Deux semaines. Pour passer de Liège à Anvers. De la Meuse à l'Escaut. De Sclessin au Bosuil. Et de Michel Preud'homme à Lucien D'Onofrio. Si l'annonce de la mise à pied d' Olivier Renard au Standard, intervenue le 20 mai dernier, était dans l'air depuis plusieurs semaines (voire mois), le communiqué du mardi 4 juin intronisant l'ex-directeur du recrutement du Standard comme nouveau conseiller sportif de l'Antwerp étonne davantage.
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Deux semaines. Pour passer de Liège à Anvers. De la Meuse à l'Escaut. De Sclessin au Bosuil. Et de Michel Preud'homme à Lucien D'Onofrio. Si l'annonce de la mise à pied d' Olivier Renard au Standard, intervenue le 20 mai dernier, était dans l'air depuis plusieurs semaines (voire mois), le communiqué du mardi 4 juin intronisant l'ex-directeur du recrutement du Standard comme nouveau conseiller sportif de l'Antwerp étonne davantage. Et même si depuis l'arrivée de Lucien D'Onofrio aux affaires anversoises, les ex-Rouches y sont légion ( Mbokani, Bolat, Van Damme, Arslanagic, Opare, Bolingi, Yatabaré, et même le team-manager Frédéric Leidgens). Sauf que cette fois-ci, l'arrivée de Renard, s'inscrit sous forme de transfert " en droite ligne " entre ces deux clubs (Bolingi appartenant au Standard quand il a été transféré à l'Antwerp mais évoluait à Mouscron). Et il intervient également quelques semaines après que le Standard a remporté d'une courte tête la lutte pour la troisième place. Une forme de revanche à peine déguisée envers le Standard de Bruno Venanzi à qui Don Luciano avait publiquement dévoilé son mépris lors d'une interview surréaliste accordée à Sud Presse le 25 janvier dernier, le jour du déplacement des Rouches en terre anversoise. Et ce titre sous forme de clash : " Le Standard a un anesthésiste à sa tête. " Si l'actuel président du club principautaire n'a que très peu de considération pour les méthodes de D'Onofrio - c'est un euphémisme -, qu'il considère comme le Diable en personne, le transfuge de l'ex-patron sportif à l'Antwerp passe difficilement chez les décideurs de Sclessin, qui espéraient le voir se recaser le plus loin et le plus tard possible. Et certainement pas à l'Antwerp, nouveau rival déclaré qui, il y a un an et demi, avait tenté d'attirer Junior Edmilson en lui proposant de jouer quelques mois au Bosuil avant de filer vers Porto. Sans réussite. Le licenciement de Renard s'inscrit, par contre, un an après des danses répétées en tribune d'honneur lors de play-offs 1 de folie, symbole d'un club, croit-on, enfin soudé. L'arrivée de Michel Preud'homme va tout changer. En étant intronisé nouveau patron du matricule 16, sans en être le propriétaire, MPH a par la force des choses déclassé, Olivier Renard, passé de directeur sportif au poste de directeur du recrutement. Une fonction moins prestigieuse qui n'était pas de nature à le chiffonner : " Tu peux m'appeler directeur sportif, du recrutement ou encore même cuistot, c'est pareil. Je n'ai pas de problème avec ça. L'important, c'est de savoir comment on fonctionne en interne et avoir du respect l'un pour l'autre ", déclarait-il en décembre dans la DH. Et pourtant, l'histoire partait assez mal, puisque l'officialisation de ce " déclassement ", il l'avait apprise par la bande et non par son ancien président, Bruno Venanzi. La suite allait prendre des tournures parfois ubuesques entre le directeur du recrutement et le vice-président-directeur sportif-coach, Michel Preud'homme. Après des premières semaines apaisées (transfert de Samuel Bastien, de Senna Miangue, levée d'option de Luis-Pedro Cavanda, etc, tous validés par le nouveau boss de Sclessin), le non-transfert de Lior Refaelov et l'arrivée d' Obbi Oularé dans les dernières heures du mercato estival, - dossier dans lequel Mogi Bayat s'était vu invité par MPH -, allaient faire naître des premières tensions. Le mercato hivernal allait créer une fracture définitive. Les profils suggérés par la cellule de recrutement symbolisée par le duo Olivier Renard- Christophe Lonnoy (qui allait quitter le club quelques semaines plus tard) allaient être totalement ignorés par le duo Preud'homme- Ferrera. Le seul Alen Halilovic, dégoté par le responsable du recrutement, allait débarquer suite à l'échec du non-rapatriement de Junior Edmilson. Si Bruno Venanzi a toujours reconnu les grandes qualités de l'ex-gardien de but pour dénicher des talents étrangers à bas prix, il lui reprochait une personnalité trop conflictuelle avec les coaches passés par Sclessin ( Yannick Ferrera, Aleksandar Jankovic et le duo Preud'homme-Ferrera) et de fonctionner trop souvent en solo. Plus surprenant, par contre, est le fait d'avoir, ces derniers jours, réactivé des dossiers de joueurs soumis par Renard, alors classés sans suite. L'arrivée de Mogi Bayat en coulisses, par l'intermédiaire de Michel Preud'homme, allait lui ôter quasi tout pouvoir d'influence. L'agent franco-iranien, qui a pour habitude de travailler de façon quasi monopolitique (comme il l'a fait un temps à Genk, à Anderlecht, et aujourd'hui au Standard), aimait appeler Renard " le méchant ", lui qui n'avait pas pour habitude de travailler avec des agents exclusifs. En mars 2018, alors que la rumeur d'un retour de Preud'homme enfle, un agent lui prédit la suite des événements et la future mainmise de Bayat sur le club. Renard, alors très proche de Venanzi, ferme les yeux. Arrivé en février 2016 au Standard, sur les conseils de ChristopheHenrotay, agent historique de Daniel Van Buyten et longtemps proche de Venanzi, Olivier Renard va connaître des premiers mois chahutés du côté de Sclessin puisque le club bascule en play-offs 2, mais sauve sa saison grâce à la Coupe. Durant l'été 2017, le néo-directeur sportif réalise quelques coups fumants avec les arrivées de Mohamed Belfodil, Orlando Sa, et Konstantinos Laifis, mais voit aussi débarquer dans les dernières heures du mercato, par l'entremise d'Henrotay, Echiejile Elderson, William Soares, Farès Bahlouli. Autant d'échecs qui salopent son premier mercato et qui l'amènent même à penser à démissionner. Débarrassé en janvier 2017 de Daniel Van Buyten, dont le rôle était pour le moins flou, Renard a les coudées franches durant les deux mercatos de la saison 2017/2018. Ce seront les deux seuls. Aujourd'hui, la trésorerie du club principautaire a explosé grâce aux ventes de Razvan Marin (12, 5 millions), Moussa Djenepo (15+5), et de Christian Luyindama (9 millions), dont le prêt devrait être levé, après avoir refusé l'été dernier 8 millions pour Gojko Cimirot et 6 pour Laifis. Tous des transferts qui portent la griffe Renard, lui qui s'était opposé à la vente en janvier 2018 de Djenepo, alors totalement inconnu, pour un peu plus d'un million d'euros alors que Bruno Venanzi y était plutôt favorable afin d'assainir les caisses. Au rayons échecs, l'ex-directeur du recrutement porte ceux de Duje Cop (acheté pour trois millions), Valeriy Luchkevych, Benito Raman (que Schalke est aujourd'hui prêt à transférer pour plus de dix millions d'euros) et dans une moindre mesure, Filip Mladenovic (désiré par Jankovic et mis au placard par Sa Pinto dès son intronisation). Une balance financière très largement positive que Lucien D'Onofrio et l'Antwerp aimeraient exploiter à leur tour.