"Je me sens à la maison dans cet établissement tenu par l'épouse d'un ancien joueur du Standard: Ljubomir Radanovic", affirme Ivica Dragutinovic.
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"Je me sens à la maison dans cet établissement tenu par l'épouse d'un ancien joueur du Standard: Ljubomir Radanovic", affirme Ivica Dragutinovic. Une salade craquante et pleine de soleil, de l'eau plate: le gaillard se soigne aux petits oignons. Ses mots ont du poids...Ivica Dragutinovic: Les résultats dictent bien sûr la vie d'un club. Quand il y a une bonne récolte de points, on ne pose pas de questions. Au Lierse, le succès était à notre portée car le Standard a obtenu beaucoup d'occasions de but. Au lieu de vivre le match à l'aise, nous avons finalement été menés à la marque. Le ton a changé et nous avons galopé derrière les événements pour égaliser par Michaël Goossens. Pour y arriver, notre pressing haut est devenu de la précipitation. Le coach ne nous a jamais demandé de ne pas poser le jeu. Le thème de réflexion demeure donc le même: le Standard est solide contre les gros cubes et friable face aux équipes qui doivent être à sa portée. Le problème ne réside pas du tout dans un système tactique qui a fait ses preuves, mais dans la fragilité du mental des joueurs. Quand on dévore Genk, qui est tout de même ce qui se fait de mieux pour le moment en Belgique, on ne peut pas perdre des combats un peu plus aisés. Ce débat aurait dû être clôturé une fois pour toutes au Lierse. Au lieu de ça, on va forcément en reparler avant la grande affiche de vendredi contre Bruges.Je suis un battant, je veux tout gagner alors quand on laisse des miettes sur la table, j'ai faim. Je veux plus, beaucoup plus. Et cela me rend malade de ne pas être dans le coup pour la Ligue des Champions alors que nous avons probablement le meilleur groupe de D1."Je regrette le choix de Preud'homme"C'est un choix personnel. Il faut le respecter mais je le regrette un peu. Je suis totalement persuadé que Michel Preud'homme était au début d'une grande carrière d'entraîneur. Il a dessiné un système tactique nouveau pour la Belgique qui est plus que probablement la synthèse de sa carrière et de tendances qu'il a vues sur la scène internationale. Quand cela tourne, le Standard est un rouleau compresseur.Cela exige une grosse dépense physique et un mental d'acier car personne n'ose presser aussi haut que nous. Tout a été mis en place et le système a donné de bons résultats jusqu'à la fin décembre. Or, ce n'était pas évident. Michel Preud'homme avait misé, en gros, sur le 4-4-2 la saison passée alors que nous sommes passés au 4-3-3 avec plus de vitesse dans le jeu. Tout était au point en décembre. La tête, elle, n'a pas suivi...Les relations entre la direction et les joueurs ou entre le club et la presse, par exemple, m'ont semblé tendues par des résultats en dents de scie. Mais je n'y vois pas de raisons pour expliquer un éventuel "manque d'envie" du groupe. On joue tous dans un grand club et, moi, cela suffit pour me motiver. Je n'ai pas du tout besoin d'être mis dans l'ouate pour en vouloir. Je joue pour la gagne, pour ma carrière aussi.Je suis au Standard pour remporter des titres et jouer en Coupe d'Europe. Cela suffi à me motiver mais c'est encore plus facile quand on vit dans une grande famille. C'était le cas à Gand où nous nous mettions les uns au service des autres car on se connaissait. La vie n'est pas assez intense dans le vestiaire après un entraînement ici. Chacun part très vite de son côté et rentre à la maison. Je ne dis pas qu'il faut rigoler tous les jours en vidant une bouteille de whisky mais...Non, mais une tasse de café et un peu de temps, ça suffit. Je veux connaître tout le monde. C'est cela aussi le foot et même si c'est simpliste et un zeste amateur, c'est toujours payant. Un groupe qui gagne, c'est un groupe de potes. Des potes, ils ont des soucis, des joies et des problèmes. Un footballeur professionnel est un peu plus sensible que d'autres à l'incertitude, à ce qui l'attend dans un proche avenir.Le vestiaire doit être un cocon, une famille où il peut, quand c'est nécessaire, trouver solution et réconfort. Et quand la presse sait tout de suite ce qui se passe entre nous, ça ne va pas. Si je suis encore capitaine la saison prochaine, il y a des choses qui changeront: il le faut. J'ai des idées et j'en parlerai à Michel Preud'homme. Il est assez inimaginable qu'on ait pu y dérober des portables, des vêtements. Cela n'arrive plus mais c'était perturbant. Je ne reviens pas sur l'affaire des kilos: s'il y a des reproches de ce genre, ils doivent rester entre nous."Les supporters, c'est le Standard"Oui. Le public de ce club est fabuleux. Il est nécessaire de lui prouver notre estime. Cela peut se faire via la remise d'un maillot. C'est un cadeau, cela ne coûte pas cher mais ça représente tant pour eux dont le coeur ne bat que pour leur club. Ils sont le Standard et quand on leur donne un maillot, je ne vois pas pourquoi on nous le reproche. 3.000 francs, c'est quand même pas la mer à boire pour un grand club.Ce sera un directeur sportif attentif à tout. Avec lui, il y aura aussi de la continuité sur le plan tactique. On a une base, un acquis. Important car tout sera mis sur des roulettes avant le début de la saison. Anderlecht avait modifié tout le visage de son équipe cette saison. Nous aussi, beaucoup de joueurs sont partis: Runje, Van Buyten, Yobo, Prosinecki...Ils ont éte bien remplacés par des éléments de qualité. Tout était nouveau à la fin du compte: le système, certains joueurs. Même le coach était encore jeune. On a cité beaucoup de détails. Ils sont importants mais ça n'explique pas tout. On n'avait peut-être pas toujours le profil mental indiqué. L'entraîneur est le responsable pour le système tactique. Cela a souvent marché. Le capitaine doit animer, dans les limites de son rôle, l'atmosphère, les ambitions de tous. Quand quelqu'un ne répond pas à l'attente, je le lui dis car il le faut quand on est ambitieux.Moi, je suis payé pour faire mon boulot. C'est ce qui compte et il faut prendre ses responsabilités. Didier Ernst a été un joueur important et un bon capitaine.Ecoutez, j'apprécie Didier mais le débat ne se pose pas de la sorte. Un joueur professionnel connaît son milieu et il sait parfaitement qu'on ne passe plus toute sa carrière dans un seul et même club. En début de saison, Prosinecki est parti, Mornar s'est retrouvé dans le noyau B et joue ailleurs. Didier Ernst a choisi de vivre autre chose, et c'est son problème personnel. Je le dit avec beaucoup de respect pour sa carrière et l'homme qu'il est en plus du sportif. Mais c'est exact, cela crée des irritations dont on peut se passer. A mon avis, de tels problèmes devraient être réglés avant le début de la saison.Ce serait plus simple car à la longue, on parle dans le vestiaire des problèmes évoqués dans la presse. Vu le contexte, j'ai pris mes responsabilités quand Michel Preud'homme m'a proposé le brassard de capitaine. C'est un grand honneur, la preuve que je signifie quelque chose au Standard. Pour un joueur étranger, c'est doublement important. Je veux offrir mon ambition et ma rage au groupe. Quand je pense à tout ce qui nous est passé sous le nez, ça me rend fou. J'ai désormais une double mission: sur le terrain et loin de la pelouse. Tout va vite dans la vie et une carrière, cela file comme le vent. On n'a jamais le temps de... perdre du temps. Les autres sont là afin de vous piquer ce qui devrait vous appartenir.Un capitaine exigeantJe ne sais pas...Peut-être, je ne sais pas. Mika était blessé quand le problème se posa. Eric est au Standard depuis un an. C'est important mais le nom du capitaine ne prime pas. En ce qui me concerne, je suis et serai toujours capitaine difficile. Une saison comme celle qu'on a vécu, c'est trop alors deux, je vous dis pas. Je suis exigeant pour moi et je le serai pour tous, pour le bien de tous. Je n'ai pas peur parce que je suis d'abord un battant et un gagneur.Je suis payé pour jouer et le club choisira le coach qui lui convient. J'ai pris beaucoup de plaisir à jouer sous la direction de Trond Sollied. C'est un grand coach. Il soignait sans cesse le jeu de position de l'équipe à Gand. Le Norvégien continue sur sa lancée à Bruges. Mais il le sait aussi: le Standard adore les affiches. Je donne rendez-vous aux Brugeois vendredi à Sclessin... Pierre BilicDia 1"C'est un double honneur pour moi d'être le capitaine du Standard""Je n'ai pas peur car je suis d'abord un battant et un gagneur"