Gand deuxième avec la meilleure attaque de D1, Club Bruges troisième et seule équipe invaincue. Rendez-vous dimanche au Jan Breydel pour un clasico des Flandres souvent agité. Et pour Trond Sollied (52 ans), retour dans un stade où il a bossé cinq ans. Le temps de gagner sept trophées.
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Gand deuxième avec la meilleure attaque de D1, Club Bruges troisième et seule équipe invaincue. Rendez-vous dimanche au Jan Breydel pour un clasico des Flandres souvent agité. Et pour Trond Sollied (52 ans), retour dans un stade où il a bossé cinq ans. Le temps de gagner sept trophées. Trond Sollied : J'aime bien bosser avec des gars qui ont de l'ambition et de la confiance en eux. Et c'est encore mieux quand ils font transpirer leurs certitudes sur les autres joueurs. Dans mon groupe, tout le monde sait qu'il y a plein de qualités. Ce serait une terrible erreur de se sentir... pire que les autres. Rien n'est impossible. Je ne pense pas que ce sera pour cette saison. Il faudrait que beaucoup de choses s'emboîtent bien pour que mon équipe joue le titre : peu de blessés, peu de suspendus et quelques brins de chance à certains moments. Comment ça ? Je suis resté cinq ans à Bodo Glimt, puis le même temps à Bruges. OK mais je suis toujours allé au bout de mes contrats. Ici et ailleurs. La première fois, j'étais même prêt à prolonger, après un an et demi de boulot. Mais la direction avait traîné, alors qu'à Bruges, ils n'avaient pas hésité. Sans ça, je pense que je serais resté encore une saison. Cette fois, j'ai signé pour deux ans et j'ai l'intention de les prester. (Catégorique). Certainement. Par rapport à mes deux premiers séjours, un truc a changé : le club n'est plus obligé de vendre pour survivre. Nous avons déjà battu le Standard. Et Anderlecht a eu besoin d'un penalty pour gagner 0-1. Sans le mériter. Bien sûr. Mais ça ne sert à rien de penser à des choses qu'on n'a pas. C'est une perte d'énergie. Et je le savais quand j'ai signé mon contrat. Un avantage ? Tu crois ? Quand tu joues en Coupe d'Europe, toute l'équipe apprend et tous les joueurs se bonifient. Stop, stop ! Si tu n'es pas capable de jouer deux matches par semaine, arrête tout de suite le foot. J'aimerais bien que ces clubs n'utilisent pas la fatigue comme excuse si ça ne marche pas pour eux en championnat. Si leurs joueurs sont déjà fatigués maintenant... (Il soupire). Je n'étais pas satisfait de nos résultats mais content de la façon dont mon équipe jouait. Et je le suis toujours. Nous n'aurions pas dû perdre une seule fois. Le Cercle a gagné chez nous mais ce n'était pas mérité. Idem pour Anderlecht. Et au Beerschot, nous aurions dû faire mieux qu'un nul. Mais bon, ce n'était sans doute pas plus mal de rater nos débuts parce qu'on attendait peut-être trop de grandes choses de mes joueurs. Je ne vois pas les choses comme ça. J'essaye toujours de créer des résultats via un certain style de jeu. Si tu joues bien, les résultats suivront. Toujours. En tout cas sur le long terme. Il y a des coaches qui décident subitement de moins bien jouer au foot, sous prétexte que leur équipe ne prend pas assez de points. C'est un raisonnement qui m'échappe. Il ne peut jamais y avoir de clash entre le style et les résultats. Regarde Barcelone, qui produit un jeu fantastique et gagne tous ses matches. Ça, je ne pourrais jamais le faire. J'espère que je ne me retrouverai jamais dans une situation où je déciderai de défendre pour être dangereux... Créer est plus difficile que détruire, mais je veux créer et avoir du succès dans des missions difficiles. C'est important que les joueurs aient l'impression de bien faire leur boulot, que les gens apprécient de nous voir, qu'il y ait un style reconnaissable. Je le laisse parfois tomber, mais c'est seulement en cours de match et pour des périodes assez courtes. Ma base, c'est le 4-3-3 et ça ne changera jamais. Je ne me vois pas travailler à chaque entraînement sur un 4-4-2, par exemple. 6-1. Je n'ai pas eu raison de dire qu'Anderlecht était venu jouer au tennis chez nous ? Ils marquent très tôt, puis Silvio Proto commence à casser tout le jeu et ça dure jusqu'au bout. Il a détruit bien plus le football de son équipe que le nôtre. C'est nécessaire de faire ça quand on s'appelle Anderlecht ? Si mon gardien avait fait la même chose, je l'aurais directement sorti. Allez... Le rond central n'est pas sa place. Tu trouves normal qu'il expédie tous les ballons directement vers l'autre but ? Oui, c'était vraiment du tennis, et les gardiens étaient les deux joueurs. Tous les autres formaient un gros filet, la balle passait continuellement au-dessus d'eux. Défensivement, Proto a été bon. Mais pour le reste... J'accepte qu'un gardien aille jusqu'au camp adverse pendant les arrêts de jeu, mais pas pendant 80 minutes. Je n'en sais rien. It's not my business. Tout ce que je peux dire, c'est que des spectacles pareils ne sont pas bons pour le football. Et Anderlecht avait déjà fait la même chose à Lokeren. Donc, ce n'était même pas un one shot. (Il coupe)... J'étais très calme et je suis un très bon perdant. S'il y en a bien un qui sait relativiser... J'avais mes certitudes après ce match. Nous avions joué une bonne deuxième mi-temps, nous avions secoué Anderlecht, pris des risques et forcé plusieurs occasions. Il n'avait manqué que des buts. Ce n'est vraiment pas mon style de détruire l'adversaire quand mon équipe a perdu. Je ne gaspille pas mon énergie là-dedans. Mais si on me demande mon avis, c'est normal que je le donne, non ? Finalement, tu produis sans doute le jeu que la qualité de tes joueurs te permet de produire... Mais moi, quand j'entends le nom Anderlecht, je pense à du champagne, à un beau jeu de passes, à un football dominant. Chez nous, Silvio Proto et Roland Juhasz ont été les meilleurs Anderlechtois : ça dit tout. Contre nous, je ne les ai pas vus. Contre Genk non plus, d'ailleurs. Si tu veux aller au cirque, tu vas au cirque... Il existe plusieurs conceptions. Dire que le jeu d'une équipe est bon parce qu'il est efficace ? Je ne suis pas nécessairement d'accord. Si elle gagne 1-0, elle a été la meilleure au niveau du résultat, mais il est possible aussi que l'adversaire n'ait pas eu beaucoup de chance. Surtout parce que je fais en sorte que toute l'équipe attaque. Il n'est pas venu me voir. Je ne demande pas aux joueurs remplacés d'être heureux. Je l'ai fait sortir parce que j'estimais que c'était nécessaire. C'est mon job, pas le sien. Son boulot, c'est d'être le meilleur possible, avec les autres. J'ai trois gars intelligents dans l'entrejeu : Thijs, Tim Smolders et Jesper Jorgensen. Ils sont le coeur de mon équipe. C'est surtout important de placer les meilleurs dans l'axe. Si tu n'as pas des joueurs sensés à ces places-là, tu ne gagnes peut-être jamais un match. Il ne devait pas s'en aller, il y avait seulement un problème parce qu'il ne lui restait qu'un an de contrat. Il négocie avec la direction pour prolonger. Je n'ai jamais voulu m'en débarrasser. Tu sais qui l'avait lancé à Bruges, dans le temps ? Moi, hein ! Contre qui ? Le FC Barcelone... Ça voulait peut-être dire que je lui trouvais quelque chose... Là-dedans, il y a quatre penalties. C'est toi qui le dis. Pour moi, un seul était justifié : contre Anderlecht. Cela peut avoir une influence, c'est certain. J'essaye de ne pas trop penser à l'arbitrage, je voudrais seulement qu'il soit fair-play. Et que le jour où un arbitre n'est pas en forme, qu'il soit en méforme pour les deux équipes. Dans ce cas-là, je n'ai aucun problème. Yeah...Non parce que les styles de jeu de Gand et du Lierse, par exemple, sont complètement différents. Et j'ai aussi eu la malchance de devoir chambouler continuellement ma ligne arrière, à cause de blessures et de suspensions. Toute mon équipe, d'ailleurs : nous avons déjà utilisé 23 joueurs, c'est énorme. Ce sont deux gros matches, pour le reste... On est encore tellement tôt dans la saison. Dans les play-offs, on pourra parler de clashes, mais en ce moment, il n'y a pas vraiment de rendez-vous plus importants que les autres. Absolument pas. Tu veux savoir quand je commencerai à penser à Bruges ? Vendredi, deux jours avant le match. Pour le moment, ce sont les supporters et la presse qui se focalisent là-dessus. Moi, je n'ai pas le temps. Toute mon énergie va dans le travail avec mon équipe, je ne la consacre absolument pas à l'adversaire. Vendredi, j'aborderai le Club avec mes joueurs. Et ça durera deux minutes. Maximum. (Il réfléchit). Hollandais. Non, pas directement. Demande à Koster. Oui, mais sur des sujets pareils, je le garde pour moi... Je peux être très bavard sur certaines choses. Mais beaucoup moins sur d'autres. Il lui faudra du temps pour revenir tout au sommet. Mais le Standard restera toujours un club du top. Je ne suis pas obligé de dire avec qui je parle... Je ne fais pas de commentaires. Je dis simplement que je ne commente pas ce sujet-là... Je peux enseigner plein de choses : le sport, l'économie et l'histoire. J'ai tous les diplômes. De là à dire que mes études en éducation physique m'ont permis de devenir l'entraîneur que je suis... A cette université du sport, j'ai surtout appris au contact des autres étudiants. J'étais avec des champions du monde et des champions olympiques de disciplines variées : ski de fond, kayak, etc. Il y avait peu de joueurs de foot. J'ai été le premier footballeur à avoir fait carrière en D1 et en équipe nationale après être sorti de cette école. Il y en a plusieurs. Je suis le handball et le hockey sur glace, deux disciplines où on maîtrise l'art du passing, où on apprend à arriver très vite près du but adverse. Et dans les matches de basket, j'étudie la façon de créer des espaces. PAR PIERRE DANVOYE - PHOTOS: IMAGEGLOBE " J'espère que je ne me retrouverai jamais dans une situation où je déciderai de défendre pour être dangereux... "