Chouette conférence-débat l'autre soir dans mon coin d'Ardenne, avec deux présidents top-niveau pour papoter du thème devenu mon titre. D'une part Jean-PierreDetremmerie, bourlingueur émérite à mes yeux puisqu'il venait de traverser tout le pays d'ouest en est: ce que je n'ai pas encore eu le courage de faire en sens inverse, Dieu et Diable savent pourtant que je ne veux pas mourir sans avoir pris la température footeuse à Mouscron! D'autre part Philippe Godin, président des psychologues sportifs de Belgique et prof à l'UCL, conteur notamment d'une jolie parabole triste pour expliquer la différence entre motivation intrinsèque (la bonne, celle qui niche au fond du coeur) et extrinsèque (la mauvaise, fallacieuse et superficielle): je vous la narre, ceux qui pensent qu'une para...

Chouette conférence-débat l'autre soir dans mon coin d'Ardenne, avec deux présidents top-niveau pour papoter du thème devenu mon titre. D'une part Jean-PierreDetremmerie, bourlingueur émérite à mes yeux puisqu'il venait de traverser tout le pays d'ouest en est: ce que je n'ai pas encore eu le courage de faire en sens inverse, Dieu et Diable savent pourtant que je ne veux pas mourir sans avoir pris la température footeuse à Mouscron! D'autre part Philippe Godin, président des psychologues sportifs de Belgique et prof à l'UCL, conteur notamment d'une jolie parabole triste pour expliquer la différence entre motivation intrinsèque (la bonne, celle qui niche au fond du coeur) et extrinsèque (la mauvaise, fallacieuse et superficielle): je vous la narre, ceux qui pensent qu'une parabole est une antenne de TV peuvent déjà refermer Sport/Foot Mag... C'est l'histoire d'un yankee septuagénaire qui s'achète une maisonnette isolée au bord du Pacifique: jouir d'une paix royale pour pêcher tranquille en attendant la mort, tel est l'unique but du vieux. Mais voilà qu'une bande de gamins se met à jouer chaque jour au soccer sur la plage: foutue, la quiétude escomptée? Le vieux ne s'excite pas, il va trouver les gamins et refile quatre dollars à chacun, durant une semaine. La deuxième semaine, il refile trois dollars, puis il passe à deux dollars seulement la semaine suivante. Il diminue encore la semaine d'après, pour finir par donner que dalle au bout d'un mois...et les gamins cessent de venir, et le vieux filou redevient peinard: la motivation des gosses était extrinsèque, pigé?!... A l'opposé de clichés ô combien ressassés, notre psy sportif du jour a souligné que le sport n'était "pas éducatif par essence", que la famille avait un grand rôle à jouer pour qu'il le soit, ...et qu'elle ne le jouait pas toujours! Godin, visiblement, ça lui court sur le haricot de ramasser sans cesse en consultation le tandem sportif prometteur + géniteur, avec papa désireux que gamin sache gérer son stress: papa ne se rendrait pas compte qu'il est lui-même l'élément stresseur parce qu'il s'identifie aux performances de gamin, et qu'il lui dérobe en quelque sorte son activité... Wouaw, Dr Godin, tout ça fout la trouille aux pères: heureusement que mon rejeton n'a jamais été vraiment prometteur! Detrem' a lui aussi évoqué la famille en rapport à l'éducation sportive, mais différemment. Pour lui, à l'opposé des parents - et de l'école - générant des contraintes auxquelles les ados se font difficilement, le sport a le privilège d'être un îlot de discipline librement consentie: d'où l'importance de s'appuyer sur lui, carotte par excellence, pour éduquer les jeunes âmes; d'où le Futurosport, d'où la politique des jeunes de l'Excel, plus sociale que d'autres en D1; d'où la part de budget communal consacrée au sport qui s'élève à 7% à Mouscron, pour 3,5% comme moyenne nationale. Mais surtout, le maïeur-président n'aime pas voir le fric partir en fumée: vu que le bénévolat le plus louable n'implique pas forcément une science infuse de gestion, un employé communal à Mouscron est exclusivement chargé de chapeauter financièrement les ASBL subsidiées. C'est nécessaire. Car trop d'échevinats sportifs allongent mécaniquement, un coup par ci, un coup par là, sans oser fourrer leur nez pour contrôler l'efficacité de leur dotation: c'est pourtant leur rôle d'être le flic du fric qu'ils octroient! Récemment, j'entendais un échevin convaincu d'avoir trouvé la panacée universelle, via un mode unique de subsidiation sportive: quel que soit le sport pratiqué, la même somme forfaitaire par affilié de moins de 18 ans est attribuée aux clubs de l'entité. Mouais...c'est un peu une attribution de type PoncePilate! Car d'un sport à l'autre, je constate qu'un affilié n'est pas toujours un pratiquant, que chaque pratiquant ne bénéficie pas du même temps de pratique, que la qualité d'encadrement varie du tout au tout... Ou que certains sports que nous ne citerons pas maintiennent des gamins sur un banc, tandis que d'autres ne s'y asseyent jamais. "Le sport n'estpas éducatif par essence" (Dr Godin)