On savait, depuis quelques mois, que Grégory Dufer quitterait Charleroi. Celui qui incarnait l'esprit carolo dans l'effectif des Zèbres estimait le moment venu pour donner une nouvelle impulsion à sa carrière et il avait reçu son bon de sortie d'Abbas Bayat. Alors qu'on le voyait prendre la direction de Genk, c'est finalement à Caen, sur la côte normande, qu'il a débarqué. Il s'est lié au club néo-promu pour quatre saisons et a commencé les entraînements ce lundi.

Depuis quelques jours, pour la première fois de votre carrière, vous n'êtes plus dans la peau d'un Zèbre. Quel effet cela vous fait-il ?

Grégory Dufer : Il me faudra un peu de temps pour m'y habituer, mais tout footballeur se doit d'évoluer. Je pense avoir effectué le bon choix. En fin de saison, déjà, j'avais pris ma décision : je me sentais prêt à franchir un palier supplémentaire. C'était juste une question de tomber sur la bonne opportunité.

En apprenant que Caen est votre nouvelle destination, certains ne pourront manquer de faire la fine bouche. Est-ce vraiment le club que vous espériez ?

D'abord, c'est la Ligue 1. C'est déjà un niveau plus élevé que le championnat de Belgique. A force de me mesurer aux grandes équipes, je devrais encore me bonifier. J'estime ma marge de progression à 30 ou 40 %. En plus, Caen est un club qui monte et qui ne demande qu'à continuer sur sa lancée. C'est un cercle familial où je devrais me sentir à l'aise. D'autant que c'est une équipe qui a la réputation de bien jouer au football. Ce n'est pas directement le tout grand club, mais précisément pour cette raison, il me sera peut-être plus facile de m'adapter et de conquérir une place dans l'équipe. Caen pourrait se révéler un bon tremplin pour moi. Enfin, l'entraîneur me voulait, c'est important aussi.

Ne craignez-vous pas d'abandonner la lutte pour le maintien en Belgique, pour vous plonger dans la lutte pour le maintien en France ?

L'objectif de Caen n'est pas de se limiter au maintien. Il veut conquérir une place dans le milieu du classement. Ce n'est pas parce que le club est néo-promu qu'il redescendra aussitôt. Le championnat de France est quasiment le seul en Europe où toutes les équipes se valent. C'est une compétition qui, de prime abord, me plaît beaucoup. Je suis très enthousiaste à l'idée de la découvrir et je me donnerai à 100 % pour mon nouvel employeur.

" Genk, c'était du sérieux "

Comment avez-vous abouti à Caen, alors qu'on vous avait annoncé un peu partout et en particulier dans l'un des quatre grands clubs belges ?

Lorsque Charleroi était engagé dans la lutte pour le maintien, j'avais demandé à mon manager de s'occuper de tout et de ne pas m'informer journellement des contacts qui existaient. Ce qu'il a fait. A la fin du championnat, il m'a révélé que l'intérêt le plus concret émanait de Genk. C'était une bonne équipe et cela ne m'aurait pas du tout déplu d'aller là-bas. J'ignore pour quelle raison l'affaire ne s'est pas concrétisée. Quelques clubs étrangers s'étaient aussi informés, comme Wolfsburg, le club allemand entraîné par Eric Gerets, mais il n'y avait pas vraiment de proposition concrète. Voici une dizaine de jours, Caen s'est présenté. Je me suis rendu là-bas en début de semaine dernière. J'ai passé les tests médicaux, j'ai visité la ville, le stade : tout m'a bien plu. Le courant est aussi directement passé avec l'entraîneur. Je n'ai pas hésité longtemps : j'ai signé mardi midi, pour quatre ans. Et il n'y a eu aucun problème entre les clubs et mon manager.

Le prix serait, dit-on, descendu à 600.000 euros. C'est peu pour un joueur de votre calibre.

J'ignore le prix de transfert et je ne veux pas le savoir.

L'entraîneur n'est pas un inconnu en Belgique, puisque Patrick Remy dirigea Gand, voici quelques années...

A l'époque, je l'avais côtoyé comme adversaire, mais je n'avais jamais eu l'occasion de discuter avec lui et encore moins de travailler sous sa direction. Je sais qu'il a obtenu de bons résultats partout où il est passé. Je me souviens qu'il était monté avec Sedan et que, la saison suivante, il était européen avec cette même équipe. Pourquoi ne pourrait-il pas réussir le même exploit avec Caen ? Il me paraît capable de réaliser de grandes choses avec toutes les équipes qu'il prend en charge. En outre, c'est un homme très sympathique et très professionnel. J'ai un très bon pressentiment à son égard. J'ai confiance en lui et je sens que la réciproque est vraie également.

Quel discours vous a-t-il tenu ?

Qu'il tenait absolument à m'avoir et que ma position û flanc droit ou soutien d'attaque û dépendrait du système de jeu utilisé. En principe, on devrait jouer de manière plus offensive à domicile qu'à l'extérieur, c'est logique. Il m'a aussi affirmé qu'il ne songeait pas à la lutte pour le maintien, parce que son ambition était de viser plus haut.

Retour à Charleroi le 24 juillet

Etes-vous excité à l'idée de reprendre le collier dans un nouvel environnement ?

J'ai envie de recommencer et de retaper dans le ballon. En tant que professionnel, on a toujours envie de jouer au foot. Cela va faire bientôt un mois que j'ai disputé mon dernier match, à Eindhoven avec les Diables Rouges, et je commençais à avoir des fourmis dans les jambes. J'ai passé quinze jours de vacances en Turquie et cela me suffit. Découvrir un nouvel univers est motivant. J'ai hâte de me tremper dans cette ambiance.

A priori, quelle idée vous faites-vous du championnat de France ?

C'est un championnat très équilibré. Si Lyon a été champion ces trois dernières années, c'est un peu l'exception qui confirme la règle : généralement, les noms des lauréats changent chaque année, et il y a rarement un grand écart entre les premiers et les autres. C'est aussi un championnat très relevé, où évoluent beaucoup de très bons joueurs. Je sais que le début sera difficile pour moi. Un certain temps d'adaptation me sera nécessaire, pour m'habituer à une nouvelle compétition, à un rythme plus élevé, à des nouveaux partenaires. Mais je crois que c'est un championnat qui pourrait me convenir, puisque ma première qualité est la technique. Je ne connais encore personne dans mon nouveau club. J'ai entendu parler d'un joueur comme Frédéric Danjou, qui vient d'être transféré d'Ajaccio, mais je n'ai encore côtoyé aucun élément de l'effectif actuel de Caen. Cela ne me préoccupe pas : si j'ai réussi à bien m'adapter en équipe nationale, je ne devrais pas éprouver trop de difficultés à le faire en Normandie. Les gens sont très accueillants, la ville est agréable, la mer est toute proche et quelques localités avoisinantes, comme Trouville, ne demandent qu'à être visitées. Mon programme ? Après une première semaine d'entraînement à Caen, je partirai en stage avec l'équipe le 7 juillet. Quelques matches amicaux sont prévus, dont en principe une visite à Charleroi le 24 juillet. Ce sera assez spécial pour moi, j'en conviens. Après cela, on entrera rapidement dans le vif du sujet, avec le début du championnat de France.

Attendez-vous déjà certains matches avec impatience ?

Comme tout joueur : ceux contre les grosses cylindrées. Que ce soit Lyon, le PSG ou Marseille.

Lorsque vous voyez Luigi Pieroni à Auxerre, n'avez-vous pas l'impression que vous auriez pu viser un peu plus haut ?

Luigi a déjà 24 ans, je n'en ai que 22. Rien ne dit que, dans deux ans, je ne me retrouverai pas, moi aussi, dans un club similaire.

" Cela n'a jamais été facile "

Il n'empêche : Caen, c'est loin de Manchester United, le club qui vous faisait rêver...

Pas tellement : il suffit de traverser la Manche ! (Il rit). Quand on est gosse, on a toujours des rêves, et le mien était effectivement de devenir un RedDevil. Aujourd'hui, je me rends compte que ce n'était pas très réaliste. La PremierLeague est toujours une compétition qui me fascine. Rien ne dit que je n'y arriverai pas un jour. J'ai le temps. Je veux procéder sagement, par étapes, et Caen me semble être un bon palier. Et, si je dois rester dix ans en France, je ne serai pas déçu.

Que retiendrez-vous de toutes les années passées à Charleroi ?

Cela n'a pas toujours été facile, il a souvent fallu lutter jusqu'au bout pour assurer le maintien, mais je ne veux retenir que les bons souvenirs. Comme les succès qui ont mené au maintien, les encouragements du public, l'ambiance dans le vestiaire. C'est un club où l'on a vite tendance à s'enflammer, et où l'on passe rapidement d'un extrême à l'autre, mais tellement chaleureux. Mon premier match ? C'était il y a quatre ans et demi, à Harelbeke. On avait été battus 4-1. J'aurais pu rêver mieux comme début, mais je suis malgré tout parvenu à faire mon trou et c'est une belle satisfaction. Le Sporting restera toujours le club de mon c£ur. J'y reviendrai, comme supporter, chaque fois que j'en aurai l'occasion.

Comment voyez-vous l'avenir du Sporting ?

Cela dépendra des transferts qui seront encore réalisés. Mais, avec l'engagement de Toni Brogno, je pense que le Sporting a déjà réalisé une excellente opération. C'est un joueur qui trouve facilement le chemin des filets. Or, c'est précisément un buteur qui a souvent manqué au cours des années précédentes. J'espère que le Sporting ne se limitera pas à cette seule acquisition, et également, qu'il parviendra à conserver un noyau relativement stable. Dans ce cas, les Zèbres pourront viser autre chose que le maintien. La ville le mériterait.

Daniel Devos

" En fin de saison, déjà, j'avais pris ma décision : je me sentais prêt à FRANCHIR UN PALIER SUPPLÉMENTAIRE "

On savait, depuis quelques mois, que Grégory Dufer quitterait Charleroi. Celui qui incarnait l'esprit carolo dans l'effectif des Zèbres estimait le moment venu pour donner une nouvelle impulsion à sa carrière et il avait reçu son bon de sortie d'Abbas Bayat. Alors qu'on le voyait prendre la direction de Genk, c'est finalement à Caen, sur la côte normande, qu'il a débarqué. Il s'est lié au club néo-promu pour quatre saisons et a commencé les entraînements ce lundi. Grégory Dufer : Il me faudra un peu de temps pour m'y habituer, mais tout footballeur se doit d'évoluer. Je pense avoir effectué le bon choix. En fin de saison, déjà, j'avais pris ma décision : je me sentais prêt à franchir un palier supplémentaire. C'était juste une question de tomber sur la bonne opportunité. D'abord, c'est la Ligue 1. C'est déjà un niveau plus élevé que le championnat de Belgique. A force de me mesurer aux grandes équipes, je devrais encore me bonifier. J'estime ma marge de progression à 30 ou 40 %. En plus, Caen est un club qui monte et qui ne demande qu'à continuer sur sa lancée. C'est un cercle familial où je devrais me sentir à l'aise. D'autant que c'est une équipe qui a la réputation de bien jouer au football. Ce n'est pas directement le tout grand club, mais précisément pour cette raison, il me sera peut-être plus facile de m'adapter et de conquérir une place dans l'équipe. Caen pourrait se révéler un bon tremplin pour moi. Enfin, l'entraîneur me voulait, c'est important aussi. L'objectif de Caen n'est pas de se limiter au maintien. Il veut conquérir une place dans le milieu du classement. Ce n'est pas parce que le club est néo-promu qu'il redescendra aussitôt. Le championnat de France est quasiment le seul en Europe où toutes les équipes se valent. C'est une compétition qui, de prime abord, me plaît beaucoup. Je suis très enthousiaste à l'idée de la découvrir et je me donnerai à 100 % pour mon nouvel employeur. Lorsque Charleroi était engagé dans la lutte pour le maintien, j'avais demandé à mon manager de s'occuper de tout et de ne pas m'informer journellement des contacts qui existaient. Ce qu'il a fait. A la fin du championnat, il m'a révélé que l'intérêt le plus concret émanait de Genk. C'était une bonne équipe et cela ne m'aurait pas du tout déplu d'aller là-bas. J'ignore pour quelle raison l'affaire ne s'est pas concrétisée. Quelques clubs étrangers s'étaient aussi informés, comme Wolfsburg, le club allemand entraîné par Eric Gerets, mais il n'y avait pas vraiment de proposition concrète. Voici une dizaine de jours, Caen s'est présenté. Je me suis rendu là-bas en début de semaine dernière. J'ai passé les tests médicaux, j'ai visité la ville, le stade : tout m'a bien plu. Le courant est aussi directement passé avec l'entraîneur. Je n'ai pas hésité longtemps : j'ai signé mardi midi, pour quatre ans. Et il n'y a eu aucun problème entre les clubs et mon manager. J'ignore le prix de transfert et je ne veux pas le savoir. A l'époque, je l'avais côtoyé comme adversaire, mais je n'avais jamais eu l'occasion de discuter avec lui et encore moins de travailler sous sa direction. Je sais qu'il a obtenu de bons résultats partout où il est passé. Je me souviens qu'il était monté avec Sedan et que, la saison suivante, il était européen avec cette même équipe. Pourquoi ne pourrait-il pas réussir le même exploit avec Caen ? Il me paraît capable de réaliser de grandes choses avec toutes les équipes qu'il prend en charge. En outre, c'est un homme très sympathique et très professionnel. J'ai un très bon pressentiment à son égard. J'ai confiance en lui et je sens que la réciproque est vraie également. Qu'il tenait absolument à m'avoir et que ma position û flanc droit ou soutien d'attaque û dépendrait du système de jeu utilisé. En principe, on devrait jouer de manière plus offensive à domicile qu'à l'extérieur, c'est logique. Il m'a aussi affirmé qu'il ne songeait pas à la lutte pour le maintien, parce que son ambition était de viser plus haut. J'ai envie de recommencer et de retaper dans le ballon. En tant que professionnel, on a toujours envie de jouer au foot. Cela va faire bientôt un mois que j'ai disputé mon dernier match, à Eindhoven avec les Diables Rouges, et je commençais à avoir des fourmis dans les jambes. J'ai passé quinze jours de vacances en Turquie et cela me suffit. Découvrir un nouvel univers est motivant. J'ai hâte de me tremper dans cette ambiance. C'est un championnat très équilibré. Si Lyon a été champion ces trois dernières années, c'est un peu l'exception qui confirme la règle : généralement, les noms des lauréats changent chaque année, et il y a rarement un grand écart entre les premiers et les autres. C'est aussi un championnat très relevé, où évoluent beaucoup de très bons joueurs. Je sais que le début sera difficile pour moi. Un certain temps d'adaptation me sera nécessaire, pour m'habituer à une nouvelle compétition, à un rythme plus élevé, à des nouveaux partenaires. Mais je crois que c'est un championnat qui pourrait me convenir, puisque ma première qualité est la technique. Je ne connais encore personne dans mon nouveau club. J'ai entendu parler d'un joueur comme Frédéric Danjou, qui vient d'être transféré d'Ajaccio, mais je n'ai encore côtoyé aucun élément de l'effectif actuel de Caen. Cela ne me préoccupe pas : si j'ai réussi à bien m'adapter en équipe nationale, je ne devrais pas éprouver trop de difficultés à le faire en Normandie. Les gens sont très accueillants, la ville est agréable, la mer est toute proche et quelques localités avoisinantes, comme Trouville, ne demandent qu'à être visitées. Mon programme ? Après une première semaine d'entraînement à Caen, je partirai en stage avec l'équipe le 7 juillet. Quelques matches amicaux sont prévus, dont en principe une visite à Charleroi le 24 juillet. Ce sera assez spécial pour moi, j'en conviens. Après cela, on entrera rapidement dans le vif du sujet, avec le début du championnat de France. Comme tout joueur : ceux contre les grosses cylindrées. Que ce soit Lyon, le PSG ou Marseille. Luigi a déjà 24 ans, je n'en ai que 22. Rien ne dit que, dans deux ans, je ne me retrouverai pas, moi aussi, dans un club similaire. Pas tellement : il suffit de traverser la Manche ! (Il rit). Quand on est gosse, on a toujours des rêves, et le mien était effectivement de devenir un RedDevil. Aujourd'hui, je me rends compte que ce n'était pas très réaliste. La PremierLeague est toujours une compétition qui me fascine. Rien ne dit que je n'y arriverai pas un jour. J'ai le temps. Je veux procéder sagement, par étapes, et Caen me semble être un bon palier. Et, si je dois rester dix ans en France, je ne serai pas déçu. Cela n'a pas toujours été facile, il a souvent fallu lutter jusqu'au bout pour assurer le maintien, mais je ne veux retenir que les bons souvenirs. Comme les succès qui ont mené au maintien, les encouragements du public, l'ambiance dans le vestiaire. C'est un club où l'on a vite tendance à s'enflammer, et où l'on passe rapidement d'un extrême à l'autre, mais tellement chaleureux. Mon premier match ? C'était il y a quatre ans et demi, à Harelbeke. On avait été battus 4-1. J'aurais pu rêver mieux comme début, mais je suis malgré tout parvenu à faire mon trou et c'est une belle satisfaction. Le Sporting restera toujours le club de mon c£ur. J'y reviendrai, comme supporter, chaque fois que j'en aurai l'occasion. Cela dépendra des transferts qui seront encore réalisés. Mais, avec l'engagement de Toni Brogno, je pense que le Sporting a déjà réalisé une excellente opération. C'est un joueur qui trouve facilement le chemin des filets. Or, c'est précisément un buteur qui a souvent manqué au cours des années précédentes. J'espère que le Sporting ne se limitera pas à cette seule acquisition, et également, qu'il parviendra à conserver un noyau relativement stable. Dans ce cas, les Zèbres pourront viser autre chose que le maintien. La ville le mériterait. Daniel Devos" En fin de saison, déjà, j'avais pris ma décision : je me sentais prêt à FRANCHIR UN PALIER SUPPLÉMENTAIRE "