Que retiennent les journalistes anglais des trois prestations du Standard contre leurs deux clubs de Liverpool ? Nous avons posé la question à :
...

Que retiennent les journalistes anglais des trois prestations du Standard contre leurs deux clubs de Liverpool ? Nous avons posé la question à : 1. David Meek, éditorialiste notamment au Guardian et mémoire vivante de la presse britannique, 2. Mandeep Sanghera, journaliste à la BBC, 3. Chris Bascombe, journaliste à News of the World, 4. David Harrisson, éditorialiste à News of the World, 5. Ian Doyle, journaliste au Liverpool Daily Post, 6. Marc Beaugé, spécialiste de l'Angleterre pour France Football. " Il a sa place en Premier League. No Problem ! ", affirme Ian Doyle. " Bon, je ne pense pas qu'il peut rivaliser sur le long terme avec le top-7 anglais. Je le vois au milieu du classement. A la rigueur à la hauteur d'une équipe comme Aston Villa. Mais, ce qui est sûr, c'est que le Standard est bien meilleur que des formations comme Wigan, Bolton ou Sunderland. " " C'est difficile de se faire une idée de la valeur du football belge ", mesure Chris Bascombe, " C'est un peu comme si on prenait le Celtic ou les Rangers comme mesure étalon pour juger le championnat écossais. Le Standard pourrait très bien ne pas représenter la compétition belge. Mais, c'est une équipe jeune qui ne peut que s'améliorer avec l'expérience européenne. " " Je pense que le Standard est à l'image de ce qui passe en Belgique : en léger renouveau. Les jeunes sont bons et ont de l'audace. Plusieurs joueurs pourraient tenter leur chance en Angleterre. Il y a aussi une bonne politique de club. Peu d'éléments sont partis cet été. Cela prouve que les jeunes veulent progresser petit à petit. C'est un signe de maturité de la part de ces joueurs et cela se retrouve sur le terrain car finalement, ce que l'on retient, c'est la maturité dégagée par cette formation qui n'avait aucune expérience internationale ( sic) ", conclut David Meek. " Le tirage semblait favorable pour Liverpool. Personne ne connaissait réellement le Standard et le championnat belge est en pleine crise ", explique Harrisson. " On aurait pu avoir la puce à l'oreille après les performances des jeunes lors des Jeux Olympiques. Et puis, on s'est réveillé et on a vraiment cru à l'élimination après le premier match. "" Oui, c'est vrai que l'on a été surpris ", renchérit Bascombe. " Le Standard a fait plus que jeu égal avec Liverpool. On peut même dire que les Liégeois ont été malchanceux. Rafael Benitez a dit qu'il avait visionné le Standard et qu'il connaissait cette formation mais au vu de sa réaction après le match aller, on peut se demander s'il avait une réelle perception du potentiel de cette équipe. On peut encore plus féliciter le Standard pour sa performance à Goodison Park. Il n'y avait plus l'effet de surprise et le manager, David Moyes, lui, savait à quoi s'en tenir puisqu'il avait visionné le Standard dans le cadre du transfert de Marouane Fellaini. En Angleterre, les prestations du Standard ont eu un large écho. D'ailleurs, Stoke City a pris exemple sur son organisation pour embêter Liverpool et ramener un partage. C'est la preuve que les Belges ont fait impression. "" Cette équipe n'a fait que confirmer ce qu'on avait vu à Liverpool ", ajoute Sanghera, " Il y a peu de défauts. On pensait qu'Everton allait profiter du départ de Fellaini qui avait flambé contre Liverpool mais on a été étonné par la facilité avec laquelle le Standard a pallié ce départ. Même s'il y avait moins de poids au milieu, ils ont compensé par de la technique. Seul Mikel Arteta était au dessus de la mêlée dans l'entrejeu. Mais je reste malgré tout persuadé que c'est dans l'axe qu'Everton doit passer. " Un seul bémol est émis par Beaugé : " Il faut tenir compte de certains facteurs. Liverpool n'était pas encore rodé, ni en jambes. Vous pouvez me répondre que le Standard n'avait pas plus de matches au compteur mais la saison anglaise est longue. Il faut savoir tenir le rythme. Le mois d'août est donc encore un mois de réglages. D'autant que le mercato n'était pas terminé. Du côté d'Everton, ce raisonnement tient également. Le club n'avait pas connu une bonne intersaison et Moyes avait d'ailleurs insisté pour avoir des recrues en fin de mercato. Le début de championnat est médiocre. Bref, le Standard a eu la chance de tomber sur une équipe qui se cherchait encore. "" Cette équipe était bien organisée. Tactiquement, c'était brillant et Laszlo Bölöni est un homme intelligent. Cela se voit ", lâche Bascombe. " Défensivement, cette formation fait bloc et place des contre-attaques rapides et incisives. Liverpool a surtout eu la chance de ne pas encaisser. Et ce fut sans doute le péché du Standard : la concrétisation. En Ligue des Champions, cela prête directement à conséquence. Contre Everton, moins. "Doyle : " Le Standard est bien balancé. All is set up ! Et il évolue davantage dans un style anglais que continental. Je pense qu'il aurait éprouvé plus de difficultés contre des équipes comme Chelsea, Arsenal, Tottenham ou Manchester United. Contre Liverpool, on a vu un schéma traditionnel, le 4-4-2. Par contre, le 4-3-3 à Everton était osé. Sans doute que le Standard se sentait moins solide défensivement suite au départ de Fellaini et a voulu compenser en misant sur l'attaque. Et si cette configuration est encore de mise au match retour, on va voir des buts car Everton connaît les mêmes problèmes défensifs ", continue Doyle. " A Everton, le schéma de Bölöni était osé. Trois attaquants, il fallait le faire. Mais cela a porté ses fruits. La défense a paru fébrile à certains moments et l'attaque a dû compenser. Moi, j'ai été surpris par le nombre de joueurs liégeois que je retrouvais par moments dans le rectangle d'Everton. Il fallait mettre la défense des Toffees sous pression. C'était bien vu ! ", résume Sanghera. " Je n'ai pas vu de différence entre le Standard avec et le Standard sans Fellaini. Il est resté organisé et s'est ménagé autant d'occasions ", maintient Bascombe. " Incontestablement l'ambiance ", dit Bascombe. " L'atmos-phère à Liège était fantastique. Je ne pensais pas qu'on pouvait trouver des supporters plus chaleureux qu'à Liverpool. Ce qui me fait dire qu'Everton ne part plus du tout favori à Sclessin ( Ndlr : prononcez Lèssine). C'est bien comme cela qu'on appelle le stade, non ?" par stéphane vande velde