Alors Robert, qu'est-ce que tu penses du départ d'Advocaat ?

Robert Waseige : C'est une surprise désagréable. Je pensais vraiment que la Belgique était un challenge pour lui. De toute façon, c'est clair : il est parti pour l'argent. Mais bon, Steph, soyons honnêtes : à part Arsène Wenger, il n'y a aucun entraîneur qui refuserait une offre pareille. On ne doit pas non plus s'étonner. La fédé lui a aussi laissé une trop grande liberté contractuelle. Il n'est pas totalement fautif. Je ne pense pas qu'il faille vraiment lui en vouloir.
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Robert Waseige : C'est une surprise désagréable. Je pensais vraiment que la Belgique était un challenge pour lui. De toute façon, c'est clair : il est parti pour l'argent. Mais bon, Steph, soyons honnêtes : à part Arsène Wenger, il n'y a aucun entraîneur qui refuserait une offre pareille. On ne doit pas non plus s'étonner. La fédé lui a aussi laissé une trop grande liberté contractuelle. Il n'est pas totalement fautif. Je ne pense pas qu'il faille vraiment lui en vouloir. Je vois que tu as toujours les mots justes, Steph ! ( il rit) C'est une bonne expression ! Mais je ne veux pas m'exciter et mettre toutes les fautes sur le dos du président. C'est vrai que c'est un type qui n'a aucune formation de dirigeant. Mais ça s'apprend ! Il fait donc forcément des erreurs. Mais je vais t'étonner, Steph : il a progressé. Je savais que t'allais dire ça... Mais je n'ai pas envie de balancer à son encontre. Ce qui m'énerve, c'est que De Keersmaeker est entouré par des personnes qui ont des connaissances footballistiques et qui ont de l'expérience dans les clubs mais qui apparemment ne font pas leur boulot. Il ne suffit en effet pas d'être bronzé et d'apparaître de temps en temps sur une photo pour savoir gouverner. Gouverner, c'est prévoir ! C'était déjà une belle connerie d'avoir laissé le flou et d'avoir attendu deux jours pour faire une conférence de presse. Maintenant, ça tergiverse dans tous les sens. On aurait dû se positionner tout de suite, au lieu d'attendre aussi longtemps. C'est valable aussi pour le remplacement du Hollandais. Je l'avais déjà dit à l'époque du départ de René Vandereycken, il faut nommer Marc Wilmots ! Tous les joueurs sont derrière lui et c'est le seul à savoir et à pouvoir leur donner envie. Mais Willy, c'est le poil à gratter de la fédé. Et penser qu'il va accepter de rester T2, c'est se mettre le doigt dans l'£il. Il faut le nommer à la place d'Advocaat et lui donner 100 % des responsabilités sportives. Mais il dérange. Certains veulent en effet garder la mainmise sur le sportif et maintenir le copinage. C'est vraiment comme en politique et ça m'énerve ! Les joueurs veulent qu'il devienne leur coach et l'Union belge ne veut pas l'accepter. C'est fou... Il faut aussi savoir qu'avec Willy, ils ne vont pas loger au Conrad. On n'est pas en Angleterre, ici ! Bah, c'est simple : je suis à la retraite depuis trois ans. J'ai enchaîné 36 saisons de suite. Je te promets que j'ai définitivement raccroché, même s'il y en a qui en doutent encore. Mais bon, j'aurais peut-être dû faire comme certains et faire un point presse pour annoncer ma retraite. Ça m'aurait permis de continuer à exister médiatiquement. ( il rit) Je prends beaucoup de plaisir pour l'instant. Je vais voir des matches au Standard. J'y suis toujours très bien reçu et j'y vois mes potes, comme Wilfried Van Moer. Bonne question, mais je ne peux répondre à de telles futilités. Bon allez, j'avoue : je ne suis pas candidat ! ( il rit) J'ai envie d'être tranquille maintenant... Par Stéphane Pauwels (recueilli par Tim Baete) - Photos: Reporters "Il faut nommer Marc Wilmots T1 des Diables Rouges ! Tous les joueurs sont derrière lui..."