1. Quand le Standard a pris 7-1 à Bruges deux jours après votre C4, vous vous êtes plutôt dit " Je n'aurais pas fait pire " ou " Pauvre Eric Deflandre, pourquoi tu as accepté l'intérim ? "

" Je peux seulement dire que mon Standard n'avait jamais encaissé sept buts et qu'il était en progrès. Mais bon, les dirigeants m'ont dit qu'ils voulaient provoquer un choc psychologique. Sur le terrain de Bruges, j'ai vu un choc... tout court. Ils voulaient que les joueurs réagissent. Parfois tu réagis bien, parfois tu réagis mal... J'ai eu de la pitié pour Eric Deflandre, un gars bien, loyal, qui n'était pour rien dans cette situation. Il n'avait jamais dirigé un groupe professionnel et on lui a donné un seul entraînement pour préparer l'équipe à un déplacement aussi délicat. Dommage, des débuts pareils pour un jeune ! "
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" Je peux seulement dire que mon Standard n'avait jamais encaissé sept buts et qu'il était en progrès. Mais bon, les dirigeants m'ont dit qu'ils voulaient provoquer un choc psychologique. Sur le terrain de Bruges, j'ai vu un choc... tout court. Ils voulaient que les joueurs réagissent. Parfois tu réagis bien, parfois tu réagis mal... J'ai eu de la pitié pour Eric Deflandre, un gars bien, loyal, qui n'était pour rien dans cette situation. Il n'avait jamais dirigé un groupe professionnel et on lui a donné un seul entraînement pour préparer l'équipe à un déplacement aussi délicat. Dommage, des débuts pareils pour un jeune ! " " Il lui a manqué un peu d'agressivité et de vitesse, et, oui, son nom l'a pénalisé. Tout le monde l'a toujours regardé comme mon fils. Et j'ai probablement ma part de responsabilité dans son parcours qui n'a pas répondu à son attente. J'ai été trop exigeant avec lui, je voulais qu'il soit le meilleur. Il le sentait et il a eu du mal à gérer cette pression. Autant je parviens à donner de la confiance à mes joueurs, autant je n'y suis pas arrivé avec mon fils. Si c'était à refaire, je gérerais sa carrière autrement. Il a commencé les cours en Suisse pour devenir entraîneur et je sais que, là aussi, il sera souvent confronté à mon passé. Il risque à nouveau d'en souffrir. " " J'ai quitté la France au moment où elle est devenue championne du monde, ça fait un bail ! Beaucoup de jeunes sont arrivés entre-temps, et quand vous n'êtes plus là, tout le monde vous oublie. Donc, je sais que ce serait très compliqué. J'attends des propositions, en sachant qu'un C4 après cinq semaines, ça fait tache, ça interpelle. Je devrai expliquer que mon départ du Standard n'était pas uniquement une question de résultats. " " Je pense et j'espère qu'on aurait eu plus de points... On ne le saura jamais. On a vu l'impact de Brüls dans les deux matches qu'il a joués avec moi : il a marqué contre Ostende et donné un assist contre Molde. Quand le Standard m'a viré, on n'était pas loin des premiers en championnat, il ne fallait pas paniquer, Anderlecht et Bruges avaient du mal aussi à se mettre en route. Il y avait eu le couac contre Molde mais quand je vois cette équipe gagner 1-3 à Fenerbahçe dans son premier match de poule d'Europa League, je me dis qu'elle ne devait pas être si médiocre. On m'a jugé après cinq semaines de compétition alors que le Standard avait perdu ses meilleurs joueurs et ne s'était pas encore renforcé. Maintenant, j'entends qu'on va donner du temps au nouvel entraîneur. Je trouve tout cela profondément injuste. " " Je ne l'ai pas compris tout de suite. J'ai commencé à m'en rendre compte quand j'ai constaté qu'on ne tenait pas compte de mes avis sur le renforcement du noyau. Je demandais des profils précis mais on ne me suivait pas, on me faisait seulement comprendre qu'il n'y avait pas d'argent. Puis, j'ai vu Christian Brüls arriver. Un bon joueur mais on ne m'avait pas consulté. C'était révélateur. Avec le recul, j'ai tout capté : les dés étaient pipés, mon sort était réglé à l'avance, j'étais condamné. " PAR PIERRE DANVOYE" On m'a viré pour créer un choc psychologique. Deux jours plus tard, le Standard prenait sept buts à Bruges. Un choc... tout court. J'ai eu de la pitié pour Eric Deflandre. " SLAVO MUSLIN