Christophe, rien ne va plus à Gand ! Vous venez de ramasser deux défaites, face à Westerloo et Zulte Waregem. Et les deux fois, tu n'étais pas titulaire !

Christophe Lepoint : On est complètement frustrés. On n'arrive pas à développer notre jeu. Face à Zulte, j'étais sur le banc et je suis monté à la 64e. Avec Leye, on a eu quelques occasions, mais ça n'est pas rentré. On ne parvient même plus à enchaîner trois passes de suite.
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Christophe Lepoint : On est complètement frustrés. On n'arrive pas à développer notre jeu. Face à Zulte, j'étais sur le banc et je suis monté à la 64e. Avec Leye, on a eu quelques occasions, mais ça n'est pas rentré. On ne parvient même plus à enchaîner trois passes de suite. Non, pas du tout. C'est son choix. C'est vrai que j'ai la haine quand je ne joue pas, mais pas contre Preud'homme. Ça m'énerve et je suis hors de moi quand je ne suis pas titulaire. Il faut que je l'assume. Quand je rentre à la maison, je suis imbuvable et j'en arrive à me disputer avec ma compagne, Pauline. Mais bon, je savais en signant à Gand que la concurrence serait rude. Bah, l'équipe ne tourne plus. Il y a plein de blessés... Ce n'est pas drôle. Mais dans cette situation, Michel Preud'homme fait preuve d'un professionnalisme exemplaire. Juste après notre défaite face à Zulte, on est rentrés au Stade à Gand et on y a eu une longue discussion pendant 1 h 30. Quand des entraîneurs, suite à une défaite, râlent, ne disent plus rien ou gueulent, Preud'homme prône le dialogue ! C'est terriblement fructueux comme attitude. On s'est tous dit les choses et le groupe a très bien réagi. Ce qu'ils vivent me fait mal. J'ai vraiment l'impression que ça va être difficile pour eux cette saison. Je regrette un peu ce club parce que j'y étais titulaire indiscutable. Pour le reste, je n'ai aucun regret. En signant à Gand, j'ai franchi un palier. Ouais, complètement. Mouscron, c'était un peu la bande de potes. On y a vécu des super soirées. Ici, à Gand, la concurrence fait rage et les objectifs ne sont absolument pas les mêmes. Sûrement pas Anderlecht. Je vois plus le Standard ou le Club de Bruges. De plus, avec les play-offs, tout peut arriver. Je verrais d'ailleurs bien Malines y participer. Pour moi, c'est l'équipe qui a développé le plus beau football jusqu'ici. Je suis assez ennuyé. Enzo est le coach qui m'a lancé, qui est venu me chercher en D2 et qui m'a remis sur le chemin du foot pro. Mais je dois être honnête : Preud'homme est un coach très pointilleux, qui a le souci du détail. Le dialogue que nous avons eu tous ensemble après la défaite de samedi m'a vraiment marqué. Je suis convaincu qu'il va devenir un entraîneur de plus grande envergure encore. L'an passé, je devais faire un choix entre Gand et Lokeren, club où Leekens officiait encore. Je suis rassuré d'avoir fait le bon choix, vu que Georges a déserté Lokeren. Il est vrai que j'ai reçu les papiers pour m'y inscrire. Mais sérieux, Steph, je n'ai pas le temps de faire ces conneries. C'est bien un truc de femme, Steph. Je n'ai manifestement pas le temps de faire ça. Il y a neuf ans que j'ai perdu mon père et dès que je monte sur le terrain, chaque moment de bonheur que je vis lui est dédié. Je pense beaucoup à lui lorsque je joue... par stéphane pauwels (recueilli par tim baete) - photos : reporters"L'équipe ne tourne plus. Il y a plein de blessés... Ce n'est pas drôle. Mais MPH est un coach exemplaire qui va encore grandir. "