DEUX ATTAQUANTS ET UN PUZZLE

A u Royaume des certitudes, difficile d'imaginer le Standard prendre place sur le trône. Entre le mercato, qui a déjà privé les Rouches de Zinho Vanheusden et de Michel-Ange Balikwisha, et l'infirmerie qui abrite une fois de plus Merveille Bokadi, difficile pour Mbaye Leye de stabiliser la colonne vertébrale d'un groupe qui semble encore susceptible de perdre un membre à tout moment, en fonction des évolutions du marché.
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A u Royaume des certitudes, difficile d'imaginer le Standard prendre place sur le trône. Entre le mercato, qui a déjà privé les Rouches de Zinho Vanheusden et de Michel-Ange Balikwisha, et l'infirmerie qui abrite une fois de plus Merveille Bokadi, difficile pour Mbaye Leye de stabiliser la colonne vertébrale d'un groupe qui semble encore susceptible de perdre un membre à tout moment, en fonction des évolutions du marché. Phare du second tour souvent grisâtre de la saison dernière, l'association entre João Klauss et Jackson Muleka aux avant-postes semble être la première pierre de la reconstruction d'un football liégeois qui peine à voir la fin de son chantier. Presque un paradoxe, quand on sait que les entraîneurs aiment rappeler qu'une équipe se construit d'abord depuis sa défense, et pourtant une évidence quand on note l'apport du Brésilien et du Congolais depuis les prémisses de leur association. La suite est une histoire de puzzle. Puisque Leye n'aime pas devoir composer avec une infériorité numérique au milieu de terrain, un triangle axial derrière un duo d'attaquants mène très rapidement le coach sénégalais vers une animation en 3-5-2, système le plus souvent utilisé pendant la préparation. L'animation permet de protéger le dos d'un Hugo Siquet - convoité par Lille et potentiellement sur le départ - précieux offensivement, mais pas toujours irréprochable en perte de balle, et est sans doute l'équilibre idéal pour ce Standard capable d'amener de bons centres vers ses attaquants, même si Nicolas Gavory est bien plus irrégulier sur l'autre flanc. Autour du rond central, les Principautaires ont actuellement l'embarras du choix, avec le toujours régulier Gojko Cimirot devant la défense, la révélation de la saison passée Nicolas Raskin, mais aussi Samuel Bastien et Selim Amallah. Trois titulaires en puissance pour quatre postes, mais aussi des hommes qui pourraient recevoir des offres intéressantes ou avoir des envies d'ailleurs. Le puzzle est particulièrement mouvant, et le club liégeois cherche les pièces manquantes dans le réservoir d'une académie à nouveau appelée à tourner à plein régime. Lancé dans le grand bain en fin de saison dernière, Nathan Ngoy séduit sur le côté droit de la défense à trois et pourrait bien entamer le nouvel exercice dans le costume d'un titulaire, aux côtés de Moussa Sissako et du nouveau capitaine Kostas Laifis, l'un des membres les plus anciens du noyau rouche. Difficile, dans ces circonstances mouvementées, d'imaginer un Standard à la hauteur de ses ambitions qui consistent à retrouver l'Europe le plus tôt possible, mais le mercato entrant des équipes de Benjamin Nicaise n'a pas encore débuté. Est-il déjà trop tard? On sait que plus qu'ailleurs, tout peut aller très vite à Sclessin. La reconstruction actuelle en est la plus flagrante des preuves: avant le 15 septembre dernier, ni Jackson Muleka ni João Klauss n'avaient déjà porté le maillot du Standard. Aujourd'hui, les deux attaquants sont pourtant les clés du jeu rouge et blanc.