Anderlecht qui écoule tous ses abonnements en places assises au bout de quatre heures à peine, le Standard qui a doublé son nombre de fidèles en l'espace d'un lustre, le Club Bruges qui espère battre sa moyenne de 24.981 inconditionnels par match au cours des mois à venir : le football belge, malgré une qualité de jeu souvent décriée, est en passe de pulvériser tous les records en 2007-08. Un constat d'autant plus étonnant que, dans certains pays aux compétitions plus huppées, la popularité du ballon rond en a pris un coup ces dernières années. C'est le cas en Italie par exemple, qui accuse une baisse de fréquentation de 8,7 % par rapport aux chiffres d'il y a dix ans, ou encore en Angleterre qui connaissait une baisse depuis 2002-2003. Celle-ci fut, toutefois, enrayée l'an dernier par le déménagement d'Arsenal vers l' Emirates Stadium (60.432 places soit 22.000 de plus) et l'agrandissement de 8000 places d'Old Trafford (76.212 places).
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Anderlecht qui écoule tous ses abonnements en places assises au bout de quatre heures à peine, le Standard qui a doublé son nombre de fidèles en l'espace d'un lustre, le Club Bruges qui espère battre sa moyenne de 24.981 inconditionnels par match au cours des mois à venir : le football belge, malgré une qualité de jeu souvent décriée, est en passe de pulvériser tous les records en 2007-08. Un constat d'autant plus étonnant que, dans certains pays aux compétitions plus huppées, la popularité du ballon rond en a pris un coup ces dernières années. C'est le cas en Italie par exemple, qui accuse une baisse de fréquentation de 8,7 % par rapport aux chiffres d'il y a dix ans, ou encore en Angleterre qui connaissait une baisse depuis 2002-2003. Celle-ci fut, toutefois, enrayée l'an dernier par le déménagement d'Arsenal vers l' Emirates Stadium (60.432 places soit 22.000 de plus) et l'agrandissement de 8000 places d'Old Trafford (76.212 places). Chez nous, les données ont été revues à la hausse. D'un exercice à l'autre, on a noté une progression de 1,7 % en matière d'assistance aux rencontres de D1 (10.083 au lieu de 9.903). Et, sur une décennie cette fois, les progressions enregistrées ont parfois été très spectaculaires. Le Club Bruges, notamment, a vu son nombre de fidèles plus que doubler : de 10.479 en 1996-97, les Bleu et Noir en sont aujourd'hui à près de 25.000. Le pompon, toutefois, est réservé au Racing Genk qui, durant le même laps de temps, a crû de 5.923 personnes à 22.131. Soit une amélioration de près de 400 %. Le championnat qui s'ouvre s'annonce sous de meilleurs auspices encore, eu égard au nombre de fidèles sans cesse croissant et à la masse flottante toujours plus nombreuse. Mais pourquoi cet engouement ? Un certain nombre de facteurs l'expliquent. Longtemps, le football a été considéré comme le sport du pauvre. En tant que tel, il n'a jamais interpellé qu'une certaine frange de la population, aux moyens limités. Les plus nantis se tournaient plutôt vers des disciplines plus élitistes comme le tennis ou le golf. Si la petite balle feutrée et l'autre, gaufrée, nourrissent de nos jours toujours mieux leurs champions, il faut bien avouer que l'écart s'est amenuisé entre les ténors dans ces deux domaines et leurs homologues footballeurs. Des gars comme Zinédine Zidane, Ronaldinho ou Thierry Henry, pour ne citer que ces trois noms-là, n'ont plus grand-chose à envier à un Roger Federer voire à un Tiger Woods. Leur réussite aura drainé pas mal de monde vers le ballon rond : non seulement le blé en herbe mais aussi les parents et une clientèle plus fortunée. Au Royaume-Uni, il est symptomatique de constater qu'un abonnement à l' Emirates Stadium d'Arsenal coûte à présent plus cher que son pendant pour l'Opéra de Londres. Une réalité qui était encore inconcevable il y a une dizaine d'années à peine et qui traduit là-bas le revirement de mentalités. Toujours dans la capitale anglaise, mais à Stamford Bridge cette fois, les prix pratiqués à Chelsea sont les plus onéreux de la PremierLeague. Ce qui n'empêche pas les Blues d'évoluer lors de chacune de leur sortie athome devant un stade sold out. En Belgique, les prix ont grimpé aussi, même s'ils restent dans l'ensemble plus sages que chez nos voisins : 17 euros en moyenne pour une place. C'est deux fois le prix d'une entrée au cinéma mais la différence s'estompe dans une large mesure pour qui s'abonne. Et cette fidélisation n'est pas un vain mot chez nous. Incroyable mais vrai : à l'époque de sa splendeur, pendant les années 70, Anderlecht comptait à peu près 7.000 abonnés. Leur nombre a mis un quart de siècle pour doubler, puisqu'on recensait 14.000 inconditionnels au Parc Astrid durant la saison de gloire 2000-01, marquée par une accession au deuxième tour de la Ligue des Champions. Aujourd'hui, six ans plus tard à peine, il ne reste plus que quelques abonnements en places debout sur les 22.000, au total, que les Mauve et Blanc peuvent écouler. Si le stade Constant Vanden Stock avait plus de places assises, le Sporting, aux dires du responsable de sa billetterie, Marc Torsin, écoulerait sans le moindre problème 30.000 précieux sésames. Dans ces conditions, on comprend, bien sûr, l'empressement de sa direction d'évoluer dans une enceinte plus vaste. D'autant plus qu'en Ligue des Champions, les Bruxellois ne disposent plus que de 17.400 places si l'on tient compte des billets destinés aux invités et aux emplacements réservés par l'UEFA. Un manque à gagner annuel qui atteint les quelque 5 millions d'euros, rien que sur les entrées au stade ! Le RSCA n'est d'ailleurs pas le seul à plancher sur l'érection d'une nouvelle enceinte. Bruges et le Standard nourrissent des projets similaires. Il est vrai qu'ils sont dans le même bain, avec des infrastructures guère en adéquation avec les besoins actuels. Le Club a connu une croissance exponentielle, ces dernières années, au niveau de sa fréquentation, comme indiqué plus haut. Mais ce qui frappe surtout ce sont ses 22.000 abonnés. Un chiffre qui peut encore évoluer dans la mesure où, à l'image de quelques autres entités, les Brugeois permettent de souscrire des mini-abonnements lors de la trêve hivernale. Un concept qui avait bien marché au Standard cette année, puisqu'il y avait eu un rush sur cet artifice en janvier passé. Les Rouches aussi ont vu leur nombre de partisans grimper en flèche : en 2002, ils étaient 8.000 à peine à avoir souscrit un abonnement à Sclessin. L'année passée, ils étaient 16.000 et le club espère franchir le cap des 20.000 cette saison. La fidélisation est importante à plus d'un titre. Pour les uns, elle permet d'assister aux matches de ses favoris à un tarif enviable. Les 100 euros réclamés à Saint-Trond permettent à un fan des Canaris de voir les siens à l'£uvre pour 6 euros par match, ce qui est fort peu par rapport à la moyenne de 17 susmentionnée. Pour d'autres, elle autorise une économie aussi, mais doublée à d'autres avantages. A Anderlecht, par exemple, les abonnés sont automatiquement prioritaires au moment où le club procède à la vente de ses packages en Ligue des Champions. Dans ces conditions, il ne reste plus rien à distribuer au coup par coup pour les autres supporters. La formule a évidemment ses dérives : parfois des quidams prennent un abonnement et l'utilisent pour les matches qui les intéressent. Le reste, que ce soit en championnat ou en compétition européenne, ils le proposent sur internet aux plus offrants. Il y eut un temps, pas si lointain finalement, où le football rebutait en raison de certains débordements qu'il suscitait, au rang desquels le hooliganisme, notamment. Celui-ci a vécu en même temps que les mesures de sécurité et autres lois réprimant durement les actes de violence et de vandalisme sur le chemin ou dans les stades. Du coup, le ballon rond a retrouvé son aspect convivial, renforcé par les initiatives ô combien diverses des clubs : tribune réservée à la jeune classe à Mouscron, Ketjes Club à Anderlecht, match gratuit pour les femmes et les enfants au Standard... Les familles retournent d'autant plus volontiers au stade que les infrastructures se sont améliorées, même si le décalage est toujours important par rapport à ce qui se passe aux Pays-Bas ou en Allemagne par exemple. L'EURO 2000 a permis à des villes comme Charleroi, Bruges, Liège et Bruxelles de bénéficier de très beaux outils de travail. Mais d'autres localités ne sont pas demeurées en reste : des nouvelles tribunes ont été construites au Kiel, à Saint-Trond, à Roulers. Genk a également rénové son stade et Gand a même une longueur d'avance sur les trois grands pour ce qui est de son futur hébergement car les plans d'un Arteveldestadion appelé à remplacer l'Ottenstadion sont déjà concrets (objectif 2010). Les Buffalos ne sont pas les seuls en la matière puisqu'un projet de construction existe aussi au stade EdmondMachtens. Les travaux devraient y débuter cette saison encore. Ces deux dernières années, le championnat n'a livré son verdict que lors de la 34e et ultime journée et tout porte à croire qu'au cours des mois à venir, il sera aussi captivant car derrière Anderlecht, qui visera la passe de trois, le Club Bruges a généreusement délié les cordons de la bourse pour se renforcer. Quant au Standard et au Racing Genk, ils disposent également des atouts pour mener la vie dure aux meilleurs. Par rapport à un contexte où le titre se résumait à une lutte à trois, le championnat est devenu moins prévisible. La preuve par Genk et... le Lierse qui ont déjoué les pronostics au cours de la dernière décennie. En Belgique, tout le monde peut gagner contre tout le monde. Témoin, le nul concédé par Anderlecht, la saison passée, face à Beveren, futur descendant. Ou le gaspi des Rouches (0-0), chez eux face aux mêmes Waeslandiens. Au lieu de détourner les gens des stades en raison d'un nombre de retransmissions toujours plus nombreuses, la télévision a au contraire eu pour effet de doper les assistances. En réalité, la manne financière qu'elle apporte aux clubs permet à ceux-ci d'accroître sensiblement leurs moyens et d'attirer, ce faisant, de meilleurs joueurs. Il y a quelques années, la venue d'un Ahmed Hassan aurait été inconcevable en Belgique. Et un transfert de l'ordre de deux millions d'euros était le maximum. Aujourd'hui, c'est à peine si on s'émeut lorsque la barre des 3,5 ou 4 millions est franchie. Et ce n'est sans doute qu'un début... par bruno govers