Le nouveau Laurent Henkinet

Ce retour, Laurent Henkinet le ruminait depuis de longues années. Ses rêves de jeune footballeur l'avaient toujours placé sur la pelouse à Sclessin, à la garde des portes de l'enfer. C'est d'ailleurs sur le pré rouche qu'il avait éclaté au grand jour en 2010. Sa dix-huitième bougie à peine soufflée, celui qui a été promu entre les perches de Saint-Trond par les blessures - alors qu'il avait débarqué comme troisième gardien - repousse tous les assauts liégeois, avant de finalement céder sur un coup de tête de Cyriac.
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Ce retour, Laurent Henkinet le ruminait depuis de longues années. Ses rêves de jeune footballeur l'avaient toujours placé sur la pelouse à Sclessin, à la garde des portes de l'enfer. C'est d'ailleurs sur le pré rouche qu'il avait éclaté au grand jour en 2010. Sa dix-huitième bougie à peine soufflée, celui qui a été promu entre les perches de Saint-Trond par les blessures - alors qu'il avait débarqué comme troisième gardien - repousse tous les assauts liégeois, avant de finalement céder sur un coup de tête de Cyriac. Séduit, Roland Duchâtelet le fait tourner dans son carrousel de clubs, pour le faire descendre dans la Principauté. L'expérience tourne mal, et Henkinet songe même à laisser définitivement les gants au vestiaire avant de se relancer à Courtrai, club qu'il accompagne jusqu'aux play-offs 1 quand il relaie Darren Keet, parti à la CAN, entre les perches. Passé à Beveren, il sombre dans l'oubli quand il est licencié suite à l'affaire des paris, dans l'ombre d'un Olivier Deschacht qui prend toute la lumière médiatique, mais évite de telles extrémités contractuelles. Certains racontent alors que dans les coulisses du Freethiel, on voit plutôt d'un bon oeil la possibilité de se débarrasser de l'un des quatre gardiens sous contrat. Après quelques mois de galère, c'est un Henkinet revanchard qui signe un contrat à Louvain, pour tenter de ramener OHL au sein de l'élite. Les méandres sont plus nombreux que prévu sur la route de la D1A pour les Louvanistes, pourtant dopés par l'argent de Leicester, et c'est finalement au bout de son contrat que le Liégeois s'installe dans les buts, pour relayer un Darren Keet décidément toujours sur sa route. En quête d'une alternative crédible pour Arnaud Bodart, devenu titulaire suite à l'échec du prêt de Vanja Milinkovic-Savic, le Standard a flairé la bonne affaire : un enfant de Liège, prêt à tout pour enfin recevoir la chance dont il rêve depuis de longues années : poser ses gants sous les perches de Sclessin, avec le blason de son coeur sur la poitrine. Malgré un T supplémentaire, le prénom associé à un profil offensif est forcément synonyme de bons souvenirs dans la Principauté. Du haut de son mètre 88, le gaucher n'a pas le football que son gabarit laisse supposer. Ailier ou attaquant de mouvement plutôt que pivot, Mitchy Ntelo brille surtout par sa vitesse balle au pied et sa percussion, qui pourraient en faire la surprise d'une saison où les jeunes seront nombreux à montrer les dents du côté de Sclessin. Les Raskin, Tapsoba, Balikwisha ou Pavlovic partent avec une longueur d'avance sur lui, mais le talent de Ntelo lui offre une chance d'aller plus vite que tous les autres. Repéré à quinze ans et demi par Nicolas Anelka, alors qu'il évolue encore à Zulte Waregem, il doit atterrir à Roda JC, mais les ennuis judiciaires de l'argentier du club de Kerkrade l'envoient finalement au Standard, qu'il préfère à Bruges. Malgré un intérêt appuyé de l'Antwerp et de Francfort l'hiver dernier, c'est chez les Rouches que le prometteur gaucher a signé son premier contrat pro.