Nos amis français se plaignent tout le temps. S'ils n'y arrivent jamais au niveau européen, c'est la faute au manque de moyens, à une fiscalité contraignante, au manque de respect des arbitres. Peut-être, mais la vérité est aussi dans les attitudes. A commencer par soi-même : la victimisation chronique dilue les responsabilités et rassemble ceux qui ne veulent pas les assumer.
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Nos amis français se plaignent tout le temps. S'ils n'y arrivent jamais au niveau européen, c'est la faute au manque de moyens, à une fiscalité contraignante, au manque de respect des arbitres. Peut-être, mais la vérité est aussi dans les attitudes. A commencer par soi-même : la victimisation chronique dilue les responsabilités et rassemble ceux qui ne veulent pas les assumer. Le derby Lyon-Saint Etienne a résumé tout cela. Des Verts de plus en plus mûrs contre des Gones de plus en plus dans le rouge, cela donne un spectacle affligeant... hors du terrain. A la mi-temps les deux coaches, Christophe Galtier et Claude Puel, se chambrent. Joël Bats (l'adjoint lyonnais) allume l'arbitre et met le feu avec le coach stéphanois. Et blablabla. Et blablabla. A la fin du match, le président lyonnais, Jean-Michel Aulas, toujours devant les caméras, massacre l'arbitre. Et blablabla. Deux heures plus tard, le show continue. Une démonstration de ce qu'est la gestion de crise. Spartacus Aulas entre dans l'arène : 3.000 supporters en colère sont toujours dans le stade. Discours : " C'est la faute à l'arbitre, c'est la faute aux journalistes. Lyon, c'est pas Puel. Laissez une chance au club. Si l'un d'entre vous veut prendre ma place, qu'il la prenne. Maintenant. " Il repart. Les 3.000 qui ne pensaient qu'à le bouffer, lui mangent dans la main. Ils scandent son nom. 10 minutes plus tard devant la presse : " Oui ! Il fallait du courage pour faire ce que j'ai fait. " Certes, mais avec 30 stewards autour, ça aide. Leçon de com. Beau numéro, on dit bravo. Aulas for président de la République après l'Olympique. Il botte aussi en touche pour gagner du temps. Il y avait Ligue des Champions quatre jours plus tard. Fallait protéger son coach tout en cherchant une pointure pour le remplacer. Fallait sauver la face pour sauver la cotation en Bourse. La cote n'a pas sombré, Lyon a gagné à Tel-Aviv. Marcello Lippi a été sondé. Le soufflé est retombé. Grand président. Démago, dérangeant, qui tuerait pour son club. Evidement, on dira qu'Aulas a tous les droits. L'architecte du Lyon septuple champion de France c'est lui. Demi-finaliste de Ligue des Champions c'est lui. Fournisseur de talents aux grands clubs européens, c'est lui. Mais frustré devant l'éternel, c'est toujours lui. Les pitoyables images de ses multiples gueulantes contre les arbitres, ne sont que le reflet de sa frustration. Comme ses complaintes sur le calendrier et de supposés complots. Imaginez cela, une seconde, en Angleterre ou en Allemagne. Des présidents qui insultent des arbitres, qui violent l'espace réservé aux acteurs, les vrais, joueurs et entraîneurs. Il serait exclu de stade à vie. C'est du hooliganisme en col blanc. On sait que le foot rend fou mais justement, on attend du lidermaximo d'être au-dessus du lot. Dans le foot pro, trop de monde se sent cocu. Trop de monde suppose que les rondeurs du ballon sont pelotées par des mains sales. Peut être. So what ? Tous pourris ? Non, certains oui et non des moindres ! De l'argent pourri ? Oui. Du dopage ? Oui. Des matchs truqués ? Oui. Comme dans la vie quoi. Il y a des hommes et des intérêts. Il y a une minorité qui nous oblige à dire oui. Le côté obscur fait beaucoup parler de lui, le côté lumineux est normal donc banal. Donc non porteur. La dignité de notre sport passe par la fermeté de ses institutions. La fédé française est une coquille vide. La ligue française est une cellule politique infectée de lobbyistes. On se croirait en Belgique... Les donneurs de leçons ne règnent que sur un petit territoire dont ils délimitent eux même l'étroitesse. Comme dans la vie. Y a ceux qui aimerait bien avoir l'air mais qui n'ont pas l'air du tout ou si peu. On constate, on ne juge pas. D'ailleurs pourquoi le ferions-nous ? On se marre, on vibre, on fait partie de l'usine à rêve c'est tout. Comme le disait Bill Shankly : " Le football n'est pas qu'une question de vie ou de mort, c'est bien plus que cela ". Parfois on s'en réjouit, parfois on en pleure. " Le foot a quand même des aspects positifs : il fait figure d'exemple de ce que le rugby ne doit pas devenir " Serge Blanco par fred waseige, journaliste betvAulas en Angleterre ou en Allemagne ? Il serait exclu de stade à vie.