"Tom n'était pas facile ", se souvient Gaby Demanet, l'ancien coach de Torhout 1992 KM. " Son rêve de footballeur pro s'éloignait... Il poursuivait des études à Gand et la vie estudiantine lui plaisait. Il sortait trop. Il s'irritait parfois de longs ballons mal calibrés ou de marquages trop stricts. Au début, il refusait de jouer en attaque, répétant : -Je ne suis pas un avant. Il préférait avoir le ballon devant lui. Avec les Espoirs du Club, il évoluait à gauche de l'entrejeu, rarement en pointe. Il n'était même pas sûr de sa place. Rune Lange venait de guérir du dos et on lui accordait la priorité. Tom entrait au jeu en seconde mi-temps et marquait parfois... Il a tiré la tête pendant un mois, à Torhout, jusqu'à ce qu'il comprenne qu'il pourrait quand même faire carrière en D1 comme attaquant...

"Tom n'était pas facile ", se souvient Gaby Demanet, l'ancien coach de Torhout 1992 KM. " Son rêve de footballeur pro s'éloignait... Il poursuivait des études à Gand et la vie estudiantine lui plaisait. Il sortait trop. Il s'irritait parfois de longs ballons mal calibrés ou de marquages trop stricts. Au début, il refusait de jouer en attaque, répétant : -Je ne suis pas un avant. Il préférait avoir le ballon devant lui. Avec les Espoirs du Club, il évoluait à gauche de l'entrejeu, rarement en pointe. Il n'était même pas sûr de sa place. Rune Lange venait de guérir du dos et on lui accordait la priorité. Tom entrait au jeu en seconde mi-temps et marquait parfois... Il a tiré la tête pendant un mois, à Torhout, jusqu'à ce qu'il comprenne qu'il pourrait quand même faire carrière en D1 comme attaquant. Chez nous, il marqua douze buts et avant le début du second tour, il signait pour le Cercle. " " Tom possède les qualités requises pour réussir à Anderlecht ", poursuit Demanet. " Il a une très forte personnalité empreinte de modestie et d'intelligence. Et il ne craint personne. C'est un battant. Dans ses bons jours, il est alors impossible de lui prendre le ballon même s'il doit affronter trois ou quatre hommes. Mais il peut aussi s'épuiser et manquer de fraîcheur devant le but. S'il est épargné par les blessures, Tom n'aura aucune limite. Il sait encaisser les coups durs, inévitables à Anderlecht, mais avec son gabarit, il n'est pas un Mbark Boussoufa qui virevolte sur le terrain. " " A Torhout, Tom était un athlète qui jouait très bien au football ", commente Nico Vanderdonck, un ancien coéquipier, devenu entraîneur adjoint à Roulers. " Il était puissant, jouait des deux pieds, avait un bon tir et était toujours dangereux mais pas prêt pour l'équipe fanion du Club. Chercher d'autres horizons, un nouvel air, d'autres gens et d'autres méthodes lui a été bénéfique. Tom était habitué à toutes les facilités inhérentes à l'élite, au Club. Il n'a pas fait une mauvaise affaire en découvrant les autres facettes du football à Torhout. Cela l'a secoué. Il devait jouer sur un mauvais terrain, laver ses chaussures, affronter l'agressivité et la provocation... Quand Tom reculait, on fustigeait son orgueil. Il devait aussi découvrir la mentalité du groupe, apprendre à discuter autour d'un verre, s'exprimer, plaisanter. Cela rend l'individu et le groupe plus forts. Tom a appris tout cela à Torhout. Depuis, il a énormément progressé. Il est plus affûté, encore plus costaud, plus rapide, meilleur footballeur. D'emblée, j'ai été frappé par sa mobilité dans les espaces réduits, malgré sa taille élevée. ZlatanIbrahimovic possède cet atout aussi. Tom n'a jamais fait mystère de ses ambitions. Il était avide d'apprendre, il voulait tout mettre en £uvre pour arriver. Il me demandait souvent mon avis : quand dois-je reculer, partir, comment appeler le ballon, comment tenir l'adversaire à distance ? Il a signé à Anderlecht mais reste sobre et modeste. Tom tire son plan partout. " " A l'époque, c'est clair, je n'étais pas prêt à intégrer le noyau A du Club ", explique Tom De Sutter. " Nous nous entraînions tous les jours mais j'étais toujours étudiant et je ne vivais que pour le football. J'ai décompressé à Torhout. J'allais à l'école et m'entraînais trois soirs par semaine. Je sortais régulièrement. Ce fut une chouette période car la D3 est une bonne école pour un gars de 20 ans. J'ai été confronté à des hommes de 30 qui m'ont beaucoup appris. J'étais toujours vidé après 80 minutes, faute d'entraînements en suffisance. Pendant la préparation, j'ai marqué trois buts contre le Cercle, qui a continué à me visionner. Ce n'était pourtant pas un exploit : ce jour-là, le Cercle avait deux entraînements dans les jambes ! Au Cercle, je m'entraînais de manière très spécifique en musculation, sous la direction de Sergiy Serebrennikov. Au Club, je surchargeais mon dos et j'avais mal partout... Je cherche toujours à m'améliorer. J'ai eu des entretiens avec un psychologue pendant ma revalidation et j'ai appris comment améliorer ma concentration. Un ouvrage sur le tennis m'a aussi appris que les rituels aident à se fixer sur le match. Je me retire donc toujours dans la douche avant un match et me parle : -Amuse-toi si tu peux, ne te blesse pas... " par christian vandenabeele