" Quand Sollied est arrivé à Gand, il a passé plus d'une semaine dans la cafétéria, à nous observer sur le terrain d'entraînement. Il avait toujours le GSM collé à l'oreille et la seule chose qu'il nous disait quand il nous croisait était : -Hello. " (Marc Degryse)
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" Quand Sollied est arrivé à Gand, il a passé plus d'une semaine dans la cafétéria, à nous observer sur le terrain d'entraînement. Il avait toujours le GSM collé à l'oreille et la seule chose qu'il nous disait quand il nous croisait était : -Hello. " (Marc Degryse)Sollied : C'était en décembre 98 et je n'avais rien à faire sur le terrain puisque mon contrat ne commençait qu'en janvier. Herman Vermeulen entraînait le groupe en m'attendant, j'en ai profité pour voir ce qu'était l'entraînement à la belge. Et pourquoi je serais allé dehors alors qu'il drachait tout le temps ? " Un jour qu'il pleuvait, nous avons fait le shadow game dans la salle des joueurs, sur un espace de 5 mètres sur 5. Sollied nous a fait répéter quelques mouvements, nous trouvions ça ridicule. Le lendemain, nous avons marqué un but sur une phase exactement pareille. " (Gunther Schepens)Sollied : Très important, le shadow game, c'est la répétition générale de nos propres mouvements avant un match. On n'a pas besoin de grands espaces. Dans la salle des joueurs, on poussait les tables et les chaises, ça suffisait. Je sais que plein de joueurs ont été marqués par ces séances. Ivica Dragutinovic en a aussi parlé plus d'une fois dans les journaux. Ça prouve que je leur ai appris quelque chose de nouveau. " J'ai fait 500 km pour aller discuter avec Sollied mais Genk était incapable de lui offrir ce qu'il réclamait. " (Dirk Degraen)Sollied : Degraen a dit ça ? Je ne comprends pas. Je n'ai jamais parlé d'argent avec Genk. C'était avant l'arrivée de Frankie Vercauteren, j'ai rencontré la direction et j'ai simplement signalé à la fin des discussions que je ne le sentais pas. Mais ce n'était pas une question de chiffres. Jamais, je n'ai dit à des dirigeants combien je voulais gagner ! Je leur laisse toujours faire les propositions, puis je dis oui ou non. Je suis très raisonnable, et avec moi, les discussions vont vite. Je vais aussi te dire une chose : tous mes clubs ont gagné de l'argent quand j'y suis passé. Grâce à mon salaire limité et aux trophées que j'ai permis de remporter. " " J'ai travaillé cinq ans avec Sollied mais à la fin, je ne le connaissais toujours pas. " (Gert Verheyen)Sollied : C'est normal. J'ai aussi bossé cinq ans avec des joueurs dont je ne savais pas grand-chose quand je les ai quittés. Un footballeur n'a pas besoin d'être l'ami de son coach, il doit seulement savoir qu'il dépend de lui. Et moi, je protège mes hommes. Quand l'équipe gagne, je me mets à l'arrière-plan. Faire un tour d'honneur en soulevant un trophée, ce n'est pas pour moi. Quand on perd, là, je passe devant pour faire écran. " Si Sollied ne veut plus de moi, il doit avoir le courage de me le dire en face. Mais il ne l'a pas. C'est un menteur. " (Alin Stoica)Sollied : Ah, Stoica... (Il réfléchit longtemps). J'ai passé mon temps à lui expliquer ce qu'il devait faire et ne pas faire. Je ne pouvais rien faire d'autre pour lui, je n'allais pas m'entraîner à sa place. Il prenait le foot pour un sport individuel. Et en semaine, il avait plein de soi-disant petites blessures, alors il restait aux soins. Il se pointait sur le terrain le vendredi, il allait subitement mieux. Pour moi, c'était trop tard, il n'avait pas participé à tout le travail tactique. Dans les temps modernes, je ne vois qu'un seul joueur qui pouvait se permettre de brosser plein d'entraînements en étant quand même exceptionnel le week-end : Diego Maradona. Aujourd'hui, même Lionel Messi bosse comme un fou pendant toute la semaine. J'avais connu Stoica à Bruges, il avait eu une très bonne période avec moi, mais ça n'avait vraiment pas duré longtemps. Quand je l'ai retrouvé à Gand, je lui ai dit : -Je te répète ce que je te disais à l'époque, si tu ne t'entraînes pas, tu ne joueras pas. Il n'a jamais voulu changer. Et il n'a presque jamais été au top physiquement. Quand tu as des problèmes avec tout le monde (les entraîneurs, mais aussi les médecins, les kinés,...), tu dois pouvoir admettre que le problème, c'est toi.