Est-ce une bombe ou un pétard mouillé que Pierre François a lancé lundi dernier sur le plateau de la RTBF en annonçant que le Standard allait demander que la rencontre à Mouscron soit rejouée ? Le club liégeois reproche à l'arbitre Serge Gumieny d'avoir signalé un hors-jeu de Mémé Tchité juste après avoir laissé un avantage au Standard suite à une faute de Steve Dugardein sur Karel Geraerts.
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Est-ce une bombe ou un pétard mouillé que Pierre François a lancé lundi dernier sur le plateau de la RTBF en annonçant que le Standard allait demander que la rencontre à Mouscron soit rejouée ? Le club liégeois reproche à l'arbitre Serge Gumieny d'avoir signalé un hors-jeu de Mémé Tchité juste après avoir laissé un avantage au Standard suite à une faute de Steve Dugardein sur Karel Geraerts. Pourtant, outre le débat sur l'utilisation ou non des images dans des cas litigieux (le règlement qui l'interdit a été voté par le comité exécutif... c'est à dire les représentants des clubs), la réclamation du Standard a très peu de chances d'aboutir. Parce qu'il s'agit d'une erreur d'appréciation et non d'une erreur d'arbitrage. La différence ? L'erreur d'arbitrage résulte d'une mauvaise application d'un règlement. Exemple : lors du match de qualification pour la Coupe du Monde entre l'Ouzbékistan et le Barhein, un joueur Ouzbek a pénétré dans le rectangle pendant que son équipier transformait un penalty en faveur de son pays. L'arbitre a fait reprendre le jeu par un coup franc indirect en faveur du Bahrein alors qu'il aurait dû faire recommencer le coup de réparation. En Belgique, c'est la Commission Centrale des Arbitres qui décide s'il y a, ou non, erreur d'arbitrage. Si c'est le cas, elle renvoie l'affaire devant le comité sportif qui décide de faire rejouer le match... uniquement si l'erreur a influé sur le résultat. Dans le cas qui nous occupe, la CCA devrait donc décider le 19 novembre qu'il s'agit d'une erreur d'appréciation, identique à celle qui avait eu lieu lors du match Standard-Lierse et avait, ce soir-là, bénéficié au club de Sclessin. Une erreur humaine, en quelque sorte, comparable à celle d' OguchiOnyewu sur le deuxième but mouscronnois. Si sanction il y a, elle sera donc prise en interne. Le juge de ligne ou l'arbitre seront éventuellement suspendus provisoirement de leurs fonctions. Tout comme DominiqueD'Onofrio pourrait, sans que cela fasse l'objet d'un débat public, écarter l'Américain qui, ces dernières semaines, a souvent porté préjudice à son club. Il est évident que le Standard a le droit de défendre ce qu'il pense être son bon droit dans cette affaire. Tout comme Mouscron, qui y est aussi allé de sa petite séance vidéo en fin de semaine en guise de réplique. Ce qui dérange, c'est le déballage médiatique fait autour d'un fait de match somme toute banal. Nous savons de source sûre que c'est Pierre François lui-même qui a appelé la rédaction sportive de la RTBF afin de présenter un scoop. La frontière entre information et intoxication est parfois ténue... Reste à savoir si cette image du foot sur le tapis vert bénéficie au sport. P. SINTZEN