Du salon de la ferme familiale, on voit le terrain de Handzame, club de 4e provinciale. C'est là que les trois frères Dejaegere ont commencé à jouer au football. L'aîné est aujourd'hui infirmier, le cadet va entamer des études de droit et Brecht joue au football. A l'âge de 6 ans, il est parti au Club Bruges mais dix ans plus tard, ce club estima qu'il n'avait pas suffisamment grandi pour devenir gardien. Courtrai lui donna alors une chance dans le jeu. Aujourd'hui, il est champion de Belgique, il entraîne les jeunes de son club et il a été fait citoyen d'honneur de son village.
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Du salon de la ferme familiale, on voit le terrain de Handzame, club de 4e provinciale. C'est là que les trois frères Dejaegere ont commencé à jouer au football. L'aîné est aujourd'hui infirmier, le cadet va entamer des études de droit et Brecht joue au football. A l'âge de 6 ans, il est parti au Club Bruges mais dix ans plus tard, ce club estima qu'il n'avait pas suffisamment grandi pour devenir gardien. Courtrai lui donna alors une chance dans le jeu. Aujourd'hui, il est champion de Belgique, il entraîne les jeunes de son club et il a été fait citoyen d'honneur de son village. " Ça tient parfois à peu de choses ", dit Frans, son père. " Quand Bruges a estimé qu'il était trop petit et trop léger pour être gardien, Brecht a demandé à jouer dans le jeu mais Hans Galjé a dit que c'était déplacer le problème. Le Cercle et Roulers n'étaient pas intéressés non plus. Heureusement, à Courtrai, Karsten Vandendriessche, qui entraînait les U16, n'a pas fait une fixation là-dessus. Sans quoi il serait sans doute revenu à Handzame. C'est comme ça que beaucoup de talent se perd. " Caroline, sa maman : " Le pire, c'est que pour son premier match avec Courtrai, il a dû défendre les filets car le gardien avait oublié sa carte d'identité. Mais au cours de la même saison, il était déjà élu meilleur joueur d'un tournoi aux Pays-Bas. Brecht ne sortait jamais, il n'allait même pas aux fêtes d'anniversaire. Je suis contente qu'aujourd'hui, il puisse un peu sortir avec ses équipiers pour compenser. " Frans : " Il savait qu'à Bruges, c'était la grande lessive chaque année et il faisait tout pour réussir. C'était un chat. Il avait d'excellents réflexes et était très fort en un-contre-un. " Caroline : " Mais il prenait trop de risques balle au pied. Un jour, ça leur a coûté une place en finale d'un tournoi. " Frans : " C'est vrai. Par contre, il anticipait beaucoup. " Caroline : " Et il avait du caractère. " Caroline : " Un jour, en U19, il s'est blessé et a dû être opéré. " Frans : " Il avait une fissure au tibia et un problème à la cheville. On a dû lui placer une broche. " Caroline : " Il est resté trois ou quatre mois sans rien faire. " Frans : " Il craint les blessures comme la peste. Après le titre face au Standard, le premier à qui il a dit merci, c'est le médecin. " Caroline : " Il ne supporte pas de ne pas jouer. La saison dernière, face au Cercle, MirceaRednic ne l'avait pas retenu. Il a dit : C'est la première et la dernière fois que ça m'arrive. " Frans : " Il a mis les bouchées doubles à l'entraînement et, la semaine suivante, il était titulaire. Mais l'équipe tournait moins bien. " Caroline : " Les entraînements étaient différents. " Frans : " Brecht dit qu'avec Hein Vanhaezebrouck, le nombre d'heures d'entraînement a doublé. " Caroline : " Cela, il le savait avant. " Frans : " A Courtrai, il trouvait parfois les entraînements trop tactiques mais après avoir connu d'autres coaches, il a changé d'avis. VictorFernandez et Rednic étaient beaucoup moins forts tactiquement. " Frans : " Eva, la psychologue, lui a fait beaucoup de bien aussi. Avant, il était beaucoup trop stressé. Aujourd'hui il est plus mûr et il surveille encore davantage son alimentation. " Caroline : " Eva l'a aussi rendu moins superstitieux. Avant, il jouait avec de vieilles godasses de chez Brantano parce qu'elles lui portaient chance. Sven Kums lui demandait ce qu'il avait aux pieds. Par contre, il est très croyant. Il porte un chapelet sur lui et en a un dans sa voiture. " Frans : " Jusqu'à 16 ou 17 ans, il a servi à la messe. Il s'est vraiment confié à Eva. Il lui a dit aussi qu'il jouait pour que nous soyons fiers de lui. " Caroline : " Nous avions commis une erreur en lui disant cela car il avait peur de nous décevoir. Nous savons qu'il fait de son mieux. Maintenant, nous lui disons juste : Bonne chance. Eva a vraiment bien travaillé. Le club devrait l'augmenter (elle rit). Nous aimerions quand même voir à quoi elle ressemble. Elle a changé Brecht. Aujourd'hui, c'est lui qui met sans cesse la barre plus haut. " Frans : " Et nous parlons moins de football avec lui. " Caroline : " Avant, quand il loupait un truc, tu revenais sur le sujet du dimanche au mercredi. " Frans : " J'ai évolué. La seule chose que je lui demande, c'est de ne pas se mettre à douter. Mais il est beaucoup moins stressé qu'avant, lorsqu'il vomissait avant les matches. " Caroline : " Je suis si contente de l'avoir conduit à l'entraînement pendant toutes ces années et d'avoir contribué à sa réussite, ne serait-ce que pour 1 %. " Frans : " Tu te sous-estimes, c'est au moins 20 %. Pendant dix ans, elle allait travailler à Ostende, passait prendre Brecht, partait à Bruges et ne revenait que vers 21 h 30. " Caroline : " Sans oublier la comptabilité de la ferme. " Frans : " Et le ménage. " Caroline : " Et m'occuper des deux autres enfants. Beaucoup de gens me demandaient comment je tenais le coup. J'ai même été déléguée de l'équipe. Mais je suis heureuse d'avoir fait tout cela. " PAR CHRISTIAN VANDENABEELE" Avant, il jouait avec de vieilles godasses de chez Brantano parce qu'elles lui portaient chance. "