L'Ukrainien d'origine russe, médian droit du Club a un langage châtié, presque poétique et empreint d'humour. éa n'apparaît pas sur le terrain, qu'il veut retrouver à l'occasion du dernier match du premier tour, à Moscou, où il a vécu et joué. Alors qu'il trouvait sa vitesse de croisière au Club, il s'est blessé au genou durant un match avec l'Ukraine... Sollied a fort regretté son abvsence lors des deux matches de Ligue des Champions..
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L'Ukrainien d'origine russe, médian droit du Club a un langage châtié, presque poétique et empreint d'humour. éa n'apparaît pas sur le terrain, qu'il veut retrouver à l'occasion du dernier match du premier tour, à Moscou, où il a vécu et joué. Alors qu'il trouvait sa vitesse de croisière au Club, il s'est blessé au genou durant un match avec l'Ukraine... Sollied a fort regretté son abvsence lors des deux matches de Ligue des Champions.. "Un jour, le président de Kiev m'a demandé si un transfert à Bruges m'intéressait. C'était la première offre d'un club étranger. Il m'a accordé un délai de réflexion de quelques jours. Nous étions en plein championnat mais trois jours plus tard, j'étais dans l'avion. Je voulais découvrir un autre monde. Je n'ai pas eu beaucoup de succès au Dynamo Kiev. La concurrence était telle que je ne jouais pas tout le temps. Ici, le championnat est plus équilibré. En Ukraine, il y a un tel gouffre entre Kiev et la plupart des autres qu'il n'y a que quelques matches difficiles. Les adversaires plus faibles bétonnent tandis qu'ici, ils essaient quand même de prendre des initiatives.Je savais que Bruxelles était la capitale du pays et qu'on trouvait de la bière partout. Depuis, j'ai appris qu'il pleut beaucoup! Quand je quitterai la Belgique, je me souviendrai souvent de la pluie. Je connaissais le Club grâce aux matches amicaux que nous avons disputés contre lui, en Ukraine comme ici. Bruges est une belle ville, avec de charmantes petites maisons, pas de grands bâtiments comme en Ukraine. Encore qu'il y a de beaux couvents et églises à Kiev, sans oublier sa rue principale, superbe, surtout en été, quand les marronniers sont en fleurs".Lesnjak"Les joueurs belges ont fait de leur mieux pour se faire comprendre, par gestes, mais ce n'est pas évident. Il faut à tout prix apprendre une autre langue. En Russie, j'avais un cours d'anglais mais je n'en ai rien gardé. Ici, les enfants savent encore le soir ce qu'ils ont appris pendant la journée. Pas chez nous. Je n'étais d'ailleurs pas doué en anglais. Mais bien dans les autres matières (il rit). Après mes humanités, j'ai suivi un cours d'entraîneur à l'académie russe. Maintenant, je fais consciencieusement mes devoirs d'anglais. Je veux maîtriser cette langue. Ma fille aînée fréquente une école flamande de Bruges où quelques autres élèves parlent russe. Elle doit consacrer les premiers mois à l'apprentissage du néerlandais: elle est provisoirement dispensée de devoirs dans les autres branches. Le Club s'occupe beaucoup de moi et Lesnjak m'explique aussi ce que je dois faire. Il m'accompagne s'il le faut. Sans lui, la vie serait compliquée. Heureusement qu'il a appris le russe à l'école. Le Club n'a pas de centre d'entraînement alors que Kiev a un hôtel sportif. On y passe deux jours avant chaque match. Je m'y ennuyais. C'était manger, s'entraîner, se reposer et regarder la TV alors que j'avais envie d'être auprès de ma famille. Je suis heureux qu'à Bruges, on se contente de se retrouver quatre heures avant le match. Kiev est le summum en Ukraine, en matière de moyens et de supporters. Il rassemble les meilleurs joueurs de tout le pays. Il en repère aussi en Russie et dans les autres anciens états de l'URSS. Il va jusqu'en Slovaquie et en Yougoslavie. Il y a plus de joueurs ukrainiens en Russie que l'inverse. Les clubs moscovites ne se sont intéressés à moi que quand Kiev m'a remarqué, alors que j'avais été formé dans la capitale et que je n'en étais guère éloigné. On m'a dit que le Dynamo a 150 joueurs sous contrat. Le centre est fréquenté par le Dynamo A, l'équipe réserve et les -16 ans."Lobanovski"Lobanovski était sévère. Les joueurs avaient peur. Pas de lui mais de mal faire. Il n'avait guère de contacts avec les joueurs: il ne parlait que boulot. Il était très exigeant et inflexible. Un roc. Il ne riait jamais, ne montrait pas la moindre émotion. Travailler avec lui était difficile,comme avec tous les génies. Il n'était jamais content: il fallait dépasser ses limites et toujours livrer le meilleur de soi. Un joueur de Kiev ne peut se permettre de connaître un jour sans. Il ne supportait pas qu'après une affiche en Ligue des Champions, nous ne fassions pas preuve de la même motivation contre une petite formation ukrainienne. Il m'a appris à être sévère envers moi-même. J'ai été naturalisé ukrainien parce que le président de la fédération ukrainienne de football me l'a suggéré, pour que je puisse être repris en équipe nationale. La Russie s'était limitée à m'inviter une fois à un entraînement. Des blessures ont retardé mes débuts d'une saison. C'était il y a deux ans, contre l'Estonie, à Riga. J'ai joué six fois pour l'équipe nationale. Le 12 octobre, je me suis blessé au pied lors du dernier match. J'espère être à nouveau repris, même si la présence de l'Espagne dans notre groupe nous contraindra sans doute à viser la deuxième place et les playoffs.A Kiev, nous étions constamment en mouvement, j'allais de droite à gauche et vice-versa. A Bruges, je suis responsable d'une zone. Si je file à gauche, je laisse une brèche et je mets l'équipe en danger. Au début, j'ai peiné car tout était nouveau. Mais je peux encore mieux".Geert Foutré et Veronika Iltchenko