Déjà rassasié par le titre d'Anderlecht qu'il n'attendait pas, Philippe Collin, le président de la Commission technique (un titre pompeux derrière lequel se cache le vrai patron sportif de la Fédération), est un homme comblé, qui profite de l'engouement pour cette génération des Diables Rouges avec l'appétit de celui qui a longtemps dû se contenter de pain rassis. Il vivra toute l'aventure au sein même du groupe des Diables Rouges, à Mogi das Cruzes dans la lointaine banlieue de Sao Paulo, que tout le monde a rallié hier. Avant le début du tournoi, il nous a accordé un entretien dans lequel il nous parle finances, projet et espoir.
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Déjà rassasié par le titre d'Anderlecht qu'il n'attendait pas, Philippe Collin, le président de la Commission technique (un titre pompeux derrière lequel se cache le vrai patron sportif de la Fédération), est un homme comblé, qui profite de l'engouement pour cette génération des Diables Rouges avec l'appétit de celui qui a longtemps dû se contenter de pain rassis. Il vivra toute l'aventure au sein même du groupe des Diables Rouges, à Mogi das Cruzes dans la lointaine banlieue de Sao Paulo, que tout le monde a rallié hier. Avant le début du tournoi, il nous a accordé un entretien dans lequel il nous parle finances, projet et espoir. Sain. Et pourtant ils ont pris une envergure sur le plan international, football et financier. Ils ont des salaires qu'on n'a jamais vus en équipe nationale. Ils peuvent se permettre des avions privés. Mais nonobstant ce paquet d'argent qu'ils touchent, ils sont restés humbles, polis. Tout le monde vient dire bonjour. Il y a du respect, aucune suffisance. Et s'ils sortent des clous, ils sont directement remis à l'ordre par les anciens. Marc va tellement loin dans le détail et est tellement à l'écoute de son groupe que les joueurs n'ont plus aucun desiderata. J'ai le sentiment que je n'aurai jamais un gros trouble à gérer avec ce groupe. Du moins, pas pour l'instant. Dans deux ou trois ans, quand il faudra commencer à gérer les fins de carrière, ce sera peut-être autre chose. A part la poisse, non. Des blessés, un mauvais jour, un mauvais arbitre et tout peut aller dans le mauvais sens. Positivement, oui. Sur le plan sportif, un Lukaku, tu le vois progresser à vue d'oeil. En trois ans, Benteke a beaucoup progressé. Entre le Benteke de Courtrai et celui d'Aston Villa, cela n'a rien à voir. Vincent ! Et Van Buyten, quel professionnel ! Il connaît ses possibilités, son âge et lit le jeu. Il calme certains joueurs à certains moments et les jeunes l'écoutent. Il a beaucoup de poids sur ceux-ci. Quand tu as des anciens qui ne sont pas des exemples, tu commences à avoir des problèmes. Ce n'est pas le cas chez nous. Un pronostic sera toujours critiqué. Si on est éliminé en phase de groupes, c'est qu'il y aura eu des circonstances terriblement négatives et je ne crois donc pas qu'il faudra revoir certaines choses. Mais je sais aussi que si on est éliminé précocement, on sera mis sous tension. Pour le moment, le nombre d'affiliés n'a pas encore augmenté mais cela ne peut que se produire à un moment donné. Regardez ce qui s'est passé dans le tennis suite au succès de Justine Henin et Kim Clijsters. Les locomotives font rêver : les enfants mais également les plus démunis car c'est un milieu très bien payé. C'est un risque s'il s'agit d'un nouvel entraîneur. Mais pas avec Wilmots. C'est un homme qui a un projet et qui va s'investir au-delà des Diables Rouges. C'est pour cette raison qu'il voulait un contrat de quatre ans. Ce raisonnement tient davantage la route dans les clubs où il y a un phénomène de saturation lié au fait que les entraîneurs sont en contact avec les joueurs tous les jours. Je ne nie pas qu'il peut y avoir un risque mais c'est le choix que nous avons fait. C'est clair. Mais je n'ai aucun souci face à cela. Le jour où je serai fort critiqué, je devrai céder ma place. Ça ne m'ennuie pas : c'est une passion mais ça a des limites. Pour le moment, cette passion est envahissante dans ma vie. Je suis un pensionné qui travaille plus qu'un homme normal. Je ne suis pas en équilibre vis-à-vis de ma famille. Mais tant que ça marche... Je le voulais et je n'y suis pas allé par quatre chemins. Avec Marc, il faut être direct. Il a d'abord réfléchi à notre proposition, nous a dit qu'il était prêt à continuer et négocier. On a d'abord évoqué le sportif, le technique puis la durée et le montant. Il y a eu beaucoup moins de problèmes sur le plan juridique qu'en 2012 puisqu'il y avait déjà un contrat existant. C'est toujours une discussion. Et on a trouvé un consensus. Je ne parle pas du salaire. Je ne communiquerai pas là-dessus. C'est un entraîneur excessivement bien payé comparativement aux sélectionneurs des pays comparables au nôtre. Mais cela reste bien éloigné des salaires offerts par les clubs, croyez-moi. Or, un entraîneur n'est pas que sur le marché des équipes nationales, il est aussi sur celui des clubs... Le contrat de Marc n'est pas si important si on compare avec ce que demandaient les poids lourds qui avaient postulé il y a deux ans. Ceux-ci étaient tout simplement impayables. La possibilité existait. Je ne sais toujours pas si des clubs l'ont contacté ou pas. Je ne sais pas comment cela fonctionnait sous Robert Waseige ou Guy Thys. Je n'ai connu que René Vandereycken, Dick Advocaat, Georges Leekens et Marc Wilmots. Oui, Advocaat en avait moins. C'était un étranger. Marc est belge, veut s'implanter plus dans le fonctionnement et je trouve que c'est une très bonne chose. Non, je ne voulais pas l'activer. On pense toujours un petit peu à toute éventualité mais je ne voulais pas prendre de contact. Tout le monde pense qu'on est riche aujourd'hui. Mais il y a des limites que je ne pouvais pas accepter. Les négociations ont duré de quatre à six mois, en grande partie parce que les joueurs évoluent à l'étranger et qu'ils devaient faire lire le contrat de 50 pages par leurs agents. Ils ne sont pas idiots. Ils voient que le stade est plein et ils ne veulent pas que cela ne profite qu'à nous (Il sourit). Les primes sont plus lourdes à supporter, à cause notamment de l'intéressement sur la vente du merchandising (NDLR : le droit à l'image). Mais cela rend les joueurs beaucoup plus ouverts aux demandes commerciales car ils savent que cela va rapporter. Et à côté, ils ont des primes plus classiques (de matches, de matches amicaux, de qualification, etc). Je n'ai rien entendu à ce sujet. Je pense qu'il s'agit d'une bonne chose pour serrer les liens. Tu participes pour que ton capitaine réussisse dans sa société. Si ce n'était pas la société de Vincent, la réalisation serait allée à une autre société extérieure. Parce que tu fais partie du groupe, tu ne peux pas toucher ? Mais quelqu'un d'extérieur lui pourrait toucher ? C'est toujours le même argent ! Dans un cas, personne n'a rien ; dans l'autre, cela profite à quelqu'un du groupe. Est-on jaloux à ce point-là ? Moi, je ne vois pas de conflit d'intérêt. C'est vrai que pour le moment, tu vois du Diable partout. Tu manges, tu bois Diable. Pour le reste, cela ne relève pas de mes compétences. Il faut poser la question au service communication et à Steven Martens. Cependant, il ne faut pas dire qu'on invente l'engouement : lors du défi sur les dessins d'enfants, on en a reçu 13.000 ! De 7 % de taxes sur les clubs, on passe à 5,65 %. Ça, on ne compte pas. Si on était resté à 7 %, on aurait 15 à 20 millions de plus. On a augmenté les recettes de 14 millions ! Mais les dépenses ont aussi évolué. On a renouvelé la communication, les feuilles d'arbitre, on a engagé. On a donc fortement investi dans l'optique de notre plan de cinq ans. Personne n'a jamais rien dit mais maintenant que l'argent rentre, on estime que ce n'est pas assez. Il y a un comité de rémunération, régi par cinq personnes, qui décide des bonus. Le Comité exécutif a donné les pouvoirs au comité de rémunération de décider des bonus ou pas en fonction des résultats. On a un bas de laine de 15 millions ! On va investir 5 millions dans le centre d'entraînement de Tubize. Il nous en restera donc encore 10. Sans oublier que nous sommes dans une spirale positive.PAR STÉPHANE VANDE VELDE" Je ne vois pas où est le conflit d'intérêt dans le fait que ce soit la société de Kompany qui ait produit Les Diables au coeur. " " Je n'aurai aucun souci avec cette génération. Mais dans quelques années, quand il faudra commencer à gérer l'une ou l'autre fin de carrière, ce sera peut-être autre chose. "