NOTRE NATURE

Simen Jukleröd (24) : " Essayez donc ! À Oslo, sautez dans un train et cherchez le contact visuel avec les gens autour de vous. Vous remarquerez que ce n'est pas si facile. Tout le monde a le regard rivé au sol. Nous sommes pourtant polis. Nous répondrons toujours gentiment à un touriste qui demande le chemin et nous sommes aussi sociables envers les gens que nous connaissons. Mais un Norvégien n'adresse pas spontanément la parole à un inconnu. Plus fort : si, dans le train, il y a une personne sur une banquette à trois sièges, il est impensable de s'installer à ses côtés, à moins de la connaître.
...

Simen Jukleröd (24) : " Essayez donc ! À Oslo, sautez dans un train et cherchez le contact visuel avec les gens autour de vous. Vous remarquerez que ce n'est pas si facile. Tout le monde a le regard rivé au sol. Nous sommes pourtant polis. Nous répondrons toujours gentiment à un touriste qui demande le chemin et nous sommes aussi sociables envers les gens que nous connaissons. Mais un Norvégien n'adresse pas spontanément la parole à un inconnu. Plus fort : si, dans le train, il y a une personne sur une banquette à trois sièges, il est impensable de s'installer à ses côtés, à moins de la connaître. J'ai grandi à Bærum, une commune à un quart d'heure de route d'Oslo. Je vivais avec mes parents et ma soeur, qui a trois ans de plus que moi, dans une maison avec deux jardins. Ma mère travaille dans le secteur du bien-être, elle aide les gens sans abri ou sans revenu. Mon père occupe un emploi d'économe dans le système pénitentiaire. La vie à Bærum était agréable : c'est sûr, pratique et chouette. J'ai essayé plusieurs sports. En hiver, je faisais du ski de fond, du ski alpin et du snowboard. On habitait tout près d'une station de ski : Kirkerudbakken. Je n'avais que quatre ans quand mes parents m'y ont emmené. Je n'ai pas suivi de cours. En Norvège, les enfants s'y mettent comme ça. C'est naturel, on a ça dans le sang. Pour le snowboard, en revanche, j'ai pris des cours à neuf ans mais au bout d'une semaine, je n'en avais déjà plus besoin. Plus tard, j'ai essayé des trucs, des sauts et tout ça avec mes copains sur les pistes de Kirkerudbakken. Il fait assez chaud et ensoleillé en été mais froid en hiver. En fonction de la saison, je jouais au hockey, au base-ball et au football, évidemment. Parmi mes coéquipiers d'alors, quatre ou cinq évoluent en première division norvégienne. J'ai fait fait une excursion scolaire au Galdhöpiggen. C'est la plus haute montagne de Norvège. Elle culmine à 2.469 mètres. On est allé au sommet et c'était impressionnant. Un peu plus au nord, les rennes courent en liberté. J'en ai aperçu quelques- uns par la fenêtre alors qu'on allait en car à Tromsö, pour un match. Tout au nord, il y a le Cap Nord, que je voudrais découvrir un jour. En été, pendant quelques semaines, il y fait clair jour et nuit. Il suffit de traverser la mer de Barents pour atteindre l'archipel du Spitzberg et voir des ours polaires mais je n'y suis pas encore allé. Lors de nos vacances familiales, on partait dans le sud, à Majorque ou aux Canaries. Beaucoup de Norvégiens font pareil car on n'a pas de belles plages. La Norvège et la Suède sont voisines et proches, linguistiquement et culturellement. Si je m'adresse en norvégien à un Suédois, il me comprend et vice-versa. La Finlande est très différente. Je ne comprends pas un mot de finnois : je dois parler anglais. Je ne sais pas grand-chose sur la Finlande, qui est assez éloignée de nous. La Norvège est un pays cher. Les impôts y sont aussi élevés qu'en Belgique mais chez nous, l'évasion fiscale n'est pas un sport national. On se plaint aussi mais en sachant très bien que ces impôts servent à quelque chose. Par exemple, jusqu'à 18 ans, médecins et dentistes sont gratuits. Le ski de fond est aussi populaire que le football en Norvège. Dans cette discipline, Petter Northug est notre star. Il est considéré comme le plus grand sportif norvégien. Ole Gunnar Solskjær est sans doute le meilleur footballeur de tous les temps du pays mais je ne l'ai pas beaucoup vu jouer, j'étais trop petit. En revanche, j'aimais beaucoup John Arne Riise, un arrière droit, d'autant plus qu'il jouait pour Liverpool, mon club favori. Je tiens ça de mon père. J'étais à peine né qu'il disait déjà que je devrais être supporter de Liverpool ! (Rires)