Dans sa conquête du titre, Anderlecht a hissé la grande voile. Le Sporting a appris à voyager par tous les temps et a résisté à toutes les tempêtes sans subir la moindre avarie. En déplacement, les chiffres sont éloquents : 27 points sur 27, un goal-average de 4-24 et six matches sur neuf sans encaisser le moindre but. Curieusement, seul Heusden-Zolder est parvenu à tromper à deux reprises la vigilance de DanielZitka. Une prouesse que le club limbourgeois a rééditée la semaine dernière en Coupe de Belgique la semaine dernière. Comment expliquer ce sans- faute des Mauves loin du stade Constant Vanden Stock ? En l'une ou l'autre occasion, le Sporting a bénéficié de l'indispensable dose de réussite. Mais, lorsque cela se répète, ce n'est plus du hasard. Les neuf entraîneurs qui ont déjà accueilli les Bruxellois cette saison apportent leur version des faits.

Gand-Anderlecht 1-3

JanOldeRiekerink : A l'époque, j'étais encore l'entraîneur de Gand. Nous venions de changer 18 joueurs alors qu'Anderlecht pouvait se reposer sur les bases qui avaient été jetées la saison dernière. Cette cohésion était déjà un atout en faveur de nos adversaires. S'ajoute à cela la classe individuelle des joueurs. Ce match au stade Otten était typique de ceux disputés par le Sporting en déplacement cette saison. Nous avons eu l'impression de rivaliser avec notre adversaire, et avions le sentiment que nous pouvions empocher au moins une partie de l'enjeu, mais comme dans d'autres rencontres, deux ou trois actions d'éclat ont fait la différence. Ce jour-là, c'était le coup de patte de WalterBaseggio qui fut prépondérant. Certes, Anderlecht n'est pas invincible, et il arrivera bien un jour où le Sporting trébuchera. Mais, se demander ce qu'il faut faire pour le battre, c'est une question que se posaient déjà les adversaires de l'Ajax aux Pays-Bas, à l'époque où l'équipe amstellodamoise dominait le championnat de la tête et des épaules, sans nécessairement trouver la réponse. Le talent, à un moment donné, finit toujours par parler.

Lokeren-Anderlecht 0-6

PaulPut : Lokeren était dans un jour sans lorsqu'il a affronté Anderlecht. Mais le score a surtout pris des proportions impressionnantes en fin de match, et ne doit pas être considéré comme la norme lorsqu'on analyse les prestations d'Anderlecht en déplacement cette saison. Ce que je voudrais surtout souligner, c'est que depuis la saison dernière, Anderlecht se base sur un concept de jeu fixe. Le noyau a été très peu modifié durant l'entre saison. Une certaine homogénéité a été trouvée et c'est une véritable équipe qui monte sur le terrain. HugoBroos a su former un collectif solide et le mérite lui en revient. En outre, comme la concurrence est énorme dans le groupe, personne ne peut s'autoriser le moindre relâchement. Anderlecht est toujours capable de faire le jeu, comme autrefois, mais aussi de procéder de manière plus attentiste et de surprendre l'adversaire par des reconversions offensives ultrarapides.

Heusden-Zolder û Anderlecht 2-4

PeterBalette : Aussi curieux que cela puisse paraître, Heusden-Zolder est la seule équipe qui soit parvenue à tromper deux fois la vigilance de Daniel Zitka à l'extérieur. Et à deux reprises, s.v.p. Aussi bien en championnat qu'en Coupe de Belgique. Nous marquons plus facilement contre Anderlecht que contre d'autres équipes, c'est presque inexplicable. C'est d'ailleurs contre les Bruxellois que mon équipe a inscrit ses premiers buts en D1. Au cours des six premières journées, nous étions restés muets. Cela avait fait les choux gras des journaux. Tout le monde parlait déjà d'un record en vue : sept matches d'affilée sans inscrire le moindre but. Car, de l'avis de beaucoup d'observateurs, ce n'était évidemment pas la venue d'Anderlecht qui allait nous permettre de mettre fin à la série noire. Les Bruxellois ont dû le penser également et ont probablement abordé le match au stade Fenix avec un sentiment de supériorité, certains qu'ils étaient qu'il ne pouvait rien leur arriver. Lorsqu'ils ont été menés 2-1, ils ont été piqués au vif et il a suffi de deux coups francs sublimes de PärZetterberg pour renverser la tendance. C'est cela aussi, la classe. Sans parler des remplaçants. Lors du match de Coupe de Belgique, la semaine dernière, Hugo Broos avait choisi de faire souffler Ki- HyeonSeol et MartinKolar, pour faire confiance à MarkHendrikx sur le flanc gauche, et c'est lui qui a fait pencher la balance. En d'autres occasions, c'était OlegIachtchouk. Lorsque les titulaires habituels traînent un peu la patte, c'est le banc qui fait la différence. C'est une fameuse richesse.

Charleroi-Anderlecht 0-1

RobertWaseige : Ce match contre Anderlecht était mon premier à la tête de Charleroi. A la limite, je connaissais mieux l'équipe bruxelloise que... la mienne ! Ce qui ressort de l'£uvre des Mauves, c'est une impression de force et d'équilibre. Cette maison a été construite pour résister aux intempéries et aux fluctuations météorologiques. Les fondations sont stables. La défense est athlétique, tout en apparaissant plus technique qu'il y a un an ou deux, grâce à l'éclosion de VincentKompany. Dans l'entrejeu, l'affirmation définitive de BesnikHasi a apporté un peu plus de sauce : il est entré parfaitement dans le moule du type de joueur recherché pour rééquilibrer l'équipe. Sa présence permet à tout le monde de mieux s'exprimer. Ajoutons à cela l'épanouissement progressif mais ô combien heureux de joueurs comme Walter Baseggio ou Ki-Hyeon Seol. La cerise sur le gâteau, c'est l'avènement d' ArunaDindane. Sans oublier la joie de jouer retrouvée d' IvicaMornar. Le tout couplé avec une discipline de jeu imposée par Hugo Broos. La rigueur, dans 99 % des cas, est due à la patte de l'entraîneur. A Anderlecht, il y a aujourd'hui une bonne mixture de force, de rigueur, de discipline de jeu, de talent créatif et de capacité offensive. En analysant le match des Mauves à Charleroi, d'aucuns affirmeront qu'ils ont eu de la chance. Mais celle-ci basculera plus facilement du côté de l'équipe qui possède le plus de classe que du côté de celle qui accuse une faiblesse récurrente.

Mouscron-Anderlecht0-1

GeorgesLeekens : Si Anderlecht est aussi productif en déplacement, c'est notamment parce que l'équipe qui évolue à domicile a toujours envie de se montrer entreprenante devant son public. Par conséquent, elle offre des espaces au Sporting et s'expose à des contres qu'Aruna Dindane et Ivica Mornar, grâce à leur pointe de vitesse, s'empressent d'exploiter. Certes, l'équipe locale pourrait procéder comme elle le fait parfois en déplacement : en fermant la porte et en attendant que les Bruxellois se découvrent. Mais une telle tactique ne constituerait pas pour autant une garantie de succès. En fait, pour battre Anderlecht, il faut essayer d'éliminer les qualités du Sporting et de profiter des quelques rares défauts qu'il recèle, mais c'est plus facile à dire qu'à faire. Comme d'autres équipes, Mouscron a eu le sentiment qu'il aurait pu revendiquer un point face à Anderlecht. Nos supporters regretteront que la reprise de MarcinZewlakow n'ait pas pris le chemin des filets au lieu de s'échouer sur le poteau. Mais, en dehors de cela, force est de constater que nous avons bénéficié de très peu d'occasions. C'est aussi le mérite d'Anderlecht : il s'appuie sur une très bonne organisation.

Mons-Anderlecht 0-2

SergioBrio : Nous n'étions pas encore au point au moment où nous avons accueilli les Mauves. Notre équipe n'était pas encore compétitive à cette période. Mais cela n'explique pas tout. Anderlecht est, tout simplement, la meilleure formation du championnat. Je l'ai déjà vue souvent à l'£uvre, cette saison. Elle recèle un bon mélange de technique et de physique. En outre, la mentalité au sein du groupe semble excellente. C'est difficile de rivaliser face à un tel adversaire. Anderlecht aborde chaque match avec l'intention de le remporter, que ce soit à domicile ou en déplacement. S'il n'a pas encaissé le moindre but lors de six de ses neuf déplacements, et notamment à Mons, ce n'est pas uniquement en raison de la solidité de sa défense, c'est le fruit d'un travail collectif.

Genk-Anderlecht 0-1

SefVergoossen : Ce match aurait pu tourner dans tous les sens et, à un moment donné, nous étions même l'équipe dominatrice, mais comme cela a souvent été le cas cette saison, Anderlecht a finalement émergé. Qu'est-ce qui a fait la différence à Genk ? Peut-être quelques arrêts déterminants de Daniel Zitka, mais je ne veux pas parler de chance : le gardien fait aussi partie de l'équipe. Et puis, c'est connu : lorsqu'on a le vent en poupe, le ballon roule plus facilement pour soi. La confiance apporte la sérénité. Anderlecht recèle énormément de qualités en ses rangs, et ces qualités-là, elle les exporte en déplacement également. Je n'ai pas le sentiment que les Bruxellois soient nécessairement plus à l'aise hors de leurs bases. C'est un concours de circonstances qui a voulu qu'ils aient perdu leurs seuls points de la saison au stade Constant Vanden Stock : ils sont, par exemple, tombés sur un très grand Standard à un très mauvais moment pour eux, c'est-à-dire quatre jours après une défaite douloureuse à Glasgow, mais cela aurait pu arriver à Sclessin également. Que le Sporting ne soigne pas le spectacle en toutes circonstances ne m'offusque pas : c'est aussi une qualité de pouvoir tabler sur une excellente organisation et une grande efficacité lorsqu'on n'est pas en mesure de briller.

La Louvière- Anderlecht 1-4

ArielJacobs : Généralement, les équipes qui se produisent à domicile consentent à prendre un peu plus de risques, même lorsqu'elles affrontent Anderlecht. En procédant de la sorte, elles font un peu le jeu du Sporting, qui peut spéculer sur un contre. Anderlecht possède une équipe qui lui permet de s'imposer n'importe où en Belgique. Cette saison, elle forme un bloc impressionnant, et ses joueurs gardent la tête froide en toutes circonstances. Ils possèdent aussi une telle classe individuelle qu'à un moment donné, ils finissent par faire la différence. On sait que, lorsqu'on encaisse soi-même un but contre Anderlecht, cela devient difficile. L'une des caractéristiques d'Anderlecht est d'opérer une reconversion très rapide de la défense vers l'attaque : c'est une arme très efficace lorsqu'on se produit en déplacement. Et comme les attaquants ne sont pas des manchots... De notre côté, nous étions déforcés lorsque nous avons accueilli le Sporting, juste avant la trêve. Or, face à une équipe pareille, il faut être à 100 %.

Antwerp-Anderlecht 0-2

MarcGrosjean : A l'instar de RobertWaseige, j'ai affronté Anderlecht lors de mon premier match dans mon nouveau club. Je crois que pour les Bruxellois, jouer à domicile ou en déplacement ne change strictement rien, tellement la qualité de l'équipe semble supérieure à celles des autres. Je ne suis pas d'accord avec ceux qui affirment que les Bruxellois ont bénéficié d'une certaine dose de réussite en déplacement. Au-delà du talent, ils ont surtout affiché une grande maîtrise. A l'Antwerp, ils n'ont pas bénéficié d'énormément d'occasions de buts, mais les ont exploitées avec une grande efficacité. Face au Sporting, la moindre erreur se paye cash. J'avais demandé à mes joueurs d'être à la hauteur en ce qui concerne la rigueur et la motivation,, et ils l'ont été. Nous avons hérité de l'une ou l'autre occasion, mais sans parvenir à les concrétiser. Anderlecht, en revanche, a saisi la première opportunité pour prendre l'avance. C'est facile, après coup, de soupirer : - Ah !Si... Il faut le faire, tout simplement. Avec des si, on mettrait Paris en bouteille, c'est connu.

Daniel Devos

" Ce n'est PAS UNE QUESTION DE CHANCE " (Marc Grosjean)

Dans sa conquête du titre, Anderlecht a hissé la grande voile. Le Sporting a appris à voyager par tous les temps et a résisté à toutes les tempêtes sans subir la moindre avarie. En déplacement, les chiffres sont éloquents : 27 points sur 27, un goal-average de 4-24 et six matches sur neuf sans encaisser le moindre but. Curieusement, seul Heusden-Zolder est parvenu à tromper à deux reprises la vigilance de DanielZitka. Une prouesse que le club limbourgeois a rééditée la semaine dernière en Coupe de Belgique la semaine dernière. Comment expliquer ce sans- faute des Mauves loin du stade Constant Vanden Stock ? En l'une ou l'autre occasion, le Sporting a bénéficié de l'indispensable dose de réussite. Mais, lorsque cela se répète, ce n'est plus du hasard. Les neuf entraîneurs qui ont déjà accueilli les Bruxellois cette saison apportent leur version des faits. JanOldeRiekerink : A l'époque, j'étais encore l'entraîneur de Gand. Nous venions de changer 18 joueurs alors qu'Anderlecht pouvait se reposer sur les bases qui avaient été jetées la saison dernière. Cette cohésion était déjà un atout en faveur de nos adversaires. S'ajoute à cela la classe individuelle des joueurs. Ce match au stade Otten était typique de ceux disputés par le Sporting en déplacement cette saison. Nous avons eu l'impression de rivaliser avec notre adversaire, et avions le sentiment que nous pouvions empocher au moins une partie de l'enjeu, mais comme dans d'autres rencontres, deux ou trois actions d'éclat ont fait la différence. Ce jour-là, c'était le coup de patte de WalterBaseggio qui fut prépondérant. Certes, Anderlecht n'est pas invincible, et il arrivera bien un jour où le Sporting trébuchera. Mais, se demander ce qu'il faut faire pour le battre, c'est une question que se posaient déjà les adversaires de l'Ajax aux Pays-Bas, à l'époque où l'équipe amstellodamoise dominait le championnat de la tête et des épaules, sans nécessairement trouver la réponse. Le talent, à un moment donné, finit toujours par parler. PaulPut : Lokeren était dans un jour sans lorsqu'il a affronté Anderlecht. Mais le score a surtout pris des proportions impressionnantes en fin de match, et ne doit pas être considéré comme la norme lorsqu'on analyse les prestations d'Anderlecht en déplacement cette saison. Ce que je voudrais surtout souligner, c'est que depuis la saison dernière, Anderlecht se base sur un concept de jeu fixe. Le noyau a été très peu modifié durant l'entre saison. Une certaine homogénéité a été trouvée et c'est une véritable équipe qui monte sur le terrain. HugoBroos a su former un collectif solide et le mérite lui en revient. En outre, comme la concurrence est énorme dans le groupe, personne ne peut s'autoriser le moindre relâchement. Anderlecht est toujours capable de faire le jeu, comme autrefois, mais aussi de procéder de manière plus attentiste et de surprendre l'adversaire par des reconversions offensives ultrarapides. PeterBalette : Aussi curieux que cela puisse paraître, Heusden-Zolder est la seule équipe qui soit parvenue à tromper deux fois la vigilance de Daniel Zitka à l'extérieur. Et à deux reprises, s.v.p. Aussi bien en championnat qu'en Coupe de Belgique. Nous marquons plus facilement contre Anderlecht que contre d'autres équipes, c'est presque inexplicable. C'est d'ailleurs contre les Bruxellois que mon équipe a inscrit ses premiers buts en D1. Au cours des six premières journées, nous étions restés muets. Cela avait fait les choux gras des journaux. Tout le monde parlait déjà d'un record en vue : sept matches d'affilée sans inscrire le moindre but. Car, de l'avis de beaucoup d'observateurs, ce n'était évidemment pas la venue d'Anderlecht qui allait nous permettre de mettre fin à la série noire. Les Bruxellois ont dû le penser également et ont probablement abordé le match au stade Fenix avec un sentiment de supériorité, certains qu'ils étaient qu'il ne pouvait rien leur arriver. Lorsqu'ils ont été menés 2-1, ils ont été piqués au vif et il a suffi de deux coups francs sublimes de PärZetterberg pour renverser la tendance. C'est cela aussi, la classe. Sans parler des remplaçants. Lors du match de Coupe de Belgique, la semaine dernière, Hugo Broos avait choisi de faire souffler Ki- HyeonSeol et MartinKolar, pour faire confiance à MarkHendrikx sur le flanc gauche, et c'est lui qui a fait pencher la balance. En d'autres occasions, c'était OlegIachtchouk. Lorsque les titulaires habituels traînent un peu la patte, c'est le banc qui fait la différence. C'est une fameuse richesse. RobertWaseige : Ce match contre Anderlecht était mon premier à la tête de Charleroi. A la limite, je connaissais mieux l'équipe bruxelloise que... la mienne ! Ce qui ressort de l'£uvre des Mauves, c'est une impression de force et d'équilibre. Cette maison a été construite pour résister aux intempéries et aux fluctuations météorologiques. Les fondations sont stables. La défense est athlétique, tout en apparaissant plus technique qu'il y a un an ou deux, grâce à l'éclosion de VincentKompany. Dans l'entrejeu, l'affirmation définitive de BesnikHasi a apporté un peu plus de sauce : il est entré parfaitement dans le moule du type de joueur recherché pour rééquilibrer l'équipe. Sa présence permet à tout le monde de mieux s'exprimer. Ajoutons à cela l'épanouissement progressif mais ô combien heureux de joueurs comme Walter Baseggio ou Ki-Hyeon Seol. La cerise sur le gâteau, c'est l'avènement d' ArunaDindane. Sans oublier la joie de jouer retrouvée d' IvicaMornar. Le tout couplé avec une discipline de jeu imposée par Hugo Broos. La rigueur, dans 99 % des cas, est due à la patte de l'entraîneur. A Anderlecht, il y a aujourd'hui une bonne mixture de force, de rigueur, de discipline de jeu, de talent créatif et de capacité offensive. En analysant le match des Mauves à Charleroi, d'aucuns affirmeront qu'ils ont eu de la chance. Mais celle-ci basculera plus facilement du côté de l'équipe qui possède le plus de classe que du côté de celle qui accuse une faiblesse récurrente. GeorgesLeekens : Si Anderlecht est aussi productif en déplacement, c'est notamment parce que l'équipe qui évolue à domicile a toujours envie de se montrer entreprenante devant son public. Par conséquent, elle offre des espaces au Sporting et s'expose à des contres qu'Aruna Dindane et Ivica Mornar, grâce à leur pointe de vitesse, s'empressent d'exploiter. Certes, l'équipe locale pourrait procéder comme elle le fait parfois en déplacement : en fermant la porte et en attendant que les Bruxellois se découvrent. Mais une telle tactique ne constituerait pas pour autant une garantie de succès. En fait, pour battre Anderlecht, il faut essayer d'éliminer les qualités du Sporting et de profiter des quelques rares défauts qu'il recèle, mais c'est plus facile à dire qu'à faire. Comme d'autres équipes, Mouscron a eu le sentiment qu'il aurait pu revendiquer un point face à Anderlecht. Nos supporters regretteront que la reprise de MarcinZewlakow n'ait pas pris le chemin des filets au lieu de s'échouer sur le poteau. Mais, en dehors de cela, force est de constater que nous avons bénéficié de très peu d'occasions. C'est aussi le mérite d'Anderlecht : il s'appuie sur une très bonne organisation. SergioBrio : Nous n'étions pas encore au point au moment où nous avons accueilli les Mauves. Notre équipe n'était pas encore compétitive à cette période. Mais cela n'explique pas tout. Anderlecht est, tout simplement, la meilleure formation du championnat. Je l'ai déjà vue souvent à l'£uvre, cette saison. Elle recèle un bon mélange de technique et de physique. En outre, la mentalité au sein du groupe semble excellente. C'est difficile de rivaliser face à un tel adversaire. Anderlecht aborde chaque match avec l'intention de le remporter, que ce soit à domicile ou en déplacement. S'il n'a pas encaissé le moindre but lors de six de ses neuf déplacements, et notamment à Mons, ce n'est pas uniquement en raison de la solidité de sa défense, c'est le fruit d'un travail collectif. SefVergoossen : Ce match aurait pu tourner dans tous les sens et, à un moment donné, nous étions même l'équipe dominatrice, mais comme cela a souvent été le cas cette saison, Anderlecht a finalement émergé. Qu'est-ce qui a fait la différence à Genk ? Peut-être quelques arrêts déterminants de Daniel Zitka, mais je ne veux pas parler de chance : le gardien fait aussi partie de l'équipe. Et puis, c'est connu : lorsqu'on a le vent en poupe, le ballon roule plus facilement pour soi. La confiance apporte la sérénité. Anderlecht recèle énormément de qualités en ses rangs, et ces qualités-là, elle les exporte en déplacement également. Je n'ai pas le sentiment que les Bruxellois soient nécessairement plus à l'aise hors de leurs bases. C'est un concours de circonstances qui a voulu qu'ils aient perdu leurs seuls points de la saison au stade Constant Vanden Stock : ils sont, par exemple, tombés sur un très grand Standard à un très mauvais moment pour eux, c'est-à-dire quatre jours après une défaite douloureuse à Glasgow, mais cela aurait pu arriver à Sclessin également. Que le Sporting ne soigne pas le spectacle en toutes circonstances ne m'offusque pas : c'est aussi une qualité de pouvoir tabler sur une excellente organisation et une grande efficacité lorsqu'on n'est pas en mesure de briller. ArielJacobs : Généralement, les équipes qui se produisent à domicile consentent à prendre un peu plus de risques, même lorsqu'elles affrontent Anderlecht. En procédant de la sorte, elles font un peu le jeu du Sporting, qui peut spéculer sur un contre. Anderlecht possède une équipe qui lui permet de s'imposer n'importe où en Belgique. Cette saison, elle forme un bloc impressionnant, et ses joueurs gardent la tête froide en toutes circonstances. Ils possèdent aussi une telle classe individuelle qu'à un moment donné, ils finissent par faire la différence. On sait que, lorsqu'on encaisse soi-même un but contre Anderlecht, cela devient difficile. L'une des caractéristiques d'Anderlecht est d'opérer une reconversion très rapide de la défense vers l'attaque : c'est une arme très efficace lorsqu'on se produit en déplacement. Et comme les attaquants ne sont pas des manchots... De notre côté, nous étions déforcés lorsque nous avons accueilli le Sporting, juste avant la trêve. Or, face à une équipe pareille, il faut être à 100 %. MarcGrosjean : A l'instar de RobertWaseige, j'ai affronté Anderlecht lors de mon premier match dans mon nouveau club. Je crois que pour les Bruxellois, jouer à domicile ou en déplacement ne change strictement rien, tellement la qualité de l'équipe semble supérieure à celles des autres. Je ne suis pas d'accord avec ceux qui affirment que les Bruxellois ont bénéficié d'une certaine dose de réussite en déplacement. Au-delà du talent, ils ont surtout affiché une grande maîtrise. A l'Antwerp, ils n'ont pas bénéficié d'énormément d'occasions de buts, mais les ont exploitées avec une grande efficacité. Face au Sporting, la moindre erreur se paye cash. J'avais demandé à mes joueurs d'être à la hauteur en ce qui concerne la rigueur et la motivation,, et ils l'ont été. Nous avons hérité de l'une ou l'autre occasion, mais sans parvenir à les concrétiser. Anderlecht, en revanche, a saisi la première opportunité pour prendre l'avance. C'est facile, après coup, de soupirer : - Ah !Si... Il faut le faire, tout simplement. Avec des si, on mettrait Paris en bouteille, c'est connu. Daniel Devos" Ce n'est PAS UNE QUESTION DE CHANCE " (Marc Grosjean)