Kris Van de Putte et Jimmy Schmidt avant-hier. Cédric Berthelin hier. Ivan Willockx aujourd'hui. Si on lui avait demandé de composer une chanson parlant des gardiens de Mons, Jacques Brel aurait écrit : Au suivant !
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Kris Van de Putte et Jimmy Schmidt avant-hier. Cédric Berthelin hier. Ivan Willockx aujourd'hui. Si on lui avait demandé de composer une chanson parlant des gardiens de Mons, Jacques Brel aurait écrit : Au suivant !Actuellement, c'est donc l'ancien pilier du Club Malinois (il y a passé 12 ans) qui défend les perches. On lui avait fait comprendre en début de saison qu'il pouvait se trouver une nouvelle équipe, mais il a remis sa salopette de dépanneur suite à la blessure à l'épaule de Berthelin. Willockx (29 ans) affronte le questionnaire vache ! Ivan Willockx : Ça ne va pas, évidemment. Il ne reste que huit matches et Mons est dernier. Pour le moment, je ne suis pratiquement sûr que d'une chose : la décision ne tombera pas avant la dernière journée, tellement c'est serré. Si on regarde le classement, St-Trond et Mouscron sont moins mal barrés que Mons, le Brussels et Ostende. Et Ostende est moins contrarié que le Brussels et Mons car cette équipe est dans une spirale positive. Reste à voir si cette belle série peut continuer. On n'achète pas une équipe, c'est ça le foot. Si c'était le cas, les plus riches seraient continuellement tout en haut du classement et les moins nantis joueraient toujours la descente. Jos Daerden a évalué le noyau et estimé qu'il fallait des renforts. Quand on n'a que six points à la trêve, c'est logique de faire venir du sang neuf. Bonne question. Notre niveau de jeu n'a pas varié par rapport à la reprise : Mons n'est pas mauvais. La seule différence, ce sont les résultats. A part contre Genk, nous aurions pu revendiquer la victoire dans tous nos matches. Mais nous avons eu pas mal de malchance depuis quelques semaines et nous avons aussi dû jouer deux rencontres presque complètes à 10. C'est dur d'avoir un homme en moins quand on a déjà le couteau sur la gorge à cause du classement. Il y avait une tension terrible dans cette rencontre et il a perdu ses moyens. Cette claque à un adversaire n'était pas préméditée, c'était une réaction inconsciente. Quand l'arbitre lui a montré la carte rouge, il n'a même pas compris ce qui se passait. Il y a eu plusieurs clés dans cette rencontre. La première, ce fut la maladresse d'Aliyu Datti sur deux belles balles de break, à 0-1. La seconde, l'égalisation du Brussels, un but qui n'aurait jamais dû être accordé car je maintiens que j'ai été bousculé par Igor De Camargo. Dès ce moment-là, nous avons complètement perdu le fil de nos idées. Attendez... De Camargo me met un coup de coude au visage. Vous pouvez encore faire 150 kg, si on vous donne un coup pareil en pleine face, vous vous écroulerez. Sûr. J'ai vu des ralentis, ça apparaît clairement. Un juge de ligne ose rarement prendre une décision sur une phase aussi importante. Je trouve qu'ils sont beaucoup trop frileux. Ils ont sans doute peur de signaler une faute mais d'être désavoués par l'arbitre. Ils y perdraient tous les deux leur crédibilité et ils estiment peut-être qu'ils n'ont pas besoin de cela. C'était une réaction de dépit, de déception profonde. Ce match était tellement important pour Mons. De toute façon, j'étais d'accord avec son analyse : l'arbitre avait été mauvais. Ces propos-là, je lui en laisse la paternité et la responsabilité. Je n'irais pas aussi loin. Je continue à espérer que le foot belge n'est pas pourri comme le foot allemand. C'est tout à fait vrai. Et cela ne concerne pas uniquement nos gardiens. Mais bon, chaque entraîneur fait ses choix. Jos Daerden estimait qu'il lui fallait un nouveau portier et on lui a offert Berthelin. Je ne pouvais pas sauter de joie. Daerden a été clair dès le début, il m'a dit qu'il allait transférer un numéro 1 parce qu'il n'avait que des numéros 2 ! J'étais conscient qu'il ne faisait pas venir un Berthelin en plein championnat pour le mettre sur le banc. Quand une nouvelle concurrence débarque dans un noyau, il y a toujours des victimes. Il faut alors avoir la force de ne pas se comporter en victime consentante. Non, mais ça ne changeait rien à mon problème. Je me suis contenté de répondre à Jos Daerden que j'allais me défoncer pour lui compliquer la vie. Ce n'est pas à moi de juger. S'il est meilleur que moi, ce n'est en tout cas pas de beaucoup. Nous avons plus ou moins le même âge et plus ou moins les mêmes qualités. Je ne vais pas mentir : oui, j'ai été content. J'obtenais enfin une nouvelle chance de me montrer. Revenir dans l'équipe grâce à la blessure de son concurrent n'a peut-être pas la même saveur qu'un retour sur des critères purement sportifs, mais c'est comme ça. Les pépins physiques font partie du jeu et un gardien sait qu'il pratique un sport individuel à l'intérieur d'un sport collectif. Nous occupons un poste spécial, alors on nous traite d'une façon spéciale. Il a sûrement un grand mérite par rapport aux gardiens : il nous implique dans les discussions devant le tableau. La plupart des entraîneurs n'y collent que dix aimants quand ils parlent tactique : les dix joueurs de champ. Comme si le gardien n'existait pas ou allait jouer un autre match. Avec Daerden, il y a onze pions et c'est important pour la confiance d'un gardien. Je trouve qu'on grossit beaucoup trop les erreurs des gardiens. Je ne me suis troué qu'une seule fois cette saison : à Westerlo. J'ai bêtement laissé glisser un ballon et ça nous a fait perdre le match. Certainement pas. J'étais meilleur à Malines. Mais comment voulez-vous jouer une toute grande saison quand on vous donne aussi peu l'occasion de montrer ce que vous avez vraiment dans le ventre ? Je n'ai vraiment pas honte de cette saison-là. Ce fut même la meilleure de ma carrière ! Gunther Jacob avait fait le pari d'un foot hyper offensif. Malines jouait en 4-3-3 mais il ne restait bien souvent que deux défenseurs derrière. Nous pratiquions le même football contre Anderlecht que contre St-Trond. Nous avons pris des raclées mémorables mais terminé à la 11e place. Après 10 matches, nous étions même dans le Top 5 alors que nous arrivions de D2. Nos supporters étaient aux anges parce qu'ils voyaient toujours plein de goals. Et moi, j'ai été élu meilleur gardien du championnat, avec Frédéric Herpoel, par La Dernière Heure. Pourquoi devrais-je donc garder un sale souvenir de cette année-là ? Aujourd'hui, le Cercle fait un peu le même choix que le Malines de l'époque : cette équipe a déjà pris une soixantaine de buts mais elle est sauvée à la fin mars. Toutes ces langues différentes, ce n'est effectivement pas une bonne chose. Pour le moment, on en parle plusieurs sur le terrain et c'est parfois déstabilisant. Il arrive qu'un francophone s'adresse en anglais à un autre francophone, dans le feu de l'action, parce qu'il n'a pas eu le temps de voir à qui il parlait. Il faudrait fixer une langue véhiculaire, une fois pour toutes. Cela devrait alors être l'anglais car nos Argentins ne comprennent rien en français. Mais pour en revenir au but que je prends contre Genk, ce n'était pas un problème de communication. A partir du moment où je ne crie rien, Milas doit savoir que je ne vais pas prendre le ballon et il doit le dégager au lieu d'attendre qu'un adversaire arrive dans son dos et marque. En attendant, tout le monde a dit que Nenad Stojanovic avait été l'homme du match, avec son but et son assist, alors que j'avais pratiquement tout sorti avant ces deux phases. Cela prouve encore toute l'ingratitude du rôle de gardien : nous sommes jugés en fonction d'un tas de paramètres extérieurs, dont le score final. Vous avez raison mais c'est typique du foot moderne. Vous êtes le roi aujourd'hui mais vous serez peut-être un moins que rien demain. Ce n'est pas humain mais c'est une analyse très réaliste de ce monde. Il faut nuancer. Charleroi n'a jamais joué avec le stress du maintien : ça aide. Quand on n'a pas la confiance, on encaisse logiquement beaucoup plus. S'ils peuvent signer à Anderlecht ou au Standard, tant mieux pour eux ! Je les féliciterai. Vous avez raison. Quand on voit le nombre de joueurs qu'il a fallu faire venir en été puis en hiver, on peut difficilement dire que ce fut une réussite sur toute la ligne. On n'a pas compté les soi-disant renforts qui n'ont rien apporté du tout. Il n'y a peut-être pas une différence énorme en termes de points, mais c'est beaucoup plus agréable de travailler avec Daerden et, au moins, nos supporters voient aujourd'hui un beau football. Je suis certain d'une chose : si Brio était resté, nous serions aussi derniers mais avec encore moins de points. Ici, tout le monde continue à y croire. Et ce n'est peut-être pas plus mal d'affronter maintenant des équipes de la première moitié du classement parce que nous nous débrouillons mieux contre les adversaires qui jouent au foot que contre ceux qui bétonnent. Nous en avons eu à ce moment-là mais elle nous a quittés entre-temps. Non, ce serait exagéré. Personne ne bascule en D2 de façon illogique. Et personne ne se maintient sans le mériter. Si l'échec est au bout du chemin, il faudra chercher les explications à Mons et nulle part ailleurs. Pierre Danvoye" On serait aussi DERNIERS SI BRIO ÉTAIT RESTÉ "