" En tant qu'entraîneur, j'ai eu la chance de bosser à Lille qui, en plus de la présence tonique de son équipe fanion en L1, alignait ses meilleurs jeunes en CFA. Plus tard, j'ai entraîné Ath en P1 et, surtout en Promotion, la future " CFA belge " en quelque sorte si tout se met en place pour 2013-14. A Lille, dès mon arrivée en 1984, l'effectif professionnel fut rajeuni avec un gros tiers d'éléments provenant du centre de formation. Ces gars-là se firent les dents en CFA contre des équipes solides mais possédant quand même u...

" En tant qu'entraîneur, j'ai eu la chance de bosser à Lille qui, en plus de la présence tonique de son équipe fanion en L1, alignait ses meilleurs jeunes en CFA. Plus tard, j'ai entraîné Ath en P1 et, surtout en Promotion, la future " CFA belge " en quelque sorte si tout se met en place pour 2013-14. A Lille, dès mon arrivée en 1984, l'effectif professionnel fut rajeuni avec un gros tiers d'éléments provenant du centre de formation. Ces gars-là se firent les dents en CFA contre des équipes solides mais possédant quand même un bon bagage technique, meilleur qu'en Promotion belge. Là, on est en pleine postformation. Cette formule est un des ingrédients des succès du football français. Il est intéressant d'adapter cette vision aux réalités du football belge mais cela ne se fera pas sans une mise à plat de tous les problèmes. A mon avis, la D3 convient mieux aux équipes réserves de l'élite (U21) que la Promotion. J'ai connu la Promotion avec Ath où j'avais amené des anciens footballeurs professionnels, comme Roger Lukaku, Edmilson, Frédéric Jacquemart et Roch Gérard. Il y avait de la qualité à Ath mais le jeu est quand même plus riche, donc plus technique en D3. Cette série convient mieux aux équipes réserves de D1. En Promotion, on ne rêve plus du plus haut niveau. L'écart par rapport à l'élite est trop grand et les quatre séries promotionnaires conviennent mieux, selon moi, à des anciens en fin de parcours qu'à des jeunes doués qui en veulent et rêvent d'une belle carrière professionnelle. Même si le jeu est en amélioration en Promotion, l'accent est quand même mis sur l'engagement et je crains une différence de philosophie entre des clubs animés par une politique de formation et d'autres qui n'en ont pas. Attention : il faut changer quelque chose. A mon époque de joueur, la " réserve " faisait recette. Je me souviens d'un Anderlecht-Standard suivi par 5.000 spectateurs et.... Raymond Goethals. Je revenais de blessure comme mon vieil ami LéonSemmeling. Pour nous, la suite passait par ce Clasico des réserves et le coach fédéral voulait savoir où nous en étions avant un match de l'équipe nationale. Cette façon de voir les choses n'est évidemment plus d'actualité. La messe est dite, ce sera la Promotion pour les équipes réserves de D1. Il y a plus de 10 ans que ce projet était sur la table. J'ai une autre crainte : comme le niveau ne devrait pas répondre à leur attente, les grands chercheront vite à placer leurs meilleurs jeunes dans d'autres clubs en D3 ou en D2, si ce n'est pas en D1. Dans ce cas-là, aligner les équipes réserves de D1 en Promotion ne servirait pas à grand-chose. " PROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE BILIC