Le deuxième procès des comptes de l'OM, portant sur des transferts de joueurs entre 1997 et 1999, a livré son verdict en première instance : parmi les treize condamnés, Rolland Courbis, ancien entraîneur de l'OM, écope de la prison ferme (deux ans et 18 mois d'un sursis antérieur) et d'une amende de 375.000 euros. C'est la peine la plus spectaculaire.
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Le deuxième procès des comptes de l'OM, portant sur des transferts de joueurs entre 1997 et 1999, a livré son verdict en première instance : parmi les treize condamnés, Rolland Courbis, ancien entraîneur de l'OM, écope de la prison ferme (deux ans et 18 mois d'un sursis antérieur) et d'une amende de 375.000 euros. C'est la peine la plus spectaculaire. Mais du côté du Standard, on note aussi les peines infligées à Luciano D'Onofrio et Robert Louis-Dreyfus. D'Onofrio, actuel vice-président du club liégeois et à l'époque agent de joueurs, de deux ans d'emprisonnement dont six mois ferme, 375.000 euros d'amende et une interdiction - limitée au territoire français - d'exercer une activité dans le milieu du football pendant cinq ans. RLD, actionnaire principal de Marseille et principal pourvoyeur de fonds du Standard, de trois ans de prison avec sursis et de 375.000 euros d'amende. Que leur reproche-t-on ? Luciano D'Onofrio avait déjà été mêlé à la justice lors du premier procès des comptes de l'OM. En 1998, il avait écopé de douze mois avec sursis avant d'être relaxé par la Cour d'appel d'Aix-en-Provence. Dans le procès qui nous occupe, on lui reproche son implication, en sa qualité d'agent, dans les transferts de Fabrizio Ravanelli et Christophe Dugarry. La justice le soupçonne d'avoir majoré frauduleusement plusieurs contrats lors des transferts de Ravanelli de Middlesbrough à Marseille en 1997 et de Dugarry de Barcelone à Marseille début janvier 1998, dans le but de minorer les salaires des joueurs pour leur offrir par la suite une prime occulte. D'Onofrio aurait rétrocédé une partie de cet argent sur un compte suisse appartenant à Courbis. L'instruction fait ainsi état de commissions de 3,6 et 5,3 millions de francs français pour ces transferts. Néanmoins, Luciano D'Onofrio a nié en basant sa défense sur le fait que l'argent placé sur le compte de Courbis ne provenait pas des transferts de Ravanelli et Dugarry mais de celui... d' Ibrahim Ba, de Bordeaux à Milan AC. En 1997, Courbis avait favorisé le passage du joueur français vers l'Italie et estimait mériter une commission " pour services rendus ". Lorsque Courbis fit état de sa demande au vice-président exécutif de Milan, Adriano Galliani, celui-ci l'aurait renvoyé vers Luciano D'Onofrio. Quant à Robert Louis-Dreyfus, on lui reproche d'avoir donné son feu vert à ce type de transactions. Le Standard est-il mêlé à cette affaire ? Depuis le début du procès, le Standard a adopté une ligne de conduite fuyante : - Ceci ne nous concerne en rien. Vendredi, les dirigeants liégeois faisaient la sourde oreille après l'énoncé du verdict. Le téléphone de Michel Preud'Homme restait éteint. Quant à Pierre François, il ne nous accorda qu'une réponse laconique : " Je ne ferai aucun commentaire. Je suis en vacances et je ne verrai les personnes concernées que lundi. Je ne réagirai qu'après les avoir consultées ". Sur le site du club, un communiqué nous apprenait que " le dossier de l'OM ne concerne le Standard qu'en ce qu'il vise, parmi d'autres personnes inculpées, d'une part notre vice-président et d'autre part Robert Louis-Dreyfus, également membre du conseil d'administration. Pour le surplus, ce dossier est relatif à de nombreuses opérations de transferts de joueurs dont aucun n'a été conclu entre le Standard et l' OM. Ce dossier est en cela totalement étranger à la direction de notre club et plus généralement à la manière dont il est géré ". Pourtant, le Standard qu'il le veuille ou non est impliqué dans ce dossier. Ne fût-ce que par les dommages collatéraux. Il s'agit ni plus ni moins des deux hommes forts de Sclessin qui sont mêlés au scandale des transferts. Et l'on peut se demander légitimement si les méthodes frauduleuses employées par ces personnes ont été circonscrites au seul club de Marseille. On est déjà au deuxième procès des comptes de l'OM et la justice française a déjà dans le collimateur d'autres transferts réalisés ultérieurement par le club phocéen. Or, le Standard a conclu de nombreuses affaires avec Marseille au début des années 2000 (les transferts de Vedran Runje, Jurgen Cavens, Joseph Yobo et Daniel Van Buyten). Le Standard risque-t-il un désengagement de ses deux hommes forts ? Nul ne peut le prédire. A l'issue de l'énoncé, l'avocate de RLD, Sophie Bottai, à la question de savoir si son client allait jeter l'éponge, a répondu : " Je ne le pense pas. Robert Louis-Dreyfus a toujours indiqué que ce procès ne remettait pas en cause son implication au sein de l'OM ". Et cela vaut aussi pour le Standard. Quant à Luciano D'Onofrio, le jugement ne l'a pas encore conduit en prison. D'abord parce que son avocat Paul Delbouille a annoncé que son client irait vraisemblablement en appel. Or, l'appel est suspensif et il faudra attendre six à douze mois avant que la Cour d'appel d'Aix-en-Provence ne rende sa décision. De plus, l'avocat a précisé : " Mon client constate que, pour des faits semblables, il avait été précédemment condamné par le même tribunal de Marseille à une peine de douze mois d'emprisonnement avec sursis et que son appel avait été retenu par la Cour d'appel d'Aix-en-Provence ". En d'autres termes, D'Onofrio ayant été blanchi, en appel, pour les mêmes faits lors du premier procès en 1998, il espère qu'il en sera de même cette fois-ci. S. VANDE VELDE