Le mois dernier, j'approuvais Marco van Basten suggérant que le shoot-out, imaginé par le soccer US des 70's, remplace l'énervante loterie des tirs au but : 25 mètres balle au pied à partir du rond central, en 8 secondes, pour aller tenter de battre le gardien, cela me semblait plus football que nos tristes face-à-face... où le gardien assume souvent le rôle du tricheur obligé !
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Le mois dernier, j'approuvais Marco van Basten suggérant que le shoot-out, imaginé par le soccer US des 70's, remplace l'énervante loterie des tirs au but : 25 mètres balle au pied à partir du rond central, en 8 secondes, pour aller tenter de battre le gardien, cela me semblait plus football que nos tristes face-à-face... où le gardien assume souvent le rôle du tricheur obligé ! Car lisez bien la Loi 14 concernant le péno, le keeper doit " rester sur sa ligne de but jusqu'à ce que le ballon ait été botté ", ce qu'il ne fait quasi jamais ! Soit le frappeur arrête un bref instant sa course avant de frapper, pour que le gardien parte d'un côté et pour shooter ensuite de l'autre. Soit c'est le gardien qui bondit un mètre ou deux devant sa ligne juste avant la frappe, pour réduire l'angle et tenter d'éviter la crucifixion : avec l'arbitre dans le rôle du benêt couillon, passif 99 fois sur 100... Donc, le shoot-out m'excitait, jusqu'à ce que je tente de bien le visualiser... et que je doive déchanter : il ne ferait qu'amener un de ces bordels dont le foot est friand ! Imaginez le frappeur en fin de course face au gardien, obligé au dribble plutôt qu'à la frappe, et le dribble qui ne s'avère pas fluide et victorieux : contact, frappeur qui s'étale, faute ou simulation, nouvelle polémique devant l'Eternel. Et si le referee juge faute, il donne... penalty suite au shoot-out ? ! ! Mouais. Vaut mieux oublier pour l'instant. Dans la foulée, j'apprends que l'IFAB va tester une autre formule de tirs au but, inspirée du tie-break tennistique : un tireur de l'équipe A, puis deux de l'équipe B, puis deux de l'équipe A, etc... Tout ça parce que les stats indiqueraient qu'actuellement, l'équipe tirant en premier a 60 % de chances de remporter la séance. C'est nouveau et rigolo, voilà donc que nos décideurs s'intéressent à " l'injustice ". Par le petit bout de leur lorgnette : parce que, sans même évoquer l'injustice pognonneuse, leur gros bout devrait surtout souligner trois iniquités continuelles liées au jeu ! D'abord, la victoire à 3 points, qui peut couillonner au classement celui qui a eu le malheur de se choper un peu trop de matches nuls. Ensuite, en coupe, la prépondérance du but à l'extérieur : hasard qui profite à l'un et fait flipper l'autre, mais n'a jamais induit de jeu délibérément plus offensif en déplacement. Enfin, demeurent ces situations éliminantes où l'un des protagonistes a l'avantage du domicile ! Déjà, en coupes d'Europe, les séances de tirs au but avantagent l'équipe qui reçoit au retour, alors qu'elle a déjà bénéficié de 2 x 15 minutes de prolongation. Et je vous sers ici ma stat à moi, sur base de plus de 20.000 matches (*) : jouer à domicile procure un avantage par rapport à l'adversaire de 2 buts tous les 3 matches, soit 2/3 de but en moyenne. C'est énorme dans un sport où l'on score peu ! Or, certaines finales permettent à l'un des deux clubs d'évoluer chez lui : depuis 1956, 7 vainqueurs de la Ligue des Champions ont ainsi triomphé ! Et surtout, lors des phases finales inter-nations, par soumission au business, on qualifie d'office le pays organisateur : lequel, en jouant at home, a 5 fois remporté le Mondial et 3 fois l'EURO. Je vous laisse contrôler ! Injustices suprêmes à bouter hors football : 2018 en Russie, oui, mais sans les Russes ; 2022 au Qatar, oui, mais sans les Qataris : que leur suffise la joie d'organiser ! En pareil cas de figure, je me demande si Alain Courtois aurait le même acharnement quant au nouveau grand stade... À propos de Mondial, comme je n'élucubrerai plus avant Belgique-Grèce, je me mouille ici quant au débat On-prend-Witsel-ou-pas ? Ça sera trop facile après, de dire tous qu'on l'avait bien dit en biaisant selon le score ! Interrogation d'abord : pourquoi la sélection de Laurent Ciman, jouant dans un championnat guère plus fortiche que le chinois, ne suscite-t-elle pas autant de polémique ? Prise de position ensuite : où qu'il joue en club, Axel Witsel est indispensable au demi déf, face à des adversaires chiants comme risquent de l'être les Grecs. Ni Mousa Dembelé, ni Radja Nainggolan, ni Marouane Fellaini, ni Leander Dendoncker le coming-boy, n'ont ses qualités pour remplir pareil rôle. C'est mon avis et je m'y conforme. (*) d'après Simon Kuper et Stefan Szymanski, " Les attaquants les plus chers ne sont pas ceux qui marquent le plus ", De Boeck, 2016. PAR BERNARD JEUNEJEAN