1. CURRY & CO JOUERONT-ILS ENCORE LES MAGICIENS ?

Peu d'observateurs l'avaient pronostiqué, mais Golden State a largement mérité son titre la saison dernière. Grâce à une attaque-mitraillette composée de shooteurs à distance très précis et à une défense agressive, les Warriors sont devenus la troisième équipe de l'histoire de la NBA en termes de victoires conquises (83, saison régulière + play-offs). Dirigés depuis la touche par le coach débutant Steve Kerr, maître-tacticien, et sur le terrain par le point guard Stephen Curry, logiquement élu MVP et déjà considéré comme le meilleur shooteur de l'Histoire - en play-offs, il a fait passer le record de tirs à trois points réussis de Reggie Miller de 58 à... 98. Et, mauvaise nouvelle pour la concurrence : ces derniers mois, Curry a encore peaufiné sa technique de shoot qui frôlait déjà la perfection. Cela rendra le meneur de 27 ans, qui est aussi un merveilleux dribbleur et un fabuleux donneur d'assists, encore plus irrésistible.
...

Peu d'observateurs l'avaient pronostiqué, mais Golden State a largement mérité son titre la saison dernière. Grâce à une attaque-mitraillette composée de shooteurs à distance très précis et à une défense agressive, les Warriors sont devenus la troisième équipe de l'histoire de la NBA en termes de victoires conquises (83, saison régulière + play-offs). Dirigés depuis la touche par le coach débutant Steve Kerr, maître-tacticien, et sur le terrain par le point guard Stephen Curry, logiquement élu MVP et déjà considéré comme le meilleur shooteur de l'Histoire - en play-offs, il a fait passer le record de tirs à trois points réussis de Reggie Miller de 58 à... 98. Et, mauvaise nouvelle pour la concurrence : ces derniers mois, Curry a encore peaufiné sa technique de shoot qui frôlait déjà la perfection. Cela rendra le meneur de 27 ans, qui est aussi un merveilleux dribbleur et un fabuleux donneur d'assists, encore plus irrésistible. Ce n'est pas la seule mauvaise nouvelle pour les autres candidats au titre : aux côtés de Curry, d'autres joueurs-clefs de l'équipe championne sont restés fidèles au poste : l'autre fine gâchette Klay Thompson, le MVP des FinalsAndre Iguodala et Draymond Green, le pilier de la défense des Warriors qui a resigné pour cinq ans grâce à un joli chèque de 72 millions d'euros. Détail piquant : ce contrat lui offre un meilleur salaire que Curry. En 2013, en raison de ses chevilles encore fragiles, celui-ci n'avait eu droit qu'à un contrat de quatre ans d'une valeur de 38 millions 'à peine'. La saison prochaine, pas moins de 53 (!) joueurs NBA gagneront plus que le MVP... Même si le très populaire Curry - peu de vedettes ont autant l'allure du gendre idéal - se rattrape avec des contrats publicitaires mirobolants. Le 'petit' meneur d'1m91 est connu pour son perfectionnisme et son implication, des qualités qui sont également l'apanage du coach Kerr et de ses coéquipiers. Et ils en auront bien besoin, car la concurrence est avide de revanche et mettra à profit la moindre perte de motivation ou de niveau. Malgré la suprématie des Warriors la saison dernière, les bookmakers de Las Vegas considèrent Cleveland comme le principal candidat au titre cette saison. La raison principale : LeBron James. En juin, le meilleur basketteur du monde avait conduit, à lui tout seul, les Cavaliers à deux victoires du titre, avec une moyenne incroyable de 35,8 points, 13,3 rebonds et 8,8 assists par match. Du jamais vu dans une finale NBA. James n'avait pas d'autre alternative que de porter seul, à bout de bras, son équipe contre des Warriors à l'effectif bien plus fourni. Deux autres vedettes des Cavaliers, Kevin Love et Kyrie Irving, n'avaient pu lui prêter main forte : ils étaient à l'infirmerie, pour des blessures à l'épaule et au genou, respectivement. Il n'a donc pas reçu assez de soutien pour offrir à sa ville natale le premier titre NBA de son histoire. LBJ en est très frustré. En 2014, il avait quitté Cleveland pour Miami pour la même raison, et avait remporté deux titres avec le Heat. Mais, alors qu'il avait prêché la patience pour bâtir une nouvelle équipe lors de son retour à Cleveland, James-le-revanchard vient de déclarer - à près de 31 ans - qu'il n'avait plus de temps à perdre. " Je veux un troisième titre, maintenant. " Les bookmakers sont persuadés qu'il parviendra à ses fins. Même si, aujourd'hui, The King doit encore faire preuve d'un peu de patience, car Irving est encore sur la touche pour au moins quelques semaines, tout comme Iman Shumpert (poignet). En outre, Love - qui vient de resigner cet été pour cinq ans et un salaire de 96 millions d'euros - est à peine rétabli, et Tristan Thompson, la révélation de la saison dernière, refuse (pour l'instant) de prolonger son contrat. Malgré tout, James ne s'inquiète pas (encore) : l'an passé, Cleveland avait débuté par un 19 sur 39, pour finalement se hisser en finale. De plus, il peut à nouveau compter sur son ami Anderson Varejão (rétabli d'une déchirure au tendon d'Achille), et sur la précision au tir et l'expérience des vétérans Mo Williams et Richard Jefferson qui ont été engagés. Dans l'Eastern Conference, en principe moins relevée avec seulement Chicago et Miami comme concurrents sérieux, le chemin des Finals semble de nouveau grand ouvert pour les Cavaliers. La question est de savoir si James recevra, cette fois, assez de soutien. 3. ALDRIDGE AIDERA-T-IL DUNCAN À CONQUÉRIR SON SIXIÈME TITRE ? En 2014, les San Antonio Spurs avaient remporté le titre NBA - le cinquième de Tim Duncan, dont quatre avec Tony Parker et Manu Ginobili à ses côtés - grâce à un jeu collectif parfaitement huilé. L'étoile montante Kawhi Leonard avait été élu MVP des Finals et son éclosion définitive aurait dû permettre aux Spurs de revendiquer un nouveau Trophée Larry O'Brien la saison dernière. Du moins, c'est ce que beaucoup pensaient. Mais c'était sans compter sur les blessures récurrentes de Parker, Ginobili et Leonard qui ont perturbé la saison régulière. La conséquence est de taille. San Antonio a été éliminé, de façon surprenante, dès le premier tour des play-offs par les LA Clippers. Malgré un brillant Duncan (39 ans), sur qui l'âge ne semble pas avoir de prise, des doutes ont surgi sur ses facultés à ajouter un nouveau chapitre à son illustre carrière. Des doutes qui ont rapidement disparu en juillet, lorsque les Spurs ont réalisé deux belles transactions garantissant un avenir radieux : Leonard a prolongé son contrat (cinq ans, 79 millions d'euros), et surtout, LaMarcus Aldridge, la vedette de Portland et la plus belle opportunité sur le marché des freeagents, a signé pour quatre ans et un salaire de 70 millions d'euros. Une semaine plus tard, Duncan a paraphé un nouveau contrat de deux ans assorti d'un salaire de 'seulement' 8,7 millions, mais ce n'est pas surprenant, car le forward consent des sacrifices financiers sur son salaire depuis plusieurs années afin de permettre aux Spurs d'engager de meilleurs coéquipiers. Il est imité en cela par le vétéran David West, qui ne se satisfait que d'1,5 millions d'euros - alors qu'il en gagnait 10 à Indiana -, dans l'espoir d'enfin conquérir un titre. Avec l'arrivée d'Aldridge, les Spurs peuvent réellement croire à un nouveau titre, même si le nouveau venu aura besoin d'un temps d'adaptation. A Portland, le Texan était une pièce maîtresse en attaque mais il gardait parfois le ballon trop longtemps. Il devra désormais apprendre à le partager. Peu de gens doutent, cependant, que le coach Gregg Popovich parviendra à intégrer Aldridge dans le jeu collectif des Spurs, aux côtés de Duncan. Si, en plus, Ginobili joue encore une saison supplémentaire à 38 ans, si Parker reste épargné par les blessures et si Leonard continue sa progression, Golden State devra se montrer sous son meilleur visage pour rivaliser avec la franchise de San Antonio. Au cours des prochains mois, l'un des principaux thèmes de discussion en NBA sera : Kevin Durant restera-t-il fidèle au Oklahoma City Thunder après cette saison-ci ? Le MVP de 2014 deviendra alors free agent et les médias l'associent dès à présent à plusieurs autres franchises, dont les Lakers (cf. la question suivante). Oklahoma est un petit marché, et la NBA tout comme le sponsor chaussures Nike verraient d'un bon oeil l'arrivée de Durant vers une ville plus porteuse, comme Los Angeles. Beaucoup dépendra des prestations de la star cette année, car la saison dernière, The Slim Reaper avait été catastrophique. Durant a loupé 55 matches à cause de trois opérations délicates au pied, et le Thunder avait échoué aux portes des play-offs avec 'seulement' 45 victoires. Si OKC était quand même parvenu à gagner autant de rencontres, il le doit à son autre superstar : Russell Westbrook. En l'absence de Durant, il a pris ses responsabilités, et s'est multiplié comme un lapin Duracell. Résultat : le titre de meilleur marqueur (avec 28,1 points par match) et pas moins de 11 triple doubles. Insuffisant, toutefois, pour décrocher un billet pour les play-offs, au grand désaroi de Westbrook qui craignait de perdre son titre de meilleur marqueur. Cette performance lui a toutefois valu un nouveau statut : il n'est désormais plus considéré comme le Robin de Batman Durant, mais comme le deuxième Batman. La question se pose donc : peut-il collaborer avec un Durant à nouveau en pleine possession de ses moyens ? Si c'est le cas, on ne trouvera, nulle part ailleurs en NBA, de duo offensif plus dangereux. La motivation, en tout cas, ne leur fera pas défaut : cet été, bien avant le début officiel de la préparation, ils avaient déjà réuni leurs coéquipiers pour un mini-stage d'entraînement. Oklahoma a d'ailleurs entamé cette preseason avec un nouveau patron sportif : Billy Donovan, l'un des meilleurs coaches universitaires de l'Histoire à Florida. A 50 ans, il s'engage en NBA pour la première fois. Une très bonne acquisition, estime-t-on généralement : Donovan est capable de dompter les egos, accorde beaucoup de libertés à ses joueurs sur le plan offensif, mais prône une rigueur défensive stricte, l'un des points faibles du Thunder. S'il parvient à améliorer la défense, avec l'aide du centre Serge Ibaka de retour de blessure, et s'il parvient à faire accélérer les Batmobiles de Durant et Westbrook ensemble, les fans d'OKC auront peut-être de bonnes raisons de se réjouir. Ce fut l'un des moments les plus comiques de la saison dernière, lorsque Jimmy Kimmel confronta Kobe Bryant avec des images de ses coéquipiers des Lakers fêtant comme des gamins leur... 14e victoire de la saison à peine, durant son show télévisé. Le silence et le regard de Bryant, blessé, en disaient long sur sa pensée. Cette scène symbolisait la campagne de la célèbre franchise de LA : la pire de son histoire, avec seulement 21 victoires en 82 matches, et une absence des play-offs pour la deuxième année d'affilée. Deux saisons durant lesquelles le poids des ans se fait de plus en plus sentir sur Bryant, qui n'a joué que 41 matches sur 164 possibles, à cause de graves blessures. Sans lui, les Lakers ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes. Bryant en a ressenti une grande frustration, même si, tout comme le management, il porte aussi une part de responsabilités dans cet échec. En 2013, il a en effet refusé de revoir à la baisse son méga-contrat de deux ans d'une valeur de 42 millions, ce qui a empêché l'engagement d'autres joueurs de gros calibre. Les franchises NBA sont, en effet, obligées de respecter un plafond salarial. En outre, dans les 35 matches qu'il a disputés avant sa blessure à l'épaule, Bryant a joué largement en dessous de son niveau habituel. Certes, il a dépassé son idole Michael Jordan au classement des meilleurs marqueurs de tous les temps de la NBA, mais il n'a affiché que 37 % de réussite aux tirs, alors que sa moyenne de carrière est de 45 %. Malgré cela, faute d'équipiers de qualité capables de le soulager, Kobe s'est entêté à continuer de (trop) shooter. Conséquence : à l'aube de cette saison, il ne figure qu'à la 93e place du classement des meilleurs joueurs de la NBA, établi par la chaîne ESPN. Un scandale, estiment les admirateurs de la star. Logique, sur base de ses prestations au cours des deux dernières années, estiment les autres. Bryant est aujourd'hui rétabli de sa blessure à l'épaule, mais on se demande si, à 37 ans, il pourra rester épargné par les pépins physiques et s'il parviendra à retrouver son meilleur niveau, durant cette vingtième saison chez les Lakers qui sera peut-être sa dernière. Peut-être, car The Black Mamba n'a pas encore pris de décision définitive à ce sujet, même s'il a laissé entendre que les Jeux olympiques de Rio pourraient marquer le point final de sa carrière. Quoi qu'il en soit, aucun joueur NBA n'est jamais resté aussi longtemps dans une même franchise. Bryant ne doit toutefois pas perdre espoir : durant la présaison, très motivé comme toujours, il a déjà laissé entrevoir, par intermittence, que le bon vieux Kobe n'était pas mort. Et il aura plus de soutien autour de lui que la saison dernière, grâce à des jeunes prometteurs comme D'Angelo Russell, Julius Randle, Lou Williams (élu meilleur 6e homme de l'année) et le centre Roy Hibbert, qui doit renforcer une défense trop perméable. Pourtant, dans cette Western Conference très costaude, les chances de Lakers d'accéder aux play-offs sont quasiment nulles. Ce n'est pas un hasard si Aldridge, comme d'autres freeagents, a refusé la proposition de LA. Le gros défi de Kobe et de ses Lakers sera donc de livrer une campagne honorable, afin de retrouver la crédibilité perdue et de pouvoir attirer l'été prochain l'un ou l'autre joueur libre sur le marché : Durant, par exemple. Avec ou sans Bryant à ses côtés. PAR JONAS CRETEUR - PHOTOS BELGAIMAGE