Evidemment, Serena Williams (WTA 10) n'est pas très âgée (22 ans). Certes, JustineHenin ( WTA 1) et Kim Clijsters ( WTA 2) sont out depuis quelques semaines et nul ne sait ce qui se serait passé sur le gazon londonien si les deux meilleures joueuses de la planète avaient été présentes. Reste que la victoire de la Russe Maria Sharapova (15e avant Wimbledon) face à la cadette des Williams en finale démontre qu'en tennis féminin, une génération peut prendre la place d'une autre sans que cette dernière soit pourtant à ranger dans le tiroir aux souvenirs. Si o...

Evidemment, Serena Williams (WTA 10) n'est pas très âgée (22 ans). Certes, JustineHenin ( WTA 1) et Kim Clijsters ( WTA 2) sont out depuis quelques semaines et nul ne sait ce qui se serait passé sur le gazon londonien si les deux meilleures joueuses de la planète avaient été présentes. Reste que la victoire de la Russe Maria Sharapova (15e avant Wimbledon) face à la cadette des Williams en finale démontre qu'en tennis féminin, une génération peut prendre la place d'une autre sans que cette dernière soit pourtant à ranger dans le tiroir aux souvenirs. Si on regarde le classement féminin, on ne peut nier que les Russes sont en train de filer un méchant coup de pied dans l'arrière-train de celles qui ont dominé le tennis ces dernières années. On pense aux s£urs Williams mais également à Lindsay Davenport (USA, WTA 5) qui, à 27 ans, a annoncé qu'elle stopperait sans doute sa carrière en fin de saison. Mais revenons tout d'abord à Sharapova qui a livré un tournoi tout à fait exceptionnel. Pour sa deuxième apparition au All England, elle a réussi un exploit fabuleux, parvenant à maîtriser ses émotions tant face à Davenport (alors qu'elle était menée largement au score) que devant la tenante du titre à laquelle elle n'a laissé que 5 jeux en finale. Et que l'on ne dise pas aujourd'hui que Williams a mal joué. Non, ce match, c'est très clairement la jeune Russe de 17 ans qui l'a remporté, osant prendre l'Américaine à son propre jeu : la puissance et la vitesse. Ce nouveau succès russe en Grand Chelem û après celui d' Anastasia Myskina (WTA 3) à Roland Garros il y a un mois, démontre l'excellence d'une génération. Dans les quinze premières mondiales, on retrouve aujourd'hui pas moins de six joueuses russes. Il est cependant un autre enseignement que l'on se doit de tirer au terme de la troisième et avant dernière levée du Grand Chelem 2004 : les s£urs Williams n'ont vraiment pas digéré leur absence prolongée des courts. On ne peut pas, impunément, s'absenter du circuit sans perdre, d'une part, une partie de sa motivation et, surtout, sans donner à ses rivales des raisons de croire que l'hyper domination ne sera plus aussi forte lors de son retour qu'elle ne l'était avant le départ. Les premières à en avoir profité sont bien entendu Justine Henin et Kim Clijsters qui, aujourd'hui, risquent de céder leur place à certaines des Russes précitées. Ceci étant avancé sans pour autant enlever le moindre mérite aux Belges ou aux compatriotes de VladimirPoutine. Le tennis féminin est en effet peut-être la discipline sportive où l'aspect psychologique est le plus présent et où la moindre perte de confiance (due à une blessure, à un ras-le-bol ou une défaite) peut avoir des conséquences inouïes sur les résultats et les classements. Chez les messieurs, l'aspect psychologique est nettement moins influent. D'une part parce que le joueur est moins émotif que la joueuse mais aussi parce que la puissance naturelle des hommes leur permet parfois de passer au travers les pièges tendus. La manière dont le Suisse Roger Federer (ATP 1) et l'Américain Andy Roddick (ATP 4) ont atteint la finale démontre d'ailleurs avec force que les messieurs savent mieux gérer le stress que ces demoiselles... par Laurent Gérard et Bernard Ashed