Le Standard et la presse, c'est une histoire passionnelle. Après les boycotts collectifs des deux dernières années, voici maintenant qu'un no comment est décrété à l'égard de la RTBF. Le mutisme face caméra qui a suivi la victoire contre Bruges reste en effet de mise jusqu'à la fin du premier tour.
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Le Standard et la presse, c'est une histoire passionnelle. Après les boycotts collectifs des deux dernières années, voici maintenant qu'un no comment est décrété à l'égard de la RTBF. Le mutisme face caméra qui a suivi la victoire contre Bruges reste en effet de mise jusqu'à la fin du premier tour. " Jusqu'à ce qu'ils comprennent que nous voulons être traités de la même manière que tout le monde ", dit Ivica Dragutinovic, le capitaine. " La RTBF ne parle pas assez de football. Après Heusden, nous étions fâchés parce qu'on n'avait pas montré le penalty sur Moreira mais aussi parce que, dans les semaines précédentes, on avait insisté sur les coups de coude de Gonzalo Sorondo et on avait demandé à EmileMpenza s'il allait partir alors qu'il venait d'inscrire deux buts contre Westerlo. Pour nous, cela n'avait d'autre objectif que de déstabiliser un groupe fort, enfin uni. Nous avons voulu que les journalistes de la RTBF réfléchissent mais, au lieu de cela, ils en ont remis une couche en remontrant les images et en insistant sur les fautes de MiljenkoMumlek et OnderTuraci qui, selon eux, méritaient l'exclusion ". Cette action suscite des commentaires en sens divers. Certains supporters du Standard soutiennent leurs joueurs. D'autres pensent qu'il s'agit d'un caprice. Cela ne risque-t-il pas d'avoir un effet boomerang ? " De toute façon, dans ce club, on est toujours en danger parce qu'on s'efforce de créer un climat négatif autour du Standard. Je n'ai pas peur qu'on me critique pour cette décision parce que c'est sur le terrain que nous travaillons et parce que tout le monde au sein du club partage cette position ". Michel Preud'homme, par exemple, estime que c'est à cause de ces images que Sorondo a écopé de trois matches de suspension au lieu de deux. Mais DominiqueD'Onofrio lui-même n'avait-il pas qualifié la faute de son Uruguayen d'inadmissible ? Et le rôle d'un journaliste ne consiste-t-il pas à montrer, aussi, les anomalies ? Toutes ces questions, Michel Lecomte ne cesse de se les poser depuis le 5 décembre. " J'admets dès le départ que nous avons commis l'erreur de ne pas montrer la phase litigieuse à Heusden ", dit-il. " Un assistant, pressé par le temps et un minutage serré, n'a pas cru bon incorporer cette image parce que la faute avait eu lieu hors du rectangle. Mais pour moi, la réaction du Standard est tout à fait disproportionnée. Et surtout, je ne peux pas admettre qu'on nous fasse un procès d'intention. C'est pour cela que nous avons cru nécessaire de remontrer les images de ces phases et commentaires litigieux. Il n'était pas question de priver, comme cela, nos téléspectateurs d'interviews sans la moindre explication. Et nous avons tenu à montrer notre souci d'indépendance dans un commentaire mesuré, dont chaque mot était pesé. Après cela, nous avons clôturé le sujet, nous n'en avons même pas reparlé dans le Week-end sportif. Par contre, nous avons fait notre mea culpa et sur antenne, et en interne ". Michel Lecomte ne veut pas entrer dans un débat passionnel. Plus encore que l'action des joueurs, il regrette cependant que les dirigeants liégeois ne prennent pas plus de recul par rapport à ce qui ne devrait être qu'un incident. Celui-ci prend tout de même des proportions inquiétantes lorsqu'on sait que des journalistes ont reçu des menaces physiques. (P. Sintzen)P. Sintzen