Franck Berrier (26 ans) ne cache pas son bonheur d'être au Standard : " Avant ma blessure, il y avait eu pas mal d'intérêt ; même si j'avais prolongé pour trois ans à Zulte-Waregem, jusqu'en 2014. Le Standard était déjà sur les rangs depuis un an. A l'époque, je désirais surtout confirmer dans mon premier club belge, ce qui a été fait. Les Liégeois n'ont pas lâché la piste et, en 2009-2010, il a aussi eu d'autres touches en Belgique, en Allemagne et même en L1 française. A la suite de mon opération, seul le Standard est resté dans le coup et a été concret. Je ne l'oublierai pas...
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Franck Berrier (26 ans) ne cache pas son bonheur d'être au Standard : " Avant ma blessure, il y avait eu pas mal d'intérêt ; même si j'avais prolongé pour trois ans à Zulte-Waregem, jusqu'en 2014. Le Standard était déjà sur les rangs depuis un an. A l'époque, je désirais surtout confirmer dans mon premier club belge, ce qui a été fait. Les Liégeois n'ont pas lâché la piste et, en 2009-2010, il a aussi eu d'autres touches en Belgique, en Allemagne et même en L1 française. A la suite de mon opération, seul le Standard est resté dans le coup et a été concret. Je ne l'oublierai pas... La presse française a brièvement évoqué ce transfert, sans plus. Pour moi, c'est quand même une revanche par rapport à ce que j'ai vécu en France. Je me suis retrouvé, sans club, au chômage et je ne suis pas parvenu à percer en L1, dans mon pays, et je me retrouve maintenant dans un des meilleurs clubs belges qui s'est distingué la saison passée sur la scène européenne. C'est comme quand un joueur de L1 est recruté par Marseille, Lyon, le PSG ou Bordeaux. Cette fierté, je les dois en grande partie à Zulte-Waregem, le véritable tremplin de ma carrière. Si j'ai pu gagner mon pari belge, c'est aussi grâce à ce club qui m'a fait confiance et à Francky Dury. Il m'a fallu six, sept matches sur le banc en 2008-09 avant de m'adapter au foot belge. Dury avait son équipe mais il m'a toujours parlé et j'ai saisi ma chance contre Anderlecht. Ici, on attaque et on défend en bloc mais il y plus d'espaces qu'en France où tout est verrouillé dans les 30 derniers mètres, surtout en fin de rencontres. Il y a des murs qui ne bougent pas. A 1-0, cela reste 1-0. Après quelques réglages, je me suis senti comme un poisson dans l'eau en Belgique. C'est un football qui me convient mieux que celui pratiqué en France. "Jeu court, passes en profondeur, frappes de qualité : les Rouches ont dû se passer de ces atouts durant la campagne de préparation. Touché aux ligaments croisés du genou gauche la saison passée après un duel avec... Koen Daerden (29e journée, le 6 mars 2010), le stratège français fut rapidement opéré. Son retour à la compétition est prévu pour fin septembre ou début octobre. Pour le moment, il travaille dur sous la surveillance de kinés du Standard (Ludovic Depreter, Julien Detaille, Julien Jaspar et Jérôme Tubez). " Frank est extrêmement motivé ", avance Depreter. " Séances de rééducation et soins compris, il passe facilement huit heures à l'Académie Robert Louis-Dreyfus. Et il ne s'épargne pas. C'est bien plus dur que l'entraînement de ceux qui jouent... " Sorti des mains des kinés, le médian sera pris en mains par Guy Namurois, le préparateur physique. Franck Berrier : Oui, j'ai quand même la haine de ne pas être avec le groupe. Ce n'est pas évident mais il faut passer par là pour revenir. J'ai la certitude de rejouer à mon meilleur niveau. Je reviendrai même encore plus fort. D'autres que moi ont vécu la même chose. Quand on est touché sévèrement aux ligaments, et aux ménisques, on en prend pour six mois. Je le savais, j'approche de la fin du tunnel sans me fixer d'objectif précis. Je me contente de mes progrès au jour le jour : c'est la meilleure façon d'y arriver. J'ai la chance de travailler dans des conditions exceptionnelles. Je n'ai jamais connu cela même si j'avais lu un reportage intéressant dans votre magazine sur l'outil de travail du Standard : les installations, les vestiaires, etc. Et le staff médical m'accompagne parfaitement. Quand je vois tout ce que font Ludo et les autres kinés pour moi, je suis admiratif. Je me suis tout de suite senti à l'aise, bien soutenu. Cela prouve de façon éclatante que le Standard me voulait vraiment. Quand c'est le cas, un club ne renonce pas pour une blessure comme la mienne. J'y puise encore plus de motivation... Mon problème aurait pu arrêter le Standard mais, après deux bonnes saisons en D1, je méritais de vivre mon métier dans un club plus huppé. Au Standard, j'ai repris 10 jours avant les autres. Pour le moment, mes journées commencent à 10 heures. Les kinés sont alors libres après s'être occupés de l'effectif. Ils prennent du temps pour moi. Ma première séance de travail se déroule de 10 à 13 heures et l'autre de 16 à 19 heures. Entre les deux, je rentre généralement me reposer chez moi. Il faut vivre une rééducation pour comprendre à quel point c'est dur. J'ai trottiné en salle. C'était un test parfaitement réussi. Tout réagit bien et, avec les différents exercices, le but est de bien stabiliser le genou en remusclant toute la jambe autour de l'articulation. Il le faut pour supporter les changements de direction, freinages, tirs, chocs, etc. J'avais perdu pas mal de masse musculaire, surtout au niveau des cuisses. Je fais aussi pas mal de vélo pour les cuisses et de la piscine pour tout le corps. Je m'adonne à des sorties de 20 km à bicyclette, sur route ou dans les bois, avec un kiné. Je ferai bientôt un peu de footing à l'extérieur : d'abord 10 minutes. Il faut varier le travail pour que ce ne soit pas trop lassant. J'avance dans le bon sens, c'est évident. Non, la direction du club ne met pas la pression. Je peux prendre le temps qu'il faudra pour revenir. J'avance et on verra. Je n'ai fixé aucune date. Evidemment, si un joueur met un an et demi pour retrouver son niveau, ce serait différent... Oui, ce serait bien d'être là. Mais la priorité, c'est le travail actuel. Après, c'est après et on y pensera à ce moment-là. C'est très clair dans ma tête. Nous évoquerons l'avenir et les objectifs sportifs quand je serai sur les terrains. Je m'entretiens évidemment de temps en temps avec le coach, Dominique D'Onofrio, mais on parle plus de ma blessure que du football. C'est pareil avec son adjoint, Sergio Conceiçao : on se croise, je note ses conseils et ses encouragements. Ils n'exigent rien par rapport à demain ou autre chose. Ludo leur dit comment j'évolue et cela s'arrête là. Ils savent que je bosse sérieusement. On me laisse le temps. Tout le monde sait où on va. Et ce temps qu'on m'offre donne une idée du club où je suis. Je sais que le Standard a des objectifs de grand club. Je ne me pose même pas la question de savoir si le Standard va rebondir ou pas... Le Standard doit toujours être présent dans les play-offs 1. Le succès, c'est évident, c'est inscrit dans ses gènes et son histoire. Le scénario de la saison passée ne peut plus se répéter. C'est logique et tellement différent par rapport à Zulte-Waregem. Là-bas, la culture du succès est quand même plus familiale. Une défaite n'y pas synonyme de déception qu'on rumine tout au long de la semaine. Je sais et le recrutement est intelligent. La priorité passait par la nécessité de garder des cadres comme Steven Defour et Axel Witsel. L'effectif est plus jeune, certes, mais quelqu'un comme Laurent Ciman a du métier en D1. Christian Benteke est revenu après avoir rodé ses atouts à Courtrai. J'ai deux ans deux de présence en D1. Je suis totalement adapté aux réalités du football belge. J'ai aussi retrouvé Gregory Dufer avec plaisir. Tout à fait et j'avais sympathisé avec lui. Patrick Remy m'y fit quelque fois confiance. Mais je n'étais quand même pas assez mature à l'époque. A 20 ans, je me suis retrouvé à Beauvais en CFA. La chute était dangereuse mais je suis resté optimiste et confiant. Je savais où je mettais les pieds. Quand j'y suis arrivé, Beauvais occupait la tête de sa série. J'y ai affiné mon jeu avant de signer à Cannes. J'ai donc un bagage que je veux offrir aux plus jeunes au Standard. Mes différents entraîneurs m'ont fait confiance depuis trois ou quatre ans et cela se retrouve dans mon football. Pourquoi ? Je n'en suis pas sûr. L'effectif est différent mais les envies sont énormes. N'est-ce pas ce qui faisait défaut la saison passée ? Je ne vis hélas pas encore au quotidien avec le groupe mais je sais qu'il y a du talent. Il y a eu de la recherche et des complémentarités dans la composition de cet effectif. Le Standard peut aligner deux ou trois joueurs à chaque poste. Il faut de la concurrence. Je suis évidemment décalé par rapport à eux. Ce groupe n'est pas là pour remplacer l'équipe de la saison passée. Tout le monde sait ce qui s'est passé. On ne doit pas parler de remplacement de l'équipe de la saison passée, plutôt de nouveau challenge. Je ne pense pas à avant mais à maintenant. Il y avait un énorme décalage sur le plan mental entre l'Europe et la D1. En jouant en championnat comme en Coupe d'Europe, le Standard aurait figuré dans le top 3 des plays-offs 1. Les doigts dans le nez. Maintenant, il y a une différence entre un quart de finale européen et un match de championnat. C'est pas la même chose, c'est compréhensible. Il faut penser à mettre les choses en place, rien d'autre. Non, je garde les pieds sur terre. Je sais qu'il y a plus de qualités qu'à Zulte-Waregem. Le foot va très vite : on peut être aimé ou détesté du jour au lendemain. C'est à moi de bien m'intégrer. Je me réjouis à l'idée de jouer dans un stade comme Sclessin... Les carrières sont évidemment incomparables. A mon avis, il y a des similitudes dans le parcours : il a commencé sur le flanc droit comme moi, a connu la CFA et le chômage, encore comme moi. Cela s'arrête là... Non... Mais j'ai été très déçu. Surtout par le fait qu'ils n'ont pas bossé. En 2008, ce n'était déjà pas brillant. Les résultats ne m'ont pas étonné... C'est la date de naissance de ma femme. Mon père est né un 12, ma mère un 23 et j'ai aussi porté ces numéros. Je suis très famille. lpar pierre bilic, photos : reporters michel gouverneurJe suis décisif et c'est ce qui a intéressé le Standard.J'ai la haine de ne pas être avec le groupe.