MON HÉROÏNE

Stefan Milosevic (22) : " Mon père est décédé à l'âge de 42 ans. j'avais alors six ans et je ne conserve pas beaucoup de souvenirs de lui. Ma mère s'est retrouvée seule pour éduquer mes trois soeurs aînées et moi mais elle a réussi à nous garder sur le droit chemin. Elle est mon héroïne. Je suis si fier d'elle. Et, en plus, elle confectionne la meilleure pizza capricciosa du monde.

Six mois après le décès de mon père, nous avons emménagé dans l'appartement que ma mère et moi habitons toujours. Il est situé à Podgorica, la capitale du Monténégro. Gamin, j'y passais des heures en rue. Mes copains et moi jouions au football. Une fois, nous avons construit une cabane avec des branches. Nous jouions dans le parc attenant à notre immeuble et nous nous réfugions dans notre cabane pour bavarder. Enfin, pas longtemps car au bout de cinq jours, nous l'avons démolie avec nos ballons.

A cette époque, il était possible de jouer dehors à Podgorica. C'était plus sûr que de nos jours. Maintenant, il y a régulièrement des crimes, souvent liés au trafic de drogue car il y a quelques clans rivaux.

NOS ATOUTS

Quand j'ai un jour de congé, je préfère le passer à Podgorica, près de ma famille et de mes amis. Mon occupation favorite, c'est de boire un café dans la Bokeska Street, la rue la plus réputée de Podgorica. Ou une Stella ! On peut en commander dans plus de la moitié des bars.

Ceux qui aiment la mer n'ont qu'une heure de route, depuis Podgorica, pour rejoindre la plage. Le littoral abrite le vieux port de Kotor, la plus mondaine Tivat et Budva, populaire. Tivat est devenue chère pour les Monténégrins mais ses prix sont normaux quand on est habitué au train de vie belge.

Si vous n'aimez pas la mer, vous pouvez tout aussi bien aller en montagne. En été, quand il fait 40 degrés à Podgorica, on peut se rafraîchir à Zabljak, situé à 1.500 mètres d'altitude, ou à Kolasin. Le mercure n'y dépasse généralement pas les 25 degrés. En hiver, on peut y faire du ski. J'y allais souvent avec mes copains.

NOS VOISINS

J'étais encore jeune quand le Monténégro s'est séparé de la Serbie, en 2006. Je ne connais donc pas tous les détails de l'histoire mais je constate que le train de vie en Serbie est inférieur à celui du Monténégro. Un salaire qui rapporte 350 euros par mois au Monténégro n'en rapporte que 200 en Serbie. Mais tout est moins cher en Serbie. Si on paie facilement dix euros pour le coiffeur au Monténégro, ça ne coûte qu'entre trois et cinq euros chez nos voisins.

Le niveau de vie de Belgrade est identique à celui du Monténégro. Beaucoup de jeunes Monténégrins se rendent dans la capitale serbe pour étudier. C'est un des endroits les plus agréables d'Europe. Tout y est parfait : les bars, les restaurants, la vie nocturne. On a l'embarras du choix en matière de sorties comme pour manger ou boire un verre. Il est impossible de faire un mauvais choix.

Il m'arrive de me rendre à Belgrade pour revoir des connaissances. On peut y aller en avion de Podgorica. Le vol dure 45 minutes. Mais, en général, j'y vais en voiture, ce qui prend sept heures. Je m'arrête alors à Zlatibor, un magnifique endroit au coeur des montagnes serbes.

NOTRE MESSI

Ce n'est pas un Monténégrin mais un Brésilien, Ronaldinho, qui m'a incité à enfiler des studs. Quand on parle de footballeurs de notre pays, je dois dire que beaucoup de compatriotes admirent Dejan Savicevic. Je n'étais pas encore né quand il était au faîte de sa gloire à l'AC Milan dans les années '90 mais j'ai beaucoup entendu parler de lui. Quand j'ai visionné des vidéos de lui sur YouTube, j'ai découvert un magicien. Le Lionel Messi de son époque.

© Getty Images/iStockphoto

CE QUI EST BIZARRE EN BELGIQUE

Quand on va boire un café au Monténégro, tous les gens, autour de vous, ont un avis sur votre habillement et vos chaussures. Alors qu'ici, quand je bois un café à côté d'un Belge, on dirait qu'il ne me voit même pas. J'apprécie beaucoup de ne pas être constamment jugé en Belgique. "

Origine

MONTENEGRO

- Où on trouve la célèbre Bokeska Street.

- Où montagnes et mer sont proches.

- Où Dejan Savicevic a étalé son art.

- Où le coiffeur coûte dix euros.

Stefan Milosevic (22) : " Mon père est décédé à l'âge de 42 ans. j'avais alors six ans et je ne conserve pas beaucoup de souvenirs de lui. Ma mère s'est retrouvée seule pour éduquer mes trois soeurs aînées et moi mais elle a réussi à nous garder sur le droit chemin. Elle est mon héroïne. Je suis si fier d'elle. Et, en plus, elle confectionne la meilleure pizza capricciosa du monde. Six mois après le décès de mon père, nous avons emménagé dans l'appartement que ma mère et moi habitons toujours. Il est situé à Podgorica, la capitale du Monténégro. Gamin, j'y passais des heures en rue. Mes copains et moi jouions au football. Une fois, nous avons construit une cabane avec des branches. Nous jouions dans le parc attenant à notre immeuble et nous nous réfugions dans notre cabane pour bavarder. Enfin, pas longtemps car au bout de cinq jours, nous l'avons démolie avec nos ballons. A cette époque, il était possible de jouer dehors à Podgorica. C'était plus sûr que de nos jours. Maintenant, il y a régulièrement des crimes, souvent liés au trafic de drogue car il y a quelques clans rivaux. Quand j'ai un jour de congé, je préfère le passer à Podgorica, près de ma famille et de mes amis. Mon occupation favorite, c'est de boire un café dans la Bokeska Street, la rue la plus réputée de Podgorica. Ou une Stella ! On peut en commander dans plus de la moitié des bars. Ceux qui aiment la mer n'ont qu'une heure de route, depuis Podgorica, pour rejoindre la plage. Le littoral abrite le vieux port de Kotor, la plus mondaine Tivat et Budva, populaire. Tivat est devenue chère pour les Monténégrins mais ses prix sont normaux quand on est habitué au train de vie belge. Si vous n'aimez pas la mer, vous pouvez tout aussi bien aller en montagne. En été, quand il fait 40 degrés à Podgorica, on peut se rafraîchir à Zabljak, situé à 1.500 mètres d'altitude, ou à Kolasin. Le mercure n'y dépasse généralement pas les 25 degrés. En hiver, on peut y faire du ski. J'y allais souvent avec mes copains. J'étais encore jeune quand le Monténégro s'est séparé de la Serbie, en 2006. Je ne connais donc pas tous les détails de l'histoire mais je constate que le train de vie en Serbie est inférieur à celui du Monténégro. Un salaire qui rapporte 350 euros par mois au Monténégro n'en rapporte que 200 en Serbie. Mais tout est moins cher en Serbie. Si on paie facilement dix euros pour le coiffeur au Monténégro, ça ne coûte qu'entre trois et cinq euros chez nos voisins. Le niveau de vie de Belgrade est identique à celui du Monténégro. Beaucoup de jeunes Monténégrins se rendent dans la capitale serbe pour étudier. C'est un des endroits les plus agréables d'Europe. Tout y est parfait : les bars, les restaurants, la vie nocturne. On a l'embarras du choix en matière de sorties comme pour manger ou boire un verre. Il est impossible de faire un mauvais choix. Il m'arrive de me rendre à Belgrade pour revoir des connaissances. On peut y aller en avion de Podgorica. Le vol dure 45 minutes. Mais, en général, j'y vais en voiture, ce qui prend sept heures. Je m'arrête alors à Zlatibor, un magnifique endroit au coeur des montagnes serbes. Ce n'est pas un Monténégrin mais un Brésilien, Ronaldinho, qui m'a incité à enfiler des studs. Quand on parle de footballeurs de notre pays, je dois dire que beaucoup de compatriotes admirent Dejan Savicevic. Je n'étais pas encore né quand il était au faîte de sa gloire à l'AC Milan dans les années '90 mais j'ai beaucoup entendu parler de lui. Quand j'ai visionné des vidéos de lui sur YouTube, j'ai découvert un magicien. Le Lionel Messi de son époque. Quand on va boire un café au Monténégro, tous les gens, autour de vous, ont un avis sur votre habillement et vos chaussures. Alors qu'ici, quand je bois un café à côté d'un Belge, on dirait qu'il ne me voit même pas. J'apprécie beaucoup de ne pas être constamment jugé en Belgique. "