L'expression bon pied bon £il est de circonstance pour Johan Boskamp. Allégé de 22 kilos, l'homme a été débarrassé également d'un problème de cataracte. Du coup, le Boss a repris son bâton de pèlerin, histoire de s'en mettre à nouveau plein les mirettes sur la planète foot.
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L'expression bon pied bon £il est de circonstance pour Johan Boskamp. Allégé de 22 kilos, l'homme a été débarrassé également d'un problème de cataracte. Du coup, le Boss a repris son bâton de pèlerin, histoire de s'en mettre à nouveau plein les mirettes sur la planète foot. Johan Boskamp : J'ai reçu le feu vert pour reprendre mes activités et cette nouvelle n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd. A 62 ans, je ne suis toutefois pas prêt à accepter n'importe quoi. L'idéal serait de pouvoir joindre l'utile à l'agréable, comme à Dubaï. Là-bas, deux séances journalières étaient programmées. La première, tôt le matin et l'autre tard le soir. Entre les deux, je pouvais bouquiner à l'aise à la plage ou au bord d'une piscine ( il rit). Johan Boskamp : La passion tout simplement. Je ne suis pas le seul dans le cas. D'autres ont encore moins besoin de bosser que moi. Je songe à Eric Gerets, notamment. Il a gagné un pactole grâce au football mais ça ne l'empêche pas de chasser les défis, avec le Maroc cette fois. Les Lions de l'Atlas n'ont plus rien réussi depuis longtemps. Il prend donc l'équipe au bon moment. De plus, il joue actuellement le rôle de rabatteur avec ceux qui ont la double nationalité. Il a déjà su sensibiliser Nacer Chadli. Et ce sera probablement pareil avec Mehdi Carcela. A sa place, je n'agirais pas autrement, même si ça va à l'encontre des intérêts belges. Si j'ai l'occasion d'obtenir le concours du meilleur acteur du championnat, je serais idiot de m'en priver. Ce n'est pas lui qu'il faut blâmer mais l'Union belge qui n'a pas entrepris grand-chose pour amadouer le joueur. Si le Standardman échappe aux Diables Rouges, à la place de François De Keersmaecker je me flinguerais. Désolé mais quand je lis que le père Carcela tente de persuader son fils d'opter pour la Belgique, je sais ce qu'il me resterait à faire si j'étais dirigeant. On est beaucoup trop passif à la fédération. Non seulement dans ce dossier-là mais pour d'autres aussi. A la Maison de Verre, on croit qu'il suffit de boire un thé avec le votant égyptien, en compagnie d'Ahmed Hassan, pour obtenir son appui lors de la désignation du pays-hôte pour la Coupe du Monde 2018. On croit également qu'avec Christian Karembeu en tant qu'ambassadeur de notre candidature, on va se mettre le votant tahitien en poche. Chacun a compris, au vu de ce qui s'est passé à ce niveau dernièrement, que d'autres aspects entrent en jeu. Il est clair que sous cet angle-là, on n'a aucune chance par rapport à des monstres comme la Russie ou l'Angleterre. Je présume qu'avec huit années de plus, certains Diables Rouges seront enfin mûrs ( il rit). On ne va quand même pas se retrancher éternellement derrière notre soi-disant jeunesse. Ce constat vaut peut-être pour Romelu Lukaku ou Eden Hazard. Tous les autres comptent au moins quatre ou cinq saisons au plus haut niveau. Ce ne sont donc plus des débutants. Pour moi, ils auraient déjà dû répondre présents en 2010. S'ils loupent 2012, il y a manifestement un problème. Pourtant, en surface comme en profondeur, le football belge n'a sans doute jamais été aussi riche qu'aujourd'hui. Silvio Proto au but en raison de la crise de confiance de Logan Bailly. Devant lui, un axe central formé de Vincent Kompany et Thomas Vermaelen. Au back gauche, au risque de surprendre, je choisirais le Lokerenois Derick Tshimanga. Bon nombre de joueurs ont déjà été essayés à ce poste, sans convaincre. Alors, pourquoi ne pas tenter l'essai avec lui. Si le Standard l'a dans le collimateur, il doit avoir des qualités, non ? A l'arrière latéral droit, Guillaume Gillet me semble indiqué. Il a tout pour devenir le Sergio Ramos belge. Mais il doit pouvoir s'en convaincre ! Si Carcela tranche en faveur de la Belgique, je le mets à gauche. De l'autre côté, je titulariserais Jonathan Legear, pour peu qu'il ne soit pas freiné par une blessure, bien sûr. Je suis dingue de ces deux là. Ils auront d'ailleurs droit respectivement à trois et deux points lorsque je remplirai mon bulletin de vote pour le deuxième tour de scrutin du Soulier d'Or. Quant au dernier point, je l'attribuerai à Steven Defour. Dans ma conception, il doit d'ailleurs figurer dans l'entrejeu des Diables au côté d'un quatrième larron qui est Marouane Fellaini. J'alignerais Lukaku et Jelle Vossen voire Moussa Dembélé s'il est lui aussi en pleine possession de ses moyens. A l'analyse, c'est donc une équipe nationale belge sans des garçons comme Axel Witsel, Jan Vertonghen, Nicolas Lombaerts, Jelle Van Damme ou Toby Alderweireld, pour ne citer que ces noms-là. C'est dire s'il y a du beau monde. Je resterais encore une saison de plus au Sporting. Son apprentissage n'est pas encore fini. Il doit se bonifier dans les échanges courts notamment. Tant qu'il n'apprivoisera pas le ballon au sol, il n'a pas grand-chose à faire en Angleterre. Mais dès qu'il maîtrisera cet aspect, les plus beaux espoirs lui seront permis. A sa place, si j'avais le choix, je serais tenté par Arsenal plutôt que Chelsea. OK, son pote Didier Drogba essaie de l'aiguiller vers les Blues mais s'il aboutit là-bas, il devra patienter trois ans avant de le dégommer, tant l'Ivoirien se bonifie encore au fil des ans. Chez les Gunners, par contre, il est susceptible de faire son trou plus tôt. D'autant plus qu'Arsène Wenger sait s'y prendre avec la jeunesse. Le Français a toujours déploré de ne pas avoir transféré Drogba à l'époque où il était actif à Guingamp. A mon avis, il mettra tout en £uvre, pour ne pas répéter la même erreur avec celui qui est considéré comme son successeur. Chaque joueur a sa spécificité. Tout ce que je dirais c'est qu'à 17 ans, Romelu me semble plus avancé que l'Ivoirien au même âge. Reste à voir s'il s'épanouira de la même manière. Je l'espère sincèrement pour lui, même s'il est encore loin du compte. Ce qui m'irrite surtout, c'est que certains présentent Ariel Jacobs comme le nouveau Jean Dockx. Que les choses soient claires : il n'y a jamais eu qu'un seul Jean Dockx à Anderlecht et il n'y aura jamais qu'un seul Jean Dockx à Anderlecht. Jacobs ne le remplacera ni aujourd'hui, ni demain, ni dans dix ou vingt ans, s'il est toujours là du moins. Dockx a laissé un vide que personne, je dis bien personne, ne pourra jamais combler au Sporting. C'est clair, non ? De temps à autre ? Non, constamment. Il me manque tous les jours. J'échangerais tout ce que j'ai gagné en échange de son retour. Sans lui, ma carrière n'eût pas été la même. Au terme de mon premier mandat à Anderlecht, en 1995, c'est lui qui m'a donné la force de continuer. J'étais à bout, complètement exténué physiquement et mentalement. A la fin, il m'a obligé à nouer mes lacets pour faire face au groupe sur le terrain. Moi, je n'avais plus la moindre envie. J'étais vidé. Trois saisons de rang au Parc Astrid m'avaient complètement anéanti. Parce qu'ils représentent un cycle. Passé ce délai, il y a deux possibilités, qui ont été joliment formulées par l'entraîneur italien Nevio Scala : ou bien on change de coach, ou bien on procède à une grande lessive de l'effectif. A Manchester United, c'est l'entraîneur qui reste en place alors que les joueurs défilent. Idem à l'Emirates Stadium, d'ailleurs. Au Sporting, après avoir obtenu trois titres de rang entre 1993 et 1995, je savais qu'une injection de sang neuf s'imposait. Mais la direction ne l'entendait pas de cette oreille et nos chemins se sont séparés. L'avenir le dira. Une chose paraît vraiment sûre pour l'instant : Jacobs restera en place plus longtemps que ceux qui l'ont précédé ces dernières années. S'il a survécu aux tempêtes BATE Borisov ou Partizan Belgrade, il n'y a pas de raison de l'évincer aujourd'hui, alors qu'Anderlecht semble reparti du bon pied. Si un coach peut espérer égaler Pierre Sinibaldi, c'est lui. Après coup, tous les cas de figure sont possibles. Aura-t-il envie de continuer ? Le Sporting sera-t-il prêt à composer avec son avis ? On peut dire absolument tout ce qu'on veut à propos de Jacobs, mais il voit clair. Il sait pertinemment bien ce que vaut son groupe et mesure comme nul autre comment y remédier. Ce n'est pas pour rien qu'il avait mis le doigt, en début de saison, sur certaines carences. Bien entendu, on ne l'a pas écouté pour autant. Ce que j'ai dit à propos de l'Union belge est d'application aux Mauves aussi : j'y déplore une certaine passivité et ce, à tous les échelons. Sporting ne rime plus avec forcing. A mon époque, si la direction s'était mise en tête d'obtenir Kevin De Bruyne, elle l'aurait obtenu. Aujourd'hui, on lanterne et on finit par passer à côté de la montre en or. A présent, il est utopique que ce garçon débarque encore au Parc Astrid. Pourtant, il aurait été d'un apport certain. C'est la même rengaine : elle n'est pas assez entreprenante à mon goût. En Coupe d'Europe, face à des adversaires de valeur sensiblement égale, on assiste toujours à un scénario identique en déplacement : durant les trois quarts de la rencontre ils protègent le zéro, puis ils se décident sur la fin de mettre le nez à la fenêtre. Et pour quels résultats ? Au Dinamo Zagreb, ils empochent les 3 points mais personne n'y aurait trouvé à redire si les Croates avaient ouvert le score en première mi-temps. La victoire était donc flattée. A l'Hajduk Split, l'équipe a payé cher son attentisme en étant finalement battue in extremis. Et la semaine passée, à l'AEK Athènes, elle a ramené une unité alors qu'une victoire était à sa portée si elle avait été plus ambitieuse. Je dis et je maintiens que si Anderlecht avait été audacieux dans toutes ces circonstances, il n'aurait pas grappillé 4 mais plutôt 7 points sur 9. Je trouve que Jacobs devrait s'inspirer de Michel Preud'homme qui n'a pas modifié sa conception d'un iota depuis qu'il est au FC Twente. Il joue pour la gagne en toutes circonstances. Et le moins que l'on puisse affirmer, c'est que la méthode porte ses fruits puisque les Tukkers sont aux premières loges aux Pays-Bas et qu'ils viennent de réussir l'exploit de battre le Werder Brême sur ses terres. Et comment ! On a mené 0-3 là-bas, en phase des poules de la Ligue des Champions 1993-1994 avant d'être battus 5-3 dans des conditions absolument apocalyptiques. Je reste persuadé que si le déluge ne s'était pas abattu sur le Weserstadion ce soir-là, on l'aurait emporté. Mais je n'avais sous mes ordres que des artistes au pied léger et plus le terrain devenait lourd, plus ils éprouvaient des difficultés à s'arracher. Et ce, contrairement aux grands gabarits adverses qui avaient pour noms Wynton Rufer ou Bruno Pezzey. Dans l'avion du retour, j'étais à la ramasse. A un moment donné, le président, Constant Vanden Stock, est venu s'asseoir à mes côtés. Je pensais qu'il allait me réclamer des comptes, mais il s'est borné à me dire : - Jan, retenons la première heure de jeu et oublions la dernière. C'est vrai qu'on avait joué comme des dieux là-bas. Aussi bizarre que cela puisse paraître, mais mon Sporting n'a sans doute jamais été aussi bon que ce soir-là. Anderlecht, même s'il aura affaire à plus forte opposition que la saison passée. Dans sa foulée immédiate, je vois le Standard, qui m'a réellement impressionné par moments. Face aux Mauves notamment. Les Rouches manquent peut-être d'un zeste de constance pour être performants d'un bout à l'autre du championnat. Ils vont sans doute perdre encore l'un ou l'autre point précieux là où on ne s'y attend pas. Mais vu leurs richesses offensives et leur style de jeu offensif, ils vont remporter pas mal de matches. Cet esprit de conquête, je ne le retrouve pas assez à Anderlecht. Il est quand même dingue que cette équipe ait perdu des points à Charleroi et au Lierse, non ? Ce n'est pas permis. J'ai bien peur qu'il ne vive la même saison catastrophique que le Standard l'an dernier. Les débuts avec Adrie Koster avaient été prometteurs mais l'équipe s'est tout à fait désagrégée depuis. Si les Bleu et Noir ne se ressaisissent pas au plus vite, il y a de grandes chances qu'ils loupent les play-offs 1. Derrière Anderlecht et le Standard, je vois La Gantoise, Genk, Malines et, qui sait, Lokeren terminer dans cet ordre. Sans oublier le Cercle. La bataille promet d'être acharnée. Pour vous peut-être mais pas pour moi. Cette formation est tout simplement dirigée par celui que je considère comme l'entraîneur belge le plus prometteur du moment : Peter Maes. Au risque de me tromper, je pense qu'il va au-devant d'une grande carrière. Non seulement en Belgique mais aussi à l'étranger. Si un coach doit marcher un jour sur les traces de Gerets et de Preud'homme en dehors de nos frontières, c'est lui. Il est une bête de football, comme moi. C'est d'un gars de sa trempe que mon ex-club, Feyenoord, aurait besoin pour redresser la barre. Ne le dites pas, mais je leur ai soufflé son nom ( il rit). Musonda Junior, retenez bien ce nom ! Mon ex-joueur, Charly, a bien fait les choses avec trois garçons qui ont manifestement hérité de ses dons de footballeur. L'aîné, Lamisha, est déjà bon. Le second, Tika, est encore mieux. Mais le dernier, Musonda Junior, est le meilleur. Phénoménal ! Quel flair, quelle présence, quelle conduite de balle. Un régal pour les yeux. Le ballon lui colle aux pieds. C'est l'Andres Iniesta des classes d'âge à Neerpede. Il n'a plus fait de mauvaise passe depuis quatre ans ( ilrit). Je l'espère. Avec Xavi et Lionel Messi, il fait partie des Trois Mousquetaires du Barça. Et comme ils étaient quatre, je citerai Pedro en plus. Et ce qu'on voit là, en surface, n'est encore rien à côté de ce qui nous attend dans quelques années. Je suis allé à La Masia il y a quelques mois et ce que j'ai vu là dépasse l'entendement. Ahurissant ! J'estime que l'Espagne, et le Barça en particulier, mériterait d'être récompensé pour tout ce qu'il a apporté au football ces dernières années, par un nouveau Ballon d'Or. Plutôt un Espagnol que Wesley Sneijder, svp. Même si c'est un Hollandais qui le dit ( il rit). Les Madrilènes avaient déjà poussé le Barça dans ses derniers retranchements avec Ernesto Pellegrini, la saison passée. La lutte promet d'être plus ardue encore cette fois avec José Mourinho. A mes yeux, les Blaugranas font toujours figure de favoris. Ils ont un fonds de jeu et une équipe mieux charpentée que les Madrilènes. Mais je me méfie quand même de l'entraîneur portugais. Partout où il passe, il réalise des résultats. Même si son style n'est pas le mien. Pour lui, seule compte la victoire. Moi, je suis attaché à la manière aussi. C'est la raison pour laquelle je préférerai toujours un Pep Guardiola ou un Wenger. PAR BRUNO GOVERS - photos: reporters/ gouverneur" A mon époque, si Anderlecht s'était mis en tête de signer Kevin De Bruyne, il l'aurait obtenu. "