direct. Sa facilité à trouver des angles de frappe impossibles lui ouvrait le chemin du but avec aisance. François n'excellait pas dans ce domaine et dans les duels aériens à l'arrêt, il était souvent dominé par les meilleurs joueurs de tête défensifs. Par contre, quand il était en mouvement, il parvenait à couper les trajectoires et à être très performant dans la zone ligne de but/point de penalty. Il avait aussi cette capacité à mettre la tête là où d'autres n'auraient pas mis le pied. Il avait l'art de se jeter le front en avant et ainsi de plonger sur des ballons qui, pour d'autres, étaient inaccessibles. François possédait une très bonne explosivité et le travail qu'il avait effectué au niveau de la puissance, notamment grâce à la musculation, lui avait permis de progresser très fort sur les distances de 30-40 mètres. Cependant, c'est dans les petits espaces qu'il excellait véritablement et sa vitesse de pivotement lui permettait d'être un vrai renard des surfaces. Ballon au pied, cette vivacité le rendait très efficace dans les enchaînements courts. Il était doté d'un très bon dribble et sans être un véritable génie technique, il maîtrisait très bien tous les types de crochets courts. C'est avec son pied droit qu'il éliminait les adversaires le plus facilement mais il n'était pas du tout maladroit avec son gauche non plus. Son audace lui permettait aussi de réussir des enchaînements surprenants car c'était quelqu'un qui osait. Non seulement, son dribble était efficace mais en plus, il l'utilisait surtout dans les zones les plus délicates pour l'adversaire, c'est-à-dire principalement dans le grand rectangle. François ne faisait certainement pas partie des très grands frappeurs mais sa technique et sa spontanéité lui permettaient de décocher des tirs assez puissants à l'intérieur des 16 mètres. Sa grande force résidait dans la maîtrise qu'il possédait de l'intérieur du pied et à la précision qu'il dégageait dans ce type de frappes. Dans les faces à faces avec le gardien, il était capable de fixer celui-ci et alors d'enrouler ses tirs. Né en 1963, Delangre joua comme défenseur au Standard de 1981 à 1992 (267m en D1 et 6b, champion en 82 et 83). Ex-chargé de cours à l'Ecole du Heysel, il coacha de la P1 à la D1 (Charleroi). Entraîne actuellement le CS Verviers en D3.PAR ÉTIENNE DELANGRE