" Je suis arrivé à Marseille en tant que doublure de Steve Mandanda. J'avais un rôle de numéro deux, conclu avec l'entraîneur, Eric Gerets, qui s'était montré très honnête avec moi. Il m'avait bien dit - Quoi qu'il arrive, tu ne joueras jamais, sauf pour pallier une suspension ou une blessure. "
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" Je suis arrivé à Marseille en tant que doublure de Steve Mandanda. J'avais un rôle de numéro deux, conclu avec l'entraîneur, Eric Gerets, qui s'était montré très honnête avec moi. Il m'avait bien dit - Quoi qu'il arrive, tu ne joueras jamais, sauf pour pallier une suspension ou une blessure. " Même pas la Coupe de la Ligue ? Rudy Riou : Non. Gerets avait été très clair. C'est ce que je recherche dans le discours d'un coach. Pourquoi avoir signé à Marseille ? Je voulais connaître un grand club. C'était une opportunité de découvrir la Ligue des Champions. Pour moi, même comme remplaçant, cela signifiait que je passais un palier puisqu'à cette époque j'étais englué à Toulouse où je m'étais pris la tête avec les dirigeants. Quel est votre regard sur Gerets ?En France, on a pu se rendre compte du personnage. Il est resté 18 mois à Marseille et il n'y a jamais eu de coups bas avec lui. Tout était dit les yeux dans les yeux, de manière à ce qu'il n'y ait pas de quiproquos possibles. Il était très droit et quand il donnait sa parole, cela valait plus qu'un écrit. Il a su s'adapter à Marseille à une vitesse impressionnante et a su regrouper les foules derrière lui. Sur le terrain, il a apporté son état d'esprit. C'était un gagneur dans l'âme et même à l'entraînement, il ne supportait pas que quelqu'un baisse les bras. Il avait horreur de cela. On n'a pas eu de chance en 2009 car je pense qu'on était la meilleure équipe mais on est tombé sur un Bordeaux qui a réalisé une grosse fin de saison. Si Gerets était resté, l'OM aurait-il quand même décroché le titre ? Oui, à coup sûr. Il n'a pas eu les mêmes pouvoirs que Deschamps qui a pu transférer pour 40 millions d'euros. Gerets est, lui, resté dans la lignée du travail de Pape Diouf. On sent moins de respect vis-à-vis de Deschamps ?Moins de respect et plus de ranc£ur. Il est arrivé et a fait un choix, vis-à-vis de moi, qui ne reposait pas sur des critères sportifs. Il voulait une autre doublure. Je garde donc un goût d'inachevé. C'est clair qu'il a su rapporter à Marseille les titres espérés depuis des années, la Coupe de la Ligue et championnat 2010, mais ce n'est pas un entraîneur que je garderai en mémoire. Pourquoi ? Deschamps n'a pas le même caractère que Gerets. Si on regarde son palmarès, on se rend compte que Deschamps a également appris à gagner mais il fut soldat toute sa vie et quand il a dû passer général, cela s'est compliqué. Heureusement pour lui, les résultats ont suivi car il a choisi les bons joueurs et qu'il a un vécu. Il arrive à bien gérer les périodes charnières. Son palmarès le rend-il intouchable et incontournable sur le plan médiatique ? Cela se pourrait. Mais à Marseille, personne n'est intouchable. Il suffit que l'OM finisse mal la saison et il y aura une sorte d'émeute. Maintenant qu'ils ont été sacrés, tous les supporters s'attendent à ce qu'ils le redeviennent. Le titre de l'OM est-il le vôtre également ? Non. A partir du moment où je ne participe pas, ne fût-ce qu'une minute sur le terrain, je ne peux pas le considérer comme le mien. Je l'ai vécu complètement comme spectateur. Cela restera un souvenir très, très amer mais un souvenir quand même car quand on voit le monde présent lors du défilé sur le Vieux Port, cela demeure inoubliable.