Les moments marquants des 20 dernières années de l'histoire du sport belge peuvent se compter sur les doigts de la main. En 1986, les Diables Rouges reviennent du Mexique auréolés de la gloire d'une quatrième place. Un résultat qui ne sera pas égalé de sitôt. En 2003, deux filles mettent Paris à genoux et se qualifient pour la finale de Roland Garros. Justine Henin bat facilement Kim Clijsters et empoche la première de ses quatre victoires à la porte d'Auteuil. L'année dernière, ce sont à nouveau deux filles qui font la une de l'actualité. Kim Gevaert et Tia Hellebaut deviennent championnes d'Europe à Göteborg, une ville désormais associée pour les Belges à l'exploit de ces deux athlètes.
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Les moments marquants des 20 dernières années de l'histoire du sport belge peuvent se compter sur les doigts de la main. En 1986, les Diables Rouges reviennent du Mexique auréolés de la gloire d'une quatrième place. Un résultat qui ne sera pas égalé de sitôt. En 2003, deux filles mettent Paris à genoux et se qualifient pour la finale de Roland Garros. Justine Henin bat facilement Kim Clijsters et empoche la première de ses quatre victoires à la porte d'Auteuil. L'année dernière, ce sont à nouveau deux filles qui font la une de l'actualité. Kim Gevaert et Tia Hellebaut deviennent championnes d'Europe à Göteborg, une ville désormais associée pour les Belges à l'exploit de ces deux athlètes. Ambition oblige, après l'Europe, c'est à la conquête du monde que se lancent les deux athlètes : championnat du monde d'Osaka dans quelques jours et Jeux Olympiques de Pékin dans un an. Mais nos compatriotes ne se rendent pas au Japon dans les mêmes conditions. Les dernières prestations d'Hellebaut font planer le doute sur sa forme actuelle. Lors du dernier meeting de Stockholm, début août, elle a sauté 1m87, soit à... 18 centimètres de sa meilleure performance ! Même si Tia était blessée à la cheville, cela n'explique pas entièrement cette contre-performance. " Osaka est un objectif difficile ", explique-t-elle. " La hauteur est une discipline qui a beaucoup évolué. De plus en plus de filles sautent au-dessus des deux mètres. A Osaka, il se pourrait bien qu'un saut à 2,01 m ne donne même pas accès au podium ". Est-ce pour cette raison que Tia a changé sa technique de saut au printemps dernier ? Sur les conseils de son entraîneur, Wim Vandeven, Tia Hellebaut cherche à mieux exploiter son explosivité. Elle mise sur plus de vitesse et plus de force dans ses sauts. Le problème ? " La technique ne suit pas encore ", confesse-t-elle. " C'est sur ce point que je dois travailler ". Selon Vandeven, Tia éprouve des difficultés à gérer sa course d'élan et son placement d'épaules. Ce qui se traduit dans ses derniers résultats. Le meilleur saut de Hellebaut en 2007 date de début mars : 2,05 m à Birmingham, aux Championnats d'Europe. A Doha, début mai, Tia sautait encore à 1,98m. Puis, les performances n'ont cessé de diminuer jusqu'à ce saut à 1,87m. Or, à Stockholm, la Croate Blanka Blasic a passé la barre des 2,07m. Tia connaît déjà le nom de sa première adversaire... Si elle est en pleine mutation technique, ce n'est pas le cas de Gevaert dont la mécanique est bien rodée : " Il n'y a plus grand-chose que je puisse changer. Juste de petits détails perfectibles en matière de vitesse ou de résistance. Le mental doit toujours être travaillé. Et puis il y a la position du corps qui peut toujours être meilleure et plus juste ". Pour Gevaert, le championnat arrive à un moment propice. La sprinteuse vient de reproduire son record personnel sur 100m en courant la distance en 11.04 secondes : " Je me sens bien. Je n'ai pas choisi d'aller au meeting de Stockholm car je traînais la fatigue du championnat de Belgique. A Osaka, mon objectif personnel sera d'atteindre trois finales : celle du 100m, du 200m et du relais 4x100m.... et d'approcher sinon de battre mes records ". Mais elle ne songe guère à monter sur le podium : " La concurrence sera plus élevée qu'à Göteborg, le sprint mondial restant dominé par les Africaines et Américaines ". Osaka sera la compétition idéale pour juger de l'état de forme de nos athlètes à un an des Jeux Olympiques car il existe des similitudes entre le Japon et la Chine. Gevaert a d'ailleurs choisi le même lieu de préparation pour les deux rendez-vous : " Une semaine avant les Mondiaux d'Osaka, je serai en stage à Fukuoka, au Japon. L'année prochaine, je compte bien rééditer l'expérience avant Pékin. Même si les deux compétitions se déroulent à un an d'intervalle, cela tombe très bien. Entre la Chine et le Japon, le climat est pareil et l'adaptation sera plus facile ". Hellebaut ne pense pas de même : " Ma préparation pour les Jeux Olympiques sera tout à fait différente ". Au-delà des compétitions à venir, il faut se préparer à l'idée que Hellebaut et Gevaert, toutes deux âgées de 29 ans, vont s'éloigner peu à peu des projecteurs. Comme Gevaert le dit elle-même : " A 30 ans, dans le milieu du sport, on commence tout doucement à être vieille. Je pense tout doucement à ma reconversion. Je ne sais pas encore ce que je ferai. Mais il me faudra du temps pour redevenir calme et analyser les options qui se présentent à moi ". par simon barzyczak - photo: belga