LA STAR : LIEDSON

Il n'était pas facile de trouver un successeur à Mario Jardel. Le Sporting a donc eu la main heureuse en transférant, voici deux ans et demi, le Brésilien Liedson (28 ans).
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Il n'était pas facile de trouver un successeur à Mario Jardel. Le Sporting a donc eu la main heureuse en transférant, voici deux ans et demi, le Brésilien Liedson (28 ans). Son histoire ressemble à celles que l'on racontait, jadis, au sujet des Cariocas qui débarquaient en Europe. Avant de signer dans le club qui le révéla, Liedson n'avait jamais joué au football que dans la rue ou sur la plage, pieds nus. Lorsqu'il débarqua à Lisbonne, il s'empressa d'ailleurs de casser, à coups de marteau, le contrefort des superbes chaussures que le club mettait à sa disposition. " Je n'ai porté des chaussures pour la première fois qu'à l'âge de 15 ans et elles me gênent ", expliqua alors celui qu'on surnomme O Levezinho (le poids plume) pour la légèreté avec laquelle il conduit le ballon. " Avec des godasses, j'ai l'impression de ne pas sentir la balle ". Et cela alors que la plupart des joueurs serrent les lacets au maximum. Mais si Liedson semble léger, on peut dire qu'il a le pied lourd. Pour sa première saison, il n'était en effet pas rare que le Sporting ne gagne que quand le Brésilien marquait. Et l'an dernier encore, il a inscrit 15 buts. L'un des mérites de l'entraîneur Paulo Bento, par rapport à son prédécesseur, José Peseiro, aura toutefois été de rendre l'équipe moins dépendante du rendement et des états d'âme de Liedson. Celui-ci a d'ailleurs compris le message et il se montre beaucoup plus assidu depuis lors. On lui prête également l'intention de prendre la nationalité portugaise, ce qui permettrait peut-être à l'équipe nationale de jouer, quand le besoin s'en fait sentir, en 4-4-2. Car Liedson n'est jamais aussi efficace que lorsqu'il peut compter sur un équipier de bonne taille, capable de fixer l'adversaire. Ce n'est certainement pas Luiz Felipe Scolari qui s'en plaindra mais, au Portugal, après la naturalisation de Deco, on craint que la naturalisation de bons joueurs brésiliens ne devienne systématique. Et comme ils sont 22 rien que dans les noyaux des trois grands clubs... Contrairement aux autres grands clubs portugais, qui optent pour trois attaquants, quitte à ramener ce nombre à deux dans les rencontres de Coupe d'Europe, Paulo Bento s'est directement prononcé en faveur d'un 4-4-2. A 37 ans, l'ex-médian défensif de la sélection, promu au rang d'entraîneur principal du dernier club qu'il a représenté après avoir assumé la direction des Juniors pendant un an, fait l'unanimité autour de son nom. C'est qu'il a réussi, avec très peu de moyens, à refaire du Sporting une équipe conquérante. Au niveau national tout au moins. Comment ? En jouant à fond la carte jeunes : aucun joueur de l'équipe de base n'a plus de 30 ans. Lors de la première journée du championnat, la moyenne d'âge de l'entrejeu était même de 21 ans. Cette jeunesse confère au Sporting beaucoup de fraîcheur et de combativité. Reste à voir si les gamins pourront tenir ce rythme pendant une saison et si la défense, plus expérimentée mais un peu rigide, sera à l'aise dans un groupe très fort.