Les quatre équipes qualifiées pour le dernier carré étaient, à la surprise générale, toutes d'Europe. On notera surtout l'absence du Brésil et de l'Argentine en demi-finales que beaucoup d'observateurs (moi le premier en ce qui concerne les Brésiliens) citaient parmi les grands favoris. Même si le niveau général de cette 18e Coupe du Monde est quelque peu décevant, les affiches des quarts de finale étaient très alléchantes. Le manque de surprise par rapport à 2002, où quelques petites nations s'étaient immiscées dans le Top 8, enlève à cette compétition cette fraîcheur que des pays comme le Sénégal, la Corée et la Turquie nous avaient apportée il y a quatre ans.
...

Les quatre équipes qualifiées pour le dernier carré étaient, à la surprise générale, toutes d'Europe. On notera surtout l'absence du Brésil et de l'Argentine en demi-finales que beaucoup d'observateurs (moi le premier en ce qui concerne les Brésiliens) citaient parmi les grands favoris. Même si le niveau général de cette 18e Coupe du Monde est quelque peu décevant, les affiches des quarts de finale étaient très alléchantes. Le manque de surprise par rapport à 2002, où quelques petites nations s'étaient immiscées dans le Top 8, enlève à cette compétition cette fraîcheur que des pays comme le Sénégal, la Corée et la Turquie nous avaient apportée il y a quatre ans. Les trois premiers quarts de finale m'ont un peu laissés sur ma faim et parmi ces six équipes, seule l'Italie a bien maîtrisé son sujet en écartant l'Ukraine. Les deux autres matches se sont joués aux tirs au but et tactiquement ils n'ont pas apporté d'enseignements vraiment intéressants. C'est pour cette raison que j'ai décidé d'analyser France-Brésil, qui était pour moi la plus belle affiche, avec l'opposition des deux derniers champions du monde. D'un côté, le Brésil souverain depuis le début de la compétition sans pour autant être irrésistible, de l'autre, la France qui, depuis son match contre l'Espagne, a retrouvé son niveau de jeu et surtout la confiance. Le sélectionneur a bien évidemment reconduit le 11 de base du match contre l'Espagne. Ce 4-5-1 est le système qui apporte le plus d'équilibre à cette équipe de France. En perte de balle, le positionnement des Français était impressionnant : espaces extrêmement réduits, pressing sur le porteur du ballon, coulissement latéral parfait et surtout les Brésiliens pris dans une sorte de tenaille avec toujours deux voire trois joueurs très proches du ballon. En possession de balle, de la présence en zone offensive avec beaucoup de profondeurs des joueurs de couloir, Frank Ribéry et Florent Malouda, une grande faculté pour Patrick Vieira de s'intégrer en venant de deuxième ligne, un Thierry Henry buteur décisif, et cerise sur le gâteau un Zinédine Zidane qui a marqué toute la rencontre de son génie. Tout le registre était présent : gestes techniques de haut vol, emprise sur le jeu, travail défensif, leader dans le comportement et dans la parole, et last but not least, passeur décisif. Tout simplement une prestation exceptionnelle ! Le coach a modifié son 4-4-2 traditionnel pour s'appuyer sur un 4-5-1 beaucoup plus défensif, ce qui veut certainement dire qu'il craignait particulièrement l'équipe de France. Le Brésil, excepté contre le Japon où les menacés de suspension avaient été ménagés, avait toujours commencé avec les numéros 1 à 11. Cette fois, Adriano a été sacrifié pour Juninho sur l'autel du réalisme. Ce choix aurait pu être aussi offensif si l'animation avait montré un visage porté vers l'avant. Or, que constate-t-on ? Juninho, Gilberto Silva et Ze Roberto ne se sont quasiment jamais présentés aux abords du rectangle, Ronaldo était trop isolé, et enfin Kaka et Ronaldinho ont été pris dans l'étau des Français. En perte de balle, la distance entre les lignes était plus importante que du côté français, ce qui a permis aux Coqs d'avoir une maîtrise du jeu plus importante. Quant à la légendaire faiblesse des Brésiliens sur phases arrêtées, elle s'est encore une fois vérifiée sur le seul but du match, où sur le coup franc de Zizou, le Brésil se retrouve à 3 contre 5 et laissant le buteur d'Arsenal complètement libre au second montant ! Ne parlons même pas des corners où le Brésil, dans ses quatre premiers matches avait choisi, comme en 2002, de ne placer personne aux poteaux, alors que contre la France, Roberto Carlos se positionnait au premier. Mais cela ressemblait plus à de l'improvisation de sa part qu'à une consigne de son coach. De plus, il se plaçait un bon mètre devant le cadre, comme en 1998, où il avait déjà connu une mauvaise expérience avec les deux buts de Zizou marqués au ras de son piquet ! La France devra vivre en demi-finales dans la peau du favori et si ce soir les joueurs reproduisent leur prestation du Brésil, on devrait retrouver la France en finale le 9 juillet.étienne delangre