J'ai failli vous la narrer mauvaise, ayant ouvert ma télé samedi sur la Premier League. D'abord pour un derby de la Mersey sans merci, que j'ai quitté indemne et lassé vers la 35', en même temps que Marouane Fellaini le quittait sur civière. Une vraie boucherie giclante de semelles et de slidings, avec hélas Grand-Casque-à-Poils dans le rôle de la victime du jour : ne me dites plus jamais que l'arbitrage olé-olé est une spécificité belge... Une heure plus tard, je me laissais retenter par Manchester United-Portsmouth, désireux de voir si Anthony Vanden Borre était toujours lunatico-technique. Mais j'ai coupé, dégoûté, dès la compo, en y lisant le nom de Ricardo Rocha : constater qu'un mec, qui n'a fait que passer dans notr...

J'ai failli vous la narrer mauvaise, ayant ouvert ma télé samedi sur la Premier League. D'abord pour un derby de la Mersey sans merci, que j'ai quitté indemne et lassé vers la 35', en même temps que Marouane Fellaini le quittait sur civière. Une vraie boucherie giclante de semelles et de slidings, avec hélas Grand-Casque-à-Poils dans le rôle de la victime du jour : ne me dites plus jamais que l'arbitrage olé-olé est une spécificité belge... Une heure plus tard, je me laissais retenter par Manchester United-Portsmouth, désireux de voir si Anthony Vanden Borre était toujours lunatico-technique. Mais j'ai coupé, dégoûté, dès la compo, en y lisant le nom de Ricardo Rocha : constater qu'un mec, qui n'a fait que passer dans notre petit championnat comme un vieux courant d'air lourd, peut se retrouver du jour au lendemain aligné face à Wayne Rooney, ça révèle de fameux foirages en Terre de Foot : il y a quelque chose de déréglé au Royaume de l'offre et de la demande... Mais... rideau ! Aujourd'hui je positive, via Mbark Boussoufa, récent buteur au GBA d'abord, face au Club ensuite : tant il est rare qu'un p'tit gars de chez nous plante deux si beaux buts à seulement quelques jours d'intervalle ! Si beaux que je me suis demandé quand un but parvenait à m'épater total ? A planter pour un bout de temps, dans ma mémoire non supportrice, une beauté d'exception ? Au bout d'une nuit à ressasser, j'avais couché six mots sur un p'tit papier : convaincu quant à moi qu'un but parvenant à susciter les six me resterait forcément longtemps dans les mirettes. 1. Intention Ça ne peut pas être beau si ce n'est pas fait exprès ! Ainsi, le récent but en Coupe du Brugeois Bojan Bozovic contre Anderlecht ne suscite-t-il pas mon admiration débridée, car je suis convaincu que le gars souhaitait centrer. Ce qui ne vous empêche pas, si votre conviction est inverse, d'en demeurer baba... 2. Prouesse En tant qu'absence de gaffe adverse, faut pas qu'elle crève les yeux ! Certes, tout but est dissécable en terme d'erreur de l'opposant : mais moins l'opposant fautif est manifestement identifiable, plus le buteur nous épate pour avoir forgé son but sur ses qualités. 3. PropretéUn beau but est limpide, faut pas de ratures dans le chemin ! Si la phase est chouette mais le but acquis sur tir malencontreusement dévié, ou si le gardien battu a malgré tout touché le ballon au lieu de se révéler totalement impuissant, il manquera quelque chose à ce but pour être d'anthologie. Tout le contraire d'un but via le poteau : poteau qui refile un supplément de beauté, poteau-cerise sur le gâteau, accentuant l'impression de précision au millimètre. 4. RaretéPas possible qu'un but soit exceptionnel si l'on en rencontre chaque semaine de similaires. C'est en cela que les superbes frappes à distance prisées dans les top-buts, celles qui fusillent les toiles d'araignées, même l'exocet parfait de Kevin De Bruyne dimanche soir, sont pour moi trop répétitives pour être d'une beauté qui s'incruste longtemps ! A défaut de jamais vu, il faut au moins une impression de... pas vu souvent ! 5. VirtuositéIl ne doit pas s'agir d'un geste réalisable par le premier venu, mais bien d'un geste que même un king habile n'est pas certain de réussir ! Ainsi la volée en déséquilibre de Boussoufa au Beerschot était d'autant plus belle qu'impeccablement dessinée du gauche : mais par un droitier qu'on jurerait pur gaucher si on ne le connaissait pas ! 6. ImprévisibilitéIl faut être surpris pour être ébloui,... et ce peut être par le passeur davantage que par le buteur : remember la talonnade récente de Guti pour Karim Benzema ! En tout cas, plus le but surgit sans que l'action nous ait laissé le temps d'imaginer pareil surgissement, plus on pressent que l'acteur lui-même n'imaginait pas un instant plus tôt ce qu'il allait oser, plus le plaisir est au rendez-vous. En relisant ces six mots, je confirme que le but de Mbark contre le Club Bruges était pour moi d'anthologie. A chacun la sienne ? par bernard jeunejeanMbark Boussoufa : il est rare qu'un p'tit gars de chez nous plante deux si beaux buts à seulement quelques jours d'intervalle.