Alain, t'es inquiet pour la situation de ton club ?

Alain Battard : Oui ! Je ne suis jamais rassuré. A un moment, on a été encensé par les médias suite à nos trois importantes victoires, face à Dender, Wetteren et Mons. Suite à cela, on a versé dans l'euphorie. On ne s'est pas rendu compte qu'en foot, tout peut aller très vite.
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Alain Battard : Oui ! Je ne suis jamais rassuré. A un moment, on a été encensé par les médias suite à nos trois importantes victoires, face à Dender, Wetteren et Mons. Suite à cela, on a versé dans l'euphorie. On ne s'est pas rendu compte qu'en foot, tout peut aller très vite. Le moment est critique. On va faire une réunion pour bien expliquer que notre période de relâchement et d'émerveillement est bel et bien terminée. Je suis peut-être le patron du club, cela n'empêche pas que je sois le premier fautif. Je me suis, pendant tout une période, concentré sur le marketing et les finances mais il ne faut pas donner l'impression au staff qu'il est abandonné. C'est vrai qu'aussi à un moment, on a cru que c'était arrivé... Maintenant, il faut arrêter de se reposer sur ses lauriers. Quand une équipe perd, c'est tout un club qui doit se remobiliser. Michel Wintacq fait du bon boulot. Mais maintenant, il va falloir détester la défaite. Quand on perd, ça ne peut plus être positif ! On ne peut plus dire qu'on a quand même bien joué. On a un budget de 650.000 euros. On doit se battre pour survivre, mais c'est chouette. C'est un peu comme Saint-Trond, avec son budget de 8 millions, face à Anderlecht, qui pèse plus de 40. Pour survivre, il faut être malin et faire des coups au niveau du recrutement, comme on vient de faire avec Jean Mbessa, notre nouvel attaquant. Il ne faut pas non plus oublier que Chevalier de Zulte-Waregem, c'est nous ! Fellaini a aussi débuté chez nous. Notre objectif de chaque début de saison est de faire des coups financiers et d'intégrer deux jeunes au noyau A. On fait surtout du marketing et des opérations avec nos partenaires. Mais il y a vraiment quelque chose de paradoxal dans cette série. Exqi nous procure peut-être de très belles images, mais on ne touche pas un euro ! On doit signer un cahier des charges de 150 pages et il faut être avocat pour comprendre ce que c'est. Tout ce que je sais, c'est que l'affluence dans les stades augmente et que les clubs n'en profitent pas vraiment. C'est absurde. Quand on dit ça, on nous répond qu' Exqi permet à nos sponsors d'être plus vus. Nous, on reste livrés à nous-mêmes. En France, les clubs de Ligue 2 touchent des droits TV conséquents. Nous, on est obligés de compter les derniers sous. La plupart des dirigeants de D2 travaillent mieux que ceux de D1. Nous, si on se trompe sur la qualité d'un joueur, on le paie cash ! On ne dit plus les Francs Borains, Steph. On dit le R.B.D.B., le Royal Boussu-Dour Borinage ! Il y a trois ans, on a bien essayé de faire une fusion entre ces deux clubs. Mais on s'est rendu compte qu'il y avait un problème culturel. Le Borain n'est en effet pas très reconnu par le Montois. Moi, en tant que Montois, je trouve ça scandaleux. C'est de la vraie ségrégation ! par stéphane pauwels (recueilli par tim baete) La faillite de la D2 ? Exqi nous procure peut-être de très belles images TV, mais on ne touche pas un euro !