" C'est une figure folklorique, un grand gardien de but, qui est mort dans son sommeil le 20 avril, à 72 ans : Jos Smolders. Toujours de bonne humeur, appréciant les petits et les grands plaisirs de la vie, Smolly était en quelque sorte le Roger Claessen flamand. Je me souviens avoir joué avec lui en équipe nationale Juniors UEFA et avec les Jass, l'équipe nationale militaire belge. Jos était le roi des " ambianceurs ". Un verre de bière était le bienvenu. Que ce soit à Paris ou à Londres, il avait toujours la bonne adresse où on découvrait le roc...

" C'est une figure folklorique, un grand gardien de but, qui est mort dans son sommeil le 20 avril, à 72 ans : Jos Smolders. Toujours de bonne humeur, appréciant les petits et les grands plaisirs de la vie, Smolly était en quelque sorte le Roger Claessen flamand. Je me souviens avoir joué avec lui en équipe nationale Juniors UEFA et avec les Jass, l'équipe nationale militaire belge. Jos était le roi des " ambianceurs ". Un verre de bière était le bienvenu. Que ce soit à Paris ou à Londres, il avait toujours la bonne adresse où on découvrait le rock-and-roll, le dernier pas de danse à la mode et tout le reste. Jos était une " vedette " comme on dit à Bruxelles pour évoquer ceux qui aiment prendre du bon temps. Mais Jos était surtout un portier de classe, imbattable quand il se mettait en tête de réaliser un grand match. En équipe nationale, il a été barré par les Jean Nicolay, Fernand Boone,Guy Delhasse ou Jean Trappeniers. Même sans la moindre cap, Jos faisait partie du Top 5 belge de son époque. Il a d'ailleurs été élu Gardien du Siècle, au Kiel, à l'occasion du centenaire des Ours en 1999. Anversois bon teint, il a commencé à faire parler de lui au Beerschot en 1958. Il y est resté jusqu'en 1970 et joua même en Coupe d'Europe des Villes de Foires contre le DWS Amsterdam. Puis, Smolders est passé au Crossing de Schaerbeek avec un peu de tout dans ses bagages : son humour, sa classe et son sourire de play-boy. Il a oeuvré derrière une défense qui tenait bien la route avec les Roland Danesin, Georges Leekens, Gérard Sulon et même... Roger Claessen, arrière central au Crossing à la fin de sa carrière en D1. Il m'arrive parfois d'évoquer cette période fabuleuse du football bruxellois avec Cisco Ferrera qui a joué au Parc Josaphat. Le Crossing, c'était en quelque sorte le White Star d'aujourd'hui, né en 1923 à Ganshoren, à l'étroit, plus tard, dans son stade molenbeekois de la rue de Normandie, et obligé de s'installer à Schaerbeek après être monté en D1 fin 1968-69. Le Crossing changea de stade et de couleurs, abandonnant le bleu et le blanc pour le vert et le blanc. Les dirigeants " voyageurs et fusionneurs d'aujourd'hui " n'ont rien inventé : le football bruxellois a toujours eu la bougeotte. Mais, à part Anderlecht, les petits clubs bruxellois ne peuvent plus s'offrir du haut de gamme comme Claessen, Leekens, Paul Vandenberg, Joseph Masopust, Ballon d'or européen en 1962 ou Smolders. On pouvait admirer ces personnalités à l'époque du Crossing de Smolly qui, par ailleurs, gagna sa vie comme gardien du Parc Josaphat puis en tant que pompier. Plus tard, il entraîna brièvement le Beerschot et fut T2 et, depuis des années, il était un des scouts du FC Brussels de son ami Johan Vermeersch. " PROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE BILIC