La saison écoulée, pour justifier les résultats catastrophiques du Standard et pour exempter quelque peu le coach, Aleksandar Jankovic, on a régulièrement pointé du doigt son vestiaire qui serait bien trop difficile à gérer. Et pourtant, d'après les différents échos, le Standard version 2016-2017 avait plutôt un vestiaire de gentils. De trop gentils même. Qui manquait de fortes personnalités capables de taper du poing sur la table quand l'équipe commençait à prendre l'eau.
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La saison écoulée, pour justifier les résultats catastrophiques du Standard et pour exempter quelque peu le coach, Aleksandar Jankovic, on a régulièrement pointé du doigt son vestiaire qui serait bien trop difficile à gérer. Et pourtant, d'après les différents échos, le Standard version 2016-2017 avait plutôt un vestiaire de gentils. De trop gentils même. Qui manquait de fortes personnalités capables de taper du poing sur la table quand l'équipe commençait à prendre l'eau. Le Standard n'a jamais été aussi fort que quand il avait un vestiaire en phase avec les particularités du club principautaire, c'est-à-dire avec de la vie, de la passion, de l'excès et du caractère. Lors des saisons 2007-2008 et 2008-2009, quand le Standard a enchaîné deux titres de champion, le vestiaire était à l'image de son club. À l'entraînement, il valait mieux ne pas retirer le pied si on voulait se faire respecter. Sergio Conceiçao et Ricardo Sa Pinto, partis l'été 2007, avaient réussi à transmettre la grinta à toute la jeune bande de Michel Preud'homme. Car ce qui a fait la force du Standard de 2007 à 2009, c'est l'esprit de gagneur qui habitait quasiment toutes les têtes. " Chaque match à l'entraînement était un combat ", se remémore Landry Mulemo qui compte deux titres avec le Standard. " Les joueurs ne supportaient pas la défaite. Jovanovic, notamment, qui avait quitté l'entraînement après avoir perdu un match sans s'étirer, en shootant violemment dans les balles, puis dans la porte. Dante, aussi, avait un gros tempérament. Après avoir perdu un petit match à l'entraînement, il pouvait râler jusqu'au lendemain et ne plus dire un mot. " Parfois, ces matches donnaient lieu à des étincelles. Le groupe de l'époque se rappelle toujours de cette prise de bec entre Milan Jovanovic et Marouane Fellaini qui avait failli dégénérer. Il a fallu l'intervention musclée d'Oguchi Onyewu et de Mohamed Sarr pour empêcher Fellaini de retourner l'attaquant serbe. Cette altercation ne fut pas une exception, elles étaient régulières. Les joueurs sortaient les tacles, voire les coudes à l'entraînement, ce qui n'a jamais déplu à Laszlo Bölöni qui a récupéré le groupe champion sous Michel Preud'homme. Le Standard des deux titres était composé de joueurs de caractère, des joueurs qui pouvaient se brouiller à l'entraînement ou dans le vestiaire mais qui pouvaient dans la foulée se faire une sortie plutôt arrosée. Un groupe composé de fortes têtes auxquels le public de Sclessin pouvait s'identifier. " Avant chaque match, on avait un cri de guerre qui intimidait l'adversaire ", raconte Mulemo. " Momo Sarr, on l'appelait notre 'guerrier'. Après chaque match, il mettait ses jambes dans un seau à glace tellement il avait pris de coups. Il y avait aussi Onyewu qui prenait souvent la parole dès que le coach avait fini de parler. Même Benjamin Nicaise (arrivé lors de la saison 2008-2009), qui ne jouait pas beaucoup, n'hésitait pas à dire les choses quand ça allait moins bien. Par la suite, je n'ai plus jamais connu un tel vestiaire. "