En quittant " Birmingham l'industrielle ", on ne s'attend pas à tomber une demi-heure plus tard sur un environnement aussi différent. A Little Aston, les énormes villas se succèdent dans un décor boisé et apaisant, à mille lieues de l'agitation du centre de la deuxième ville d'Angleterre. Après avoir vécu en plein coeur de Londres pendant trois ans, Nacer Chadli a déposé il y a un mois ses valises dans cette demeure à la taille d'un joueur confirmé de Premier League. Car si l'attention belgo-belge est généralement tournée vers les Eden Hazard, Kevin De Bruyne ou Romelu Lukaku, c'est le nouveau key-player de West Bromwich Albion qui crève l'écran depuis le début de saison.
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En quittant " Birmingham l'industrielle ", on ne s'attend pas à tomber une demi-heure plus tard sur un environnement aussi différent. A Little Aston, les énormes villas se succèdent dans un décor boisé et apaisant, à mille lieues de l'agitation du centre de la deuxième ville d'Angleterre. Après avoir vécu en plein coeur de Londres pendant trois ans, Nacer Chadli a déposé il y a un mois ses valises dans cette demeure à la taille d'un joueur confirmé de Premier League. Car si l'attention belgo-belge est généralement tournée vers les Eden Hazard, Kevin De Bruyne ou Romelu Lukaku, c'est le nouveau key-player de West Bromwich Albion qui crève l'écran depuis le début de saison. Un come-back impressionnant après les galères en club et en sélection de l'an dernier. Dans cette nouvelle vie, Nacer Chadli peut compter sur sa maman et son cousin Redouane. Mais aussi sur Sacha, un jeune husky venu mettre un peu d'animation dans un quotidien qui semble très tranquille. A tel point que notre international est obligé de capoter sa Ferrari afin d'éviter les coups de griffes intempestifs de son nouveau compagnon. Alors que la maman nous offre un thé qui réchauffe l'atmosphère, Nacer Chadli va évoquer longuement ses derniers mois difficiles et les raisons de ce retour au premier plan. NACER CHADLI : Non, pas encore et s'il ne me le demande pas, je ne vais pas le lui payer (il rit). Notre coach est quelqu'un qui est très proche de son groupe, il dit ce qu'il pense, de façon très cash par moments. Mais je préfère ça à quelqu'un de plus hypocrite dont on ne connaît pas le fond de la pensée. CHADLI : J'en ai connu. Et ce n'est pas évident car on n'a pas de retour, on ne sait pas ce qu'on doit changer. Ici ce n'est pas le cas. CHADLI : C'est vrai qu'avec Pulis, le jeu est plus direct qu'à Tottenham. On ne dispose pas des mêmes joueurs non plus. L'objectif entre les deux clubs est très différent aussi : à Tottenham, on visait les 4 premières places alors qu'à West Brom, la volonté c'est de connaître une saison tranquille. Mais quand tu vois comment les joueurs se donnent sur le terrain, c'est impressionnant. C'est en étant à 120 % que l'on arrive à prendre des points. Chaque match que l'on joue, c'est en quelque sorte une finale. CHADLI : Ma priorité était de jouer toutes les semaines, de retrouver le rythme et d'avoir un coach qui me fait confiance. Et j'ai directement eu un bon feeling. CHADLI : Je voulais encore jouer en Premier League. C'est le championnat le plus regardé dans le monde. C'est vraiment le top d'évoluer ici : l'intensité, la qualité d'ensemble, le fait que tout le monde peut battre tout le monde ; on l'a encore vu avec Leicester la saison dernière. C'est vraiment un championnat incroyable. CHADLI : C'est vraiment ça, c'est du show. Je crois que tous les joueurs rêvent d'évoluer dans un tel championnat. CHADLI : Le fait d'être sur le terrain, ça me donne beaucoup de confiance. J'ai eu des crampes lors des deux premiers matches de championnat, dès la 60e minute puis la 70e. Ça faisait quasiment six mois que je n'avais plus joué un match plein en Premier League. C'est important pour moi de retrouver les sensations. CHADLI : A West Brom, quand tu affrontes une équipe du Top 6, tu sais que tu vas devoir beaucoup courir et que la balle, tu ne vas pas l'avoir. C'est donc chaque semaine une grosse bagarre au milieu de terrain. Et pour être à la hauteur, il faut être physiquement au top. Les joueurs courent ici énormément de kilomètres par match, je crois qu'on doit être dans le top 4 de la Premier League au niveau des kilomètres parcourus. CHADLI : Que je sois transféré 4 millions ou 20 millions, pour moi ça ne change rien. Mais je reconnais que j'ai senti une attente importante parce que je venais de Tottenham où j'ai disputé trois saisons et où j'ai quand même marqué pas mal de goals. CHADLI : Oui, probablement... CHADLI : Je m'y attendais un peu. En regardant tout ce qui se disait dans les médias, la situation ne jouait pas en ma faveur. Et souvent les coaches cèdent sous la pression médiatique. Et c'est ce qui s'est passé. CHADLI : Non, chacun a le droit d'avoir son avis. Je connais un peu comment ça marche. Les médias peuvent t'amener très haut comme te casser très peu de temps après. Avec la non-sélection, j'ai compris comment ça marchait. Les sélections sont faites sous la pression. CHADLI :C'est sûr et certain. On est tous humains et même si on pense faire ses propres choix, on est inconsciemment influencé par ce qui se dit à la télévision ou ce qui s'écrit dans la presse. Ça arrive dans la vie de tous les jours : on est toujours en quelque sorte influencé par notre environnement. Après, je dois reconnaître que je ne méritais pas à 100 % d'être dans la sélection car je ne jouais plus beaucoup à Tottenham. Je ne lui en veux donc pas pour ça... CHADLI :Pour moi peut-être, pas pour les autres. Par contre, me sélectionner pendant 4 ans, et ne pas m'appeler pour m'annoncer la nouvelle, c'est un manque de respect. Je n'ai reçu ni coup de téléphone, ni message. CHADLI :Je suis rentré en Belgique quelques jours et puis je suis parti en vacances. Ça ne sert à rien de se morfondre. J'ai regardé les matches mais voilà... Et je suis resté en contact avec Axel, Dries, Radja, Jan ou Mousa pendant l'EURO. CHADLI : C'est difficile à dire car en quatre ans, on n'a pas perdu beaucoup de matches. Mais c'est vrai aussi qu'on n'avait pas encore battu de grandes équipes. Après, et même si l'équipe n'était pas prête, ce match face au Pays de Galles est un accident. CHADLI :Non car il y a vraiment beaucoup de qualités. Mais bon, si tu regardes la sélection espagnole, elle est incroyable. Au niveau individuel, on n'a pas la meilleure équipe au monde mais on doit être dans le top 5. Après c'est sur " papier " et c'est très différent de ce que l'on montre sur un terrain. CHADLI : Surtout la dynamique dans le groupe. J'aime aussi le système de jeu qu'il a mis en place avec les 3 arrière et les wing-backs. On crée bien plus d'occasions et en reconversion défensive, on sait ce qu'on doit faire. Tactiquement, on est beaucoup plus au point. CHADLI : Oui, même si avec le groupe dont on dispose, on doit tous avoir les notions tactiques suffisantes pour s'en sortir. CHADLI : C'est sûr que maintenant on sait individuellement ce qu'on doit faire. Et on le travaille énormément à l'entrainement. Ce qui est très différent du précédent coach. On travaille aussi beaucoup les phases arrêtées qu'elles soient défensives ou offensives. On se crée aussi beaucoup plus d'occasions grâce à notre animation alors qu'avant, on avait davantage besoin d'un coup d'éclat pour s'en sortir. Il y a plus de mouvements, les courses vers l'avant sont meilleures. CHADLI : Ça m'a aidé à devenir le joueur et l'homme que je suis. Quand tu traverses pas mal de galères, ça te forge une carapace. Ça te rend plus fort. Des revers dans la vie, tu en prends souvent, que ce soit au niveau professionnel ou privé. Mais le plus important, c'est de savoir les surmonter. CHADLI : Je ne me laissais pas faire. Quand j'avais quelque chose à dire, je le disais, ce qui ne plaisait apparemment pas à certaines personnes. Mais on s'assagit avec l'âge. CHADLI : Le décès de mon père (en janvier 2015, ndlr). C'est bien au-dessus de tout. CHADLI : On ne la surmonte pas, c'est le temps qui aide. Ça t'oblige à relativiser les autres événements de ta vie. Mais il faut aussi être capable de se remettre en question. Si tu te dis que ce n'est que du " football ", t'as un problème car le foot c'est mon métier et je dois le prendre très au sérieux. CHADLI : Oui, il m'a donné de bons produits dopants (il rit). J'avais une carcasse de poulet qu'il disait. J'avais pris de la taille vers mes 15 ans et j'étais très mince. A Maastricht, je pesais 71 kilos pour un mètre 86. Aujourd'hui, je pèse 87 kilos. A Apeldoorn, je faisais de la musculation trois fois par semaine, j'avais pris un abonnement à la salle et je m'y rendais tout seul. C'est important d'être imposant sur le terrain, même d'un point de vue mental. Si le joueur en face de toi est léger, tu te dis déjà que tu vas le manger. Il faut aussi s'adapter à son environnement. Aux Pays-Bas, le championnat est incomparable au niveau physique avec l'Angleterre. A tous les matches, tu prends des tampons, c'est normal ici. Tu regardes chaque joueur : Jan (Vertonghen), Toby (Alderweireld), Mousa (Dembélé), c'est du costaud. Même Eden (Hazard), il a beau être petit, vas-y pour le bouger. C'est quasiment impossible de t'en sortir en étant léger. CHADLI : Ça dépend aussi de comment tu travailles à la muscu. C'est évident que si tu bosses uniquement la masse, là tu peux devenir lent. Mais il suffit de regarder le physique des sprinteurs, ce sont des machines de guerre. CHADLI : Joker. PAR THOMAS BRICMONT, À LITTLE ASTON (ANGLETERRE) - PHOTOS BELGAIMAGE" Au niveau individuel, la Belgique n'a pas la meilleure équipe au monde mais elle doit être dans le top 5. " NACER CHADLI " Le décès de mon père ? On ne surmonte pas ce genre d'épreuve, c'est le temps qui t'aide. " NACER CHADLI " Me sélectionner pendant 4 ans, et ne pas m'appeler pour m'annoncer ma non-sélection pour l'EURO, c'est un manque de respect. " NACER CHADLI