Vous avez raté il y a peu votre première Tribune en un plus de deux ans. Pourquoi ?

J'ai dû prolonger mon séjour à Toronto où Noces était présenté en sélection officielle. Le Festival de Toronto, non compétitif, est le plus gros marché du cinéma mondial derrière Cannes. Je devais rentrer pour La Tribune mais, vu les réactions et les sollicitations là-bas, j'ai été contraint de rester. Et le moins qu'on puisse dire est que Michel Lecomte et Benjamin Deceuninck sont extrêmement sy...

J'ai dû prolonger mon séjour à Toronto où Noces était présenté en sélection officielle. Le Festival de Toronto, non compétitif, est le plus gros marché du cinéma mondial derrière Cannes. Je devais rentrer pour La Tribune mais, vu les réactions et les sollicitations là-bas, j'ai été contraint de rester. Et le moins qu'on puisse dire est que Michel Lecomte et Benjamin Deceuninck sont extrêmement sympas avec moi. " Si tu nous préviens depuis Toronto la veille de l'émission, c'est encore bon " m'a même dit Benjamin. Et c'est ce que j'ai fait. Il y avait de quoi. Je n'étais pas au courant ... et d'ailleurs personne ne l'était ! J'ai trouvé ça très généreux de sa part. Thierry avait découvert le film lors d'une vision privée de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il peut se targuer de l'avoir vu avant tout le monde. L'une enrichit l'autre. Et l'une repose de l'autre. J'adore me plonger dans le foot durant le week-end jusqu'au lundi. C'est une immersion totale et bénéfique. Alors que, dès le mardi matin, je me consacre avec appétit à mon activité de cinéaste que j'ai complètement délaissée pendant trois jours. A cause des festivals, je suis contraint de jouer à Tetris avec les cases de mon agenda. Pour le Festival de Rome où Noces sera présenté en sélection officielle, j'ai fait déplacer la projection au mercredi 19 octobre, alors qu'elle était prévue le lundi 17. Je ne m'accordais aucune chance d'y arriver. Et pourtant, les organisateurs ont accepté. (Interrompant) Rien de tout ça dans Noces une vraie tragédie grecque moderne, avec des enjeux forts d'aujourd'hui. Je ne compte plus filmer le foot en qualité de cinéaste. Dans Le monde nous appartient, ce qui m'intéressait tournait autour du foot mais ce n'était pas le foot dans son essence. La dramaturgie d'un match restera toujours plus passionnante que n'importe quel film de fiction qui tenterait de la restituer. PAR SIMON BARZYCZAK " Me partager entre le foot et le cinéma, c'est comme jouer à Tetris " - STEPHAN STREKER